Le si­dé­rant pro­fil du ter­ro­riste

Ma­ri et gendre violent, ama­teur de femmes et d’hommes... La per­son­na­li­té trouble du tueur au ca­mion se pré­cise.

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Un proche de l’af­faire au su­jet de Mo­ha­med La­houaiej Bouh­lel STÉ­PHANE SELLAMI

LES EN­QUÊ­TEURS de la di­rec­tion cen­trale de l a po­lice j udi­ciaire (DCPJ), qui tra­vaillent sans re­lâche de­puis l’at­taque au ca­mion de la Pro­me­nade des An­glais à Nice (Al­pesMa­ri­times), jeu­di soir, semblent ne pas être au bout de leurs sur­prises alors que le pro­fil du ter­ro­riste s’af­fine de jour en jour. En éplu­chant la vie de Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel, ce Tu­ni­sien de 31 ans au­teur du mas­sacre, les po­li­ciers ont clai­re­ment cer­né sa pro­pen­sion à la sé­duc­tion. Les noms de nom­breuses conquêtes fé­mi­nines, mais aus­si mas­cu­lines, ont été iden­ti­fiés dans son té­lé­phone por­table. La plu­part d’entre elles ont été au­di­tion­nées, et no­tam­ment un homme de 73 ans, pré­sen­té comme le prin­ci­pal amant de ce­lui que Daech a dé­crit comme un de ses sol­dats dans sa re­ven­di­ca­tion, sa­me­di. « Ce ter­ro­riste peut être qua­li­fié d’ob­sé­dé sexuel au regard des au­di­tions de ses dif­fé­rent(e)s par­te­naires, com­mente un proche de l’af­faire. L’ex­ploi­ta­tion de son té­lé­phone et de son or­di­na­teur a éga­le­ment per­mis de dé­cou­vrir qu’il consul­tait des sites ex­po­sant des scènes de pro­pa­gande, de vio­lences et de dé­ca­pi­ta­tions ».

Hier, Eu­rope 1 a ré­vé­lé que le ter­ro­riste s’était ren­du sur la « Prom’ » les 12 et 13 juillet pour ob­ser­ver les lieux au vo­lant de son ca­mion fri­go­ri­fique de 19 tonnes, dont il s’est en­suite ser­vi comme d’une arme de des­truc­tion de masse. Le même homme a éga­le­ment pré­mé­di­té son geste plu­sieurs jours à l’avance. Ce der­nier a ré­ser­vé son poids-lourd dès le 4 juillet dans une so­cié­té de lo­ca­tion im­plan­tée à Saint-Laurent-duVar (Alpes-Ma­ri­times), avant d’en prendre pos­ses­sion sept jours plus tard.

Hier, alors que son ex-épouse était re­mise en li­ber­té, sans autre forme de pour­suite, après plus de deux jours de garde à vue, trois nou­veaux Elle au­rait pu fi­gu­rer par­mi les vic­times. L’ex-femme de Mo­ha­med La­houaiej Bouh­lel, lais­sée libre hier une fois sa garde à vue le­vée, avait pré­vu d’as­sis­ter avec ses 3 en­fants au feu d’ar­ti­fice à Nice, jeu­di soir. « Oui, elle de­vait se rendre sur les lieux de ce crime odieux. Elle ne s’y est pas ren­due pour des rai­sons per­son­nelles », a in­di­qué hier sus­pects ont été ar­rê­tés. Par­mi eux fi­gure un couple de na­tio­na­li­té al­ba­naise. Le ma­ri, âgé de 38 ans, est soup­çon­né d’avoir ap­por­té « un sou­tien lo­gis­tique » à Mo­ha­med La­houaiej- Bouh­lel. Le pis­to­let au­to­ma­tique de marque Unique et de ca­libre 7,65 mm dont il s’est ser­vi pour ti­rer sur les po­li­ciers qui t en­taient de stop­per sa cour­se­folle lui au­rait été four­ni par ce res­sor­tis­sant al­ba­nais. Au do­mi­cile de ce couple, - dont l’épouse est connue son avo­cat, Me Jean-Yves Ga­ri­no. « Pro­fon­dé­ment tou­chée et af­fec­tée » par sa garde à vue, cette femme l’est en­core bien da­van­tage par les actes per­pé­trés par le père de ses en­fants. « Il est bien évident que lorsque j’ai par­lé avec elle, la pre­mière chose qu’elle a eue à me dire, c’est des condo­léances pour les vic­times. Elle se sent con­cer­née de la jus­tice pour une af­faire de traite des êtres hu­mains - , les po­li­ciers ont sai­si 200 gr de co­caïne, 2 600 € en ar­gent li­quide et onze té­lé­phones por­tables. « Il a été ci­blé après le re­cueil d’un témoignage qua­li­fié de cré­dible, pré­cise une source proche de l’af­faire. Ce sus­pect a plus le pro­fil d’un tra­fi­quant de drogue que ce­lui d’une pe­tite main du dji­had. Il n’était peut-être pas au cou­rant de l’usage que l’au­teur du mas­sacre vou­lait faire de l’arme re- d’une ma­nière puis­sante par rap­port aux vic­times et au cha­grin de ces vic­times et des fa­milles qui les en­tourent », a ajou­té Me Ga­ri­no, pré­ci­sant que sa cliente « n’avait rien vu ve­nir » concer­nant son ex­ma­ri et sa ra­di­ca­li­sa­tion express. Une « femme per­due » qui a be­soin d’un sou­tien psy­cho­lo­gique, se­lon son conseil. mise. Son au­di­tion est en cours».

Hier soir, cinq autres sus­pects, dé­crits comme étant des membres de son en­tou­rage et en contact té­lé­pho­nique fré­quent avec lui avant son pas­sage à l’acte, étaient tou­jours en­ten­dus.

Les en­quê­teurs ont dé­cou­vert que l’un d’entre eux avait été des­ti­na­taire d’un SMS adres­sé par Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel, moins de vingt mi­nutes avant son pas­sage à l’acte. Dans ce mes­sage, le chauf­feur-li­vreur, ins­tal­lé à Nice de­puis 2007, père de trois jeunes en­fants, y ex­pri­mait sa sa­tis­fac­tion d’avoir ré­cu­pé­ré un pis­to­let au­to­ma­tique et « ré­cla­mait cinq autres armes ». Dans le même SMS, il de­man­dait à son in­ter­lo­cu­teur de les re­mettre en­suite à un cer­tain « C. ». Se­lon nos in­for­ma­tions, ce mys­té­rieux des­ti­na­taire des armes, âgé de 37 ans, a été ar­rê­té hier après-mi­di à Nice, avant de re­joindre les quatre pre­miers sus­pects en garde à vue.

In­con­nu des ser­vices de ren­sei­gne­ment, Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel a éga­le­ment ven­du sa voi­ture, le 13 juillet et mul­ti­plié les re­traits d’ar­gent dans les jours pré­cé­dents son pas­sage à l’acte.

« Il consul­tait des sites ex­po­sant des scènes de pro­pa­gande et de vio­lences » L’ex-femme du tueur pro­fon­dé­ment tou­chée

Nice (Alpes-Ma­ri­times), jeu­di. Après avoir stop­pé la course folle du tueur au vo­lant de son ca­mion, les en­quê­teurs com­mencent leur long tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion.

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