Fiers d’être ni­çois

Elles sont nées ici. Cer­taines y ont gran­di ou y vivent en­core. Après l’at­ten­tat terrible de jeu­di soir, plu­sieurs per­son­na­li­tés ont te­nu à dé­cla­rer tout leur amour à cette ville qui reste ma­gni­fique.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Nice (Alpes-Ma­ri­times) De notre cor­res­pon­dant MAT­THIAS GA­LANTE

ur la baie des Anges, une ca­rac­té­ris­tique est lar­ge­ment par­ta­gée : le Ni­çois est fier de sa Nis­sa la Bel­la, jus­qu’à un chau­vi­nisme af­fir­mé.

SPour son pa­tri­moine

Outre l’em­blé­ma­tique pro­me­nade des An­glais, Nice est une ville de cou­leurs vives avec ses fa­çades ocre, du jaune au rouge vif, vi­sibles no­tam­ment dans les étroites ruelles du Vieux-Nice, au port, où les fa­meux poin­tus, les pe­tits ba­teaux de pê­cheurs, exècrent eux aus­si la fa­deur, et sur la place Ga­ri­bal­di comp­tant l’une des plus grosses den­si­tés de trompe-l’oeil en France. Le Ni­çois était scep­tique lors de leur ar­ri­vée en 2007, mais l es sept sculp­tures d’hommes trans­lu­cides, sortes de pen­seurs qui s’éclairent de dif­fé­rentes cou­leurs le soir, sont de­ve­nues des clas­siques du pa­tri­moine lo­cal et des… sel­fies. Tout comme la col­line du châ­teau avec ses ves­tiges ar­chéo­lo­giques, sa fausse cas­cade et sa vue su­blime au-des­sus du centre-ville.

Pour ses his­toires

Chaque jour à mi­di, un grand boum fait sur­sau­ter les tou­ristes. C’est de la col­line du châ­teau qu’un coup de ca­non est en ef­fet ri­tuel­le­ment ti­ré. La cou­tume re­mon­te­rait à la fin du XIXe siècle : un an­cien co­lo­nel de l’ar­mée an­glaise avait trou­vé ce moyen, avec l’as­sen­ti­ment du maire, de rap­pe­ler à son épouse par­fois en re­tard ses de­voirs de cui­si­nière. Nice a aus­si son hé­roïne mai­son. En 1543, la la­van­dière Ca­the­rine Sé­gu­rane au­rait re­pous­sé des as­saillants turcs avec un bat­toir à linge avant de mon­trer son pos­té­rieur à l’en­ne­mi pris de pa­nique à la vue de cet ana­to­mique pa­no­ra­ma.

Pour la cui­sine

A Nice, on ne mange pas comme ailleurs. La ville a ses spé­cia­li­tés con- nues dans le monde en­tier : le pan­ba­gnat, la soc­ca (ga­lette de fa­rine de pois chiche à dé­gus­ter avec les doigts pour évi­ter les mo­que­ries), les far­cis, les ra­vio­lis ni­çois, la pis­sa­la­dière et la tourte aux blettes (su­crée et sa­lée). Sur les mar­chés co­lo­rés du cours Sa­leya et de la Li­bé­ra­tion, on trouve à la belle sai­son des fleurs de cour­gette qui de­vien­dront d’ex­cel­lents bei­gnets. Une règle de base dans la sa­lade ni­çoise : ni ha­ri­cots verts ni pommes de terre !

Pour son cli­mat

« Il n’y a rien de plus beau ailleurs » as­sure tout Ni­çois qui se res­pecte et n’exa­gère ja­mais. Ou qua­si­ment. Pas im­pos­sible — du­rant un week-end — de skier dans les sta­tions alen­tour des Alpes du Sud, de dî­ner face à la mer et de faire son mar­ché en Ita­lie, grâce à une ex­cep­tion­nelle si­tua­tion géo­gra­phique. La dou­ceur du cli­mat ni­çois n’est pas une lé­gende. La vé­gé­ta­tion en est le re­flet. Oran­gers, ci­tron­niers et jas­min em­baument les rues, les exu­bé­rants bou­gain­vil­liers fuch­sia pros­pèrent à foi­son. Quant à l’hi­ver, il est sou­vent théo­rique : ici, on porte le pull seule­ment quelques jours par an, même si les pluies peuvent par­fois être dan­tesques. C’est sans doute ce­la la « nis­sar­ti­tude ».

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