Em­ma­nuel a pro­té­gé sa belle-fille

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Jean-Claude, le père d’Em­ma­nuel Grout NI­CO­LAS GOINARD

JEU­DI SOIR, Jean-Claude Grout re­gar­dait le feu d’ar­ti­fice de Pa­ris à la té­lé­vi­sion quand il a com­men­cé à voir dé­fi­ler les ban­deaux qui an­non­çaient le drame. Ce soir-là, son fils Em­ma­nuel, 48 ans, nu­mé­ro deux de la po­lice aux fron­tières de l’aé­ro­port de Nice-Côte d’Azur, as­sis­tait au spec­tacle dans la baie de la ci­té bal­néaire avec sa com­pagne et la fille de celle-ci.

« J’ai ap­pe­lé Em­ma­nuel, mais il ne ré­pon­dait pas, té­moigne JeanC­laude Grout. J’ai alors ap­pe­lé sa com­pagne et elle m’a dit qu’il était en train de mou­rir dans ses bras. » Ven­dre­di ma­tin, le père du com­mis­saire a pris un avion pour Nice. Il s’y trou­vait, avec à ses cô­tés le di­rec­teur cen­tral de la po­lice aux fron­tières et Cé­line Ber­ton, du Syn­di­cat des com­mis­saires de la po­lice na­tio­nale (SCPN).

« Quand il a vu le ca­mion ar­ri­ver en zig­za­guant, Em­ma­nuel a pro­té­gé la fille de son amie et il a été tou­ché sur le bas du corps », pour­suit son père. Né à Crosne (Es­sonne) le 30 mai 1968, Em­ma­nuel Grout y avait pas­sé toute sa sco­la­ri­té. C’est du­rant son an­née de 5e au col­lège Bel­le­vue que l’en­vie de de­ve­nir po­li­cier l’avait ga­gné. Son père s’en sou­vient : « On avait un ami qui tra­vaillait à l’an­ti­gang. Em­ma­nuel ai­mait écou­ter ses his­toires et ça lui a don­né en­vie de ren­trer dans la po­lice. C’était vrai­ment sa pas­sion. »

Après des dé­buts en tant qu’ins­pec­teur, il a en­suite gra­vi tous les éche­lons jus­qu’à de­ve­nir com­mis­saire. « C’est une car­rière rare au­jourd’hui dans la po­lice pour quel­qu’un qui était en­core jeune. J’au­rais pré­fé­ré qu’il meure en in­ter­ven­tion. » Em­ma­nuel Grout était aus­si cham­pion de tir de par­cours po­lice et avait sui­vi une for­ma­tion au­près du Groupe d’in­ter­ven­tion de la po­lice na­tio­nale (GIPN).

Hier, Jean-Claude Grout a ren­con­tré tous les col­lègues de son fils : « Tout le monde m’a dit que c’était un grand flic et quel­qu’un d’hu­mai­ne­ment ex­cep­tion­nel. On m’a aus­si dit que c’était un rêve de tra­vailler avec lui, qu’il met­tait une bonne am­biance. »

Mi­chaël Da­mia­ti, le maire (SE) de Crosne, a lui-même ren­du hom­mage à un c o mmis­sai r e exem­plaire. « Il fai­sait la fier­té de sa fa­mille et de ses amis », a ajou­té l’élu de l’Es­sonne. Un hom­mage lui se­ra ren­du dans sa ville na­tale le lun­di 25 juillet.

« J’au­rais pré­fé­ré qu’il meure en in­ter­ven­tion »

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