« Créons une garde na­tio­nale »

Jean-Ma­rie Bo­ckel,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Pro­pos re­cueillis par CA­MILLE MORDELET Pro­pos re­cueillis par NA­THA­LIE SCHUCK

LE SÉ­NA­TEUR UDI du Haut-Rhin vient de pu­blier, avec sa col­lègue du PS Gi­sèle Jour­da, un rap­port par­le­men­taire sur la créa­tion d’une garde na­tio­nale de ré­ser­vistes ados­sée à l’ar­mée. Lui-même ex-ré­ser­viste, il a écrit au pré­sident pour lui sou­mettre ses pro­po­si­tions. Pour­quoi re­lan­cer cette idée main­te­nant ? JEAN-MA­RIE BO­CKEL. Avec la me­nace ter­ro­riste qui s’in­ten­si­fie, les opé­ra­tions mi­li­taires ex­té­rieures qui ne di­mi­nuent pas, l’ar­mée a un pro­blème de moyens hu­mains. Sur le ter­ri­toire na­tio­nal, no­tam­ment, nous avons des dé­serts mi­li­taires, avec peu de sol­dats en de­hors de l’opé­ra­tion

Ça peut être tout un cha­cun qui se porte vo­lon­taire : des ly­céens de pre­mière ou de ter­mi­nale, des étu­diants, des de­man­deurs d’em­ploi. Rien n’in­ter­dit, si le sys­tème monte en puis­sance, d’élar­gir à des gens plus âgés. Mais ce­la concerne plu­tôt les jeunes, dans toute leur di­ver­si­té. Car au mo­ment où nos en­ne­mis cherchent à nous di­vi­ser, l’ar­mée est l’ins­ti­tu­tion qui ras­semble et qui in­tègre.

« L’ar­mée est l’ins­ti­tu­tion qui ras­semble et qui in­tègre »

Ça fait des an­nées qu’on en parle, et ça n’avance pas ! Ça coûte trop cher ? Non, ça re­pré­sente un coût mo­deste : moins de 100 M€, rap­por­tés à un bud­get de la Dé­fense de 32 Mds€ pour 2016. C’est fai­sable, même en pé­riode de res­tric­tions bud­gé­taires, mais jus­qu’ici la ré­serve n’était pas la prio­ri­té. Dé­sor­mais, ça l’est. On au­rait pu al­ler plus vite, mais les choses se mettent en­fin en branle. Est-ce com­pa­tible avec un em­ploi à temps plein ? C’est vrai que beau­coup de ré­ser­vistes ont un tra­vail, sou­vent dans le pri­vé, et sont hé­las clan­des­tins : ils font leur temps de ré­serve sur leurs congés et week-ends. J’ai ren­con­tré les re­pré­sen­tants du pa­tro­nat, et les es­prits évo­luent. On pour­rait ima­gi­ner d’ac­cor­der un cré­dit d’im­pôt aux em­ployeurs de ré­ser­vistes. Mais il est vrai que ça re­pré­sente une dif­fi­cul­té pour les PME. A quoi les gardes na­tio­naux se­raient-ils em­ployés ? D’abord, ces sol­dats re­ce­vraient une for­ma­tion mi­li­taire aux me­naces d’au­jourd’hui et au tra­vail en com­plé­men­ta­ri­té avec les forces de po­lice, de gen­dar­me­rie et les pom­piers. Et ils se­raient ap­pe­lés à la res­cousse en cas de troubles graves, d’opé­ra­tions de type Sen­ti­nelle, pour du sou­tien à la sé­cu­ri­sa­tion de ma­ni­fes­ta­tions ac­cueillant du pu­blic ou des ca­tas­trophes na­tu­relles. La ré­serve de­vien­drait alors un élé­ment à part en­tière de notre ar­mée, et plus une va­riable d’ajus­te­ment. @Na­tha­lieS­chuck

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