« La Mar­seillaise » à la fin de la messe !

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Nice (Alpes-Ma­ri­times) De nos en­voyés spé­ciaux Maud, pré­sente au feu d’ar­ti­fice jeu­di soir VINCENT MONGAILLARD

LES PA­ROIS­SIENS ras­sem­blés en l’église Saint-Pierre-d’Arène, à Nice, achèvent d’en­ton­ner « Dieu est amour, Dieu est lu­mière », le pre­mier can­tique de l’of­fice d’hier. Le prêtre, Gil Flo­ri­ni, s’adresse alors à l’as­sem­blée plus nom­breuse que d’or­di­naire. « Où est le Dieu de l’amour dans cet attentat, où est le Dieu de lu­mière dans ces té­nèbres ? » in­ter­roge-t-il. Avant d’ap­por­ter un élé­ment de ré­ponse : « Dieu est là, dans le sang qui sèche sur la pro­me­nade des An­glais. » A 200 m de l’ave­nue du car­nage et de l’hô­tel Ne­gres­co, cette église voit af­fluer de­puis trois jours des cen­taines de croyants dé­si­reux de prier pour les cibles de la haine tom­bées face à la baie des Anges.

A l’heure du deuil na­tio­nal, toutes les églises de la ville connaissent cette quête ren­for­cée de spi­ri­tua­li­té. « On dit que les fi­dèles se sont en­fuis ces der­nières dé­cen­nies. Eh bien non, ils sont tou­jours là. Il fal­lait voir, ven­dre­di, les cierges par­tout al­lu­més », dé­crit Li­liane, très ac­tive à Saint-Pierre-d’Arène. « De­vant pa­reille ca­tas­trophe, les gens ont be­soin de se tour­ner vers Dieu. Moi, je suis tel­le­ment déses­pé­rée, ce­la m’ap­porte de la paix », confie Lau­rie, « ca­tho­lique très pra­ti­quante » de 85 ans. « Es­pace de prières pour les vic­times et pour les ser­vices de se­cours et d’en­traide », in­dique un pan­neau sur le par­vis. Le père Yves-Ma­rie Le­quin, qui a par­ti­ci­pé aus­si à la cé­lé­bra­tion de 11 heures hier, ob­serve une pré­sence ac­crue « tout au long de la jour­née ». « Les fi­dèles ne sont pas pé­tri­fiés, ils ne cèdent pas à la psy­chose. Il est écrit 365 fois dans la Bible N’ayez pas peur ! La foi, c’est un grand se­cours pour la vie », es­time l’ec­clé­sias­tique.

Par so­li­da­ri­té avec les fa­milles des dé­funts, Maud et Yves sont ve­nus se re­cueillir lors de la messe. « C’est notre ma­nière à nous éga­le­ment de re- mer­cier le Sei­gneur. Lors du feu d’ar­ti­fice, nous étions à 200 m de la fin du mas­sacre, nous nous sommes ca­chés dans un hô­tel », ra­conte mon­sieur. « La prière, c’est la seule chose que l’on puisse of­frir », pour­suit ma­dame. « Ce­la nous donne du ré­con­fort », po­si­tive leur fils Hu­go, 12 ans.

Ma­ria, 39 ans, se sent « apai­sée » par la grâce de la foi. « Dieu nous aide à trou­ver des ré­ponses à ce qui est in­com­pré­hen­sible », re­late-t-elle. « Il nous trans­met la force d’ac­cep­ter tout ce qui ar­rive, même l’hor­reur, même le mal et, sur­tout, il nous per­met de croire en de jours meilleurs », sou­ligne Ro­ger, 80 ans, as­sis sur l’un des pre­miers bancs.

Le cu­ré Gil Flo­ri­ni mo­tive les croyants qui vien­draient à dou­ter, les ex­hor­tant à ne sur­tout pas perdre es­poir : « Il faut conti­nuer de prier même si on croit que c’est in­utile, même si on croit que ça ne sert à rien. » En guise de notes fi­nales re­ten­tis­santes, l’or­ga­niste joue alors une « Mar­seillaise » ponc­tuée d’ap­plau­dis­se­ments.

« La prière, c’est la seule chose que l’on puisse of­frir »

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