Fran­çais, en­ga­gez-vous !

DÉ­FENSE. Après l’at­taque de Nice, le gou­ver­ne­ment va ac­cé­lé­rer la créa­tion d’une garde na­tio­nale de ré­ser­vistes pour épau­ler des mi­li­taires sur­sol­li­ci­tés.

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - AVA DJAMSHIDI

CI­TOYENS, f o r mez v o s b a - taillons ! C’est un ap­pel in­édit qu’a adres­sé Ber­nard Ca­ze­neuve sa­me­di soir aux « pa­triotes », en i nvi­tant so­len­nel­le­ment t ous ceux qui aiment la France à ve­nir prê­ter main-forte aux po­li­ciers et aux gen­darmes. Comment ? En re­joi­gnant l’une des ré­serves du mi­nis­tère de l’In­té­rieur. Il en existe plu­sieurs au sein des forces de sé­cu­ri­té. La gen­dar­me­rie, pion­nière, peut ain­si comp­ter sur 9 000 vo­lon­taires. La po­lice, elle, dis­pose de 2 700 ré­ser­vistes. L’ob­jec­tif est s i mpl e : avoir des r e s s o ur c e s hu­maines sup­plé­men­taires pour sou­la­ger les ef­forts des forces, ex­trê­me­ment mo­bi­li­sées de­puis les at­ten­tats de jan­vier 2015, contre « Char­lie Heb­do » et l’Hy­per Ca­cher, et ceux de no­vembre à Pa­ris et Saint-De­nis.

« C’est un ap­port es­sen­tiel, as­sure un col­la­bo­ra­teur de Fran­çois Hol­lande. Toutes les forces sont au ta­quet. » Au som­met de l’Etat, on mise sur « le grand élan de so­li­da­ri­té qui anime les Fran­çais » de­puis les at­taques de 2015. Lan­cé par un mi­nistre so­cia­liste, cet ap­pel à la fibre pa­trio­tique des ci­toyens porte aus­si un mes­sage po­li­tique : l’amour du pays et la dé­fense de la na­tion ne sont pas l’apa­nage du FN ou de la droite. Car au-de­là des que­relles po­li­ti­ciennes qui se pro­filent avec la pré­si­den­tielle de 2017, le gou­ver­ne­ment re­doute un frac­tion­ne­ment de la so­cié­té fran­çaise. C’est ce que Fran­çois Hol­lande ap­pelle, en pe­tit co­mi­té, la « trum­pi­sa­tion des es­prits », en ré­fé­rence au can­di­dat ré­pu­bli­cain à la Mai­son-Blanche Do­nald Trump, cou­tu­mier des pro­pos ou­tran­ciers et xé­no­phobes.

In­con­gru cet ap­pel aux armes lan­cé par la gauche ? En haut lieu, on rap­pelle que per­sonne n’ima­gi­nait Fran­çois Hol­lande, lors­qu’il a été élu, en chef de guerre. « Lui, le pré­sident so­cia­liste, a dé­clen­ché plu­sieurs in­ter­ven­tions mi­li­taires, re­vu le bud­get de la Dé­fense à la hausse, re­cru­té des ef­fec­tifs sup­plé­men­taires », re­lève un proche. « Ce ne sont pas des su­jets qui vont de soi à gauche, concède un autre. Mais Fran­çois Hol­lande n’a ja­mais hé­si­té. » Ni à sol­li­ci­ter les ci­toyens, par la voix de Ber­nard Ca­ze­neuve.

Le mi­nis­tère de l’In­té­rieur lance cette se­maine une cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion sur les ré­seaux so­ciaux pour in­vi­ter les Fran­çais à re­joindre les ré­serves. Il ne s’agit pas de s’en­ga­ger à plein temps, mais d’être mo­bi­li­sé quelques jours par an — moyen­nant ré­mu­né­ra­tion — dans l’un des corps char­gés d’as­su­rer la sé­cu­ri­té du pays. Les ci­vils sui­vront une for­ma­tion. « C’est bien que l’In­té­rieur fasse cet ef­fort », iro­nise un mi­li­taire de haut rang. De fait, du cô­té de la Dé­fense, la ques­tion de la mon­tée en puis­sance de la ré­serve est sur la table de­puis… 2015. Jean- Yves Le Drian avait rap­pe­lé en mars son ob­jec­tif : 40 000 ré­ser­vistes opé­ra­tion­nels d’ici à 2019. Ils sont 28 700 au­jourd’hui.

Une grande cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion lan­cée sur les ré­seaux so­ciaux

@AvaD­jam­shi­di

Saint-As­tier (Dordogne), ven­dre­di. De fu­turs gen­darmes ré­ser­vistes par­ti­cipent à une ses­sion de for­ma­tion. Ils vien­dront ren­for­cer les rangs des vo­lon­taires prêts à sou­te­nir les forces de gen­dar­me­rie, très mo­bi­li­sées ces der­niers mois.

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