PA­TRI­MOINE.

Le parc de Sa­ma­ra, dans la Somme, or­ga­nise ce week-end une re­cons­ti­tu­tion his­to­rique sur le thème de l’ar­mée ro­maine. Plus de trois mille per­sonnes sont at­ten­dues jus­qu’à ce soir.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - La Chaus­sée-Ti­ran­court (Somme) De nos en­voyés spé­ciaux Max Cor­rier, membre de l’association Ba­ga­co­ner­vio RO­MAIN OUERTAL

« IN ORDINES QUATTUOR ! » crie en la­tin le cen­tu­rion d’un air faus­se­ment ra­geur. Les lé­gion­naires, dont les casques en cuivre brillent sous le so­leil de la fin de ma­ti­née, se mettent en rang par quatre. La dé­marche n’est pas tou­jours mi­li­taire et cer­tains hé­sitent un peu sur ce qu’ils doivent faire. Ri­go­lards et bon en­fant, les en­va­his­seurs de la Gaule semblent avoir un peu de mal à se co­or­don­ner. Mal­gré ce­la, le sou­rire est sur toutes les lèvres. Ce week-end, le parc de Sa­ma­ra, si­tué dans la Somme, à 15 km d’Amiens, or­ga­nise pour la qua­trième an­née consé­cu­tive « Ren­dons à Cé­sar ! », la re­cons­ti­tu­tion his­to­rique de la vie dans un camp de l’ar­mée ro­maine au Ier siècle de notre ère. Plus d’une cen­taine de passionnés, ve­nus de toute l’Eu­rope, ont fait bé­né­vo­le­ment le dé­pla­ce­ment pour faire vivre avec armes et cos­tumes le quo­ti­dien d’un sol­dat de l’Em­pire ro­main.

« Comme il y a plein de na­tio­na­li­tés dif­fé­rentes par­mi les per­sonnes qui font la re­cons­ti­tu­tion, on se parle vrai­ment en la­tin pour se com­prendre, c’est plus simple », ex­plique très sé­rieu­se­ment Maxi­mus Cor­reus Aqui­la, alias Max Cor­rier, membre de Ba­ga­co­ner­vio, une association spé­cia­li­sée dans les re­cons­ti­tu­tions his­to­riques ro­maines. Prin­ci­pal ad­joint dans un col­lège à Hel­lemmes, dans la ban­lieue de Lille, il est au­jourd’hui gri­mé en « vexil­li­fer », les porte-dra­peaux de la lé­gion. Por­tant un épais casque sur­mon­té d’une tête de loup, une cotte de mailles et un glaive à la cein­ture, il par­ti­cipe à des re­cons­ti­tu­tions his­to­riques de­puis plus de six ans. Il est dé­jà ve­nu plu­sieurs fois à Sa­ma­ra. « J’ado­rais les pé­plums quand j’étais petit et j’ai fait des études d’his­toire la­tine. Donc c’est quelque chose qui vient de loin ! » dit-il en sou­riant. Sou­cieux de par­ta­ger sa passion, il a créé dans son col­lège un ate­lier « lé­gion ro­maine ». Il ap­prend à une di­zaine d’ado­les­cents à fa­bri­quer des tu­niques, des cottes de mailles et des chaus­sures d’époque. Il or­ga­nise aus­si des dé­fi­lés où « tous les ordres sont don­nés en la­tin, c’est un moyen de leur ap­prendre la langue », as­sure-t-il.

Qui dit lé­gion ro­maine dit aus­si Cé­sar. Et au­jourd’hui, Cé­sar parle avec l’ac­cent du Sud-Ouest et s’ap­pelle Re­né Cu­baynes. Por­tant une im­pres­sion­nante ar­mure en cuivre avec une tête en or au mi­lieu du torse et un glaive avec un manche en ivoire, il re­garde ses troupes dé­fi­ler à la bor­dure du camp de tentes qui a été mon­té pour l’oc­ca­sion sur la plaine de Sa­ma­ra. Cet an­cien uni­ver­si­taire à la re­traite a créé il y a vingt et un ans la Lé­gion VIII Au­gus­ta, « une des plus im­por­tantes au monde » avec une soixan­taine de membres. « Nous fai­sons plus que sim­ple­ment nous dé­gui­ser. Avec les re­cons­ti­tu­tions, nous ou­vrons une fe­nêtre sur l’his­toire, nous sommes des mé­dia­teurs cultu­rels », nous ex­plique-t-il. Il consacre plus d’une di­zaine de wee­kends pen­dant l’an­née à par­ti­ci­per à des re­cons­ti­tu­tions his­to­riques, comme à Sa­ma­ra dont il est un ha­bi­tué.

De l’autre cô­té de la plaine, le pu­blic, ma­jo­ri­tai­re­ment fa­mi­lial, ap­pré­cie le spec­tacle. Do­rian, 5 ans, semble quand même un peu ef­frayé. Il se tient der­rière la jambe de sa mère, Isa­belle, alors que son frère et son père se sont avan­cés. « Les pe­tits sont fans d’As­té­rix et Obé­lix ; donc, pour eux, c’est vrai­ment sym­pa de voir ça. J’étais dé­jà ve­nue au parc et je vou­lais qu’ils voient l’en­droit », pré­cise Isa­belle. Un peu plus loin, Tho­mas est ve­nu avec ses grands-pa­rents, Jean-Pierre et Mi­chelle. Lui n’est pas du tout ef­frayé. « J’ai bien ai­mé le mo­ment où les sol­dats ont fait la tor­tue. J’avais dé­jà vu ça à l’école sur une image que m’a mon­trée la maît r e s s e , mai s là, c’était en­core mieux. » Ren­dons à Ce­sar ! Prix adulte 12,50 €, prix en­fant (de 6 à 18 ans) 8,50 €. Ren­sei­gne­ments www.sa­ma­ra.fr/ou au 03.22.71.83.83

« On se parle vrai­ment en la­tin »

La Chaus­sée-Ti­ran­court (Somme), hier. Tous les ans, des re­cons­ti­tu­tions his­to­riques sont or­ga­ni­sées à Sa­ma­ra. Des cen­taines de fa­nas de l’An­ti­qui­té viennent du monde en­tier pour y par­ti­ci­per.

Re­né Cu­baynes en fier Cé­sar. Cet uni­ver­si­taire à la re­traite est un pas­sion­né. Il par­ti­cipe une di­zaine de fois par an à des re­cons­ti­tu­tions.

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