Sar­ko­zy ac­cuse Hol­lande d’avoir « la main qui tremble »

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. Alors que la droite re­doute que le FN grimpe en flèche après l’at­taque de Nice, Ni­co­las Sar­ko­zy a son­né la charge hier soir en ac­cu­sant, mar­tial, Fran­çois Hol­lande de ne pas pro­té­ger les Fran­çais.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - NA­THA­LIE SCHUCK

« LA DÉ­MO­CRA­TIE ne doit pas être faible » : voi­là Fran­çois Hol­lande clai­re­ment dé­si­gné. Hier soir, Ni­co­las Sar­ko­zy a re­pris son man­tra de la pré­si­den­tielle de 2012 en ac­cu­sant son suc­ces­seur à l’Ely­sée d’avoir, face aux ter­ro­ristes, « la main qui tremble ». L’an­cien pré­sident au­ra at­ten­du trois jours après le car­nage de Nice pour son­ner la charge, mais il n’a pas lé­si­né. En pri­vé, de­puis sa dé­faite, il ac­cuse ré­gu­liè­re­ment Fran­çois Hol­lande d’avoir « du sang sur les mains ». Sur le pla­teau de TF 1, il l’a dit sans dé­tour : « la France ne peut pas lais­ser ses en­fants se faire as­sas­si­ner. » Et de dres­ser la longue liste des at­taques ter­ro­ristes qui ont en­deuillé le pays de­puis jan­vier 2015 : « Sept at­ten­tats de­puis Char­lie Heb­do et Hy­per Ca­cher, près de 250 vic­times », omet­tant tou­te­fois de rap­pe­ler les tue­ries com­mises en mars 2012 par Mo­ha­med Me­rah, alors qu’il était en­core chef de l’Etat.

La faute de Hol­lande, se­lon Sar­ko­zy ? « Tout ce qui au­rait dû être fait de­puis dix-huit mois ne l’a pas été », a-t-il char­gé, ré­cla­mant no­tam­ment que les « 11 400 » per­sonnes pla­cées sous fiche S fassent l’ob­jet « d’une ana­lyse pré­cise » ou l’ou­ver­ture de centres de dé­ra­di­ca­li­sa­tion. Et ce alors que l’au­teur de l’at­taque de Nice n’était, se­lon le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Pa­ris Fran­çois Mo­lins, pas fi­ché S. Et que sa ra­di­ca­li­sa­tion au­rait été « très ra­pide », se­lon le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ber­nard Ca­ze­neuve. Le pa­tron des Ré­pu­bli­cains s’est dit cer­tain que l’en­quête dé­mon­tre­rait que son acte était « très pré­pa­ré » et pré­sen­tait toutes les caractéristiques du « ter­ro­risme is­la­miste ». Soit les mots mêmes uti­li­sés par Fran­çois Hol­lande dans son al­lo­cu­tion té­lé­vi­sée dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di.

« On est en guerre, une guerre to­tale. Ce se­ra eux ou nous », a as­sé­né l’an­cien chef de l’Etat, qui ré­clame donc l’en­voi de troupes au sol contre l’or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique en Sy­rie et en Irak. Mais il ne sou­haite pas, tou­te­fois, de sol­dats fran­çais sur le ter­rain, plu­tôt une in­ter­ven­tion ar­mée des pays arabes al­liés de Pa­ris dans la ré­gion, et une al­liance mi­li- taire « de toute ur­gence » avec la Rus­sie de Vla­di­mir Pou­tine.

In­ter­ro­gé sur la di­mi­nu­tion des ef­fec­tifs des forces de l’ordre du­rant son quin­quen­nat (plus de 12 000 postes de po­li­ciers et gen­darmes sup­pri­més dans le cadre de la RGPP, la ré­vi­sion gé­né­rale des po­li­tiques pu­bliques) et le dé­man­tè­le­ment des ex-Ren­sei­gne­ments gé­né­raux (fon­dus en 2008 dans l’ex-DCRI, Di­rec­tion cen­trale du ren­sei­gne­ment in­té­rieur), que dé­noncent le PS comme le FN, l’an­cien pré­sident a bot­té en touche : « Nous sommes dans un tout autre contexte. »

« Le risque zé­ro n’existe pas, mais nous avons une obli­ga­tion de moyens pour as­su­rer la sé­cu­ri­té des Fran­çais »

La ré­plique des proches de Hol­lande n’a pas tar­dé, la sé­na­trice PS Fré­dé­rique Espagnac dé­non­çant « la dé­rive le­pé­niste de Sar­ko­zy pour ga­gner sa pri­maire ». Mais c’est au FN que la ri­poste a été la plus lourde, ses prin­ci­paux lea­deurs, comme Flo­rian Phi­lip­pot, ac­cu­sant l’an­cien pré­sident d’avoir « don­né à l’is­la­misme du car­bu­rant comme ja­mais ».

« Je suis le chef de l’op­po­si­tion et j’es­saie d’ex­pli­quer aux Fran­çais que le risque zé­ro n’existe pas, mais que nous a v o ns une o b l i g a t i o n de moyens pour as­su­rer leur sé­cu­ri­té », avait ré­pli­qué par avance le pa­tron de l’op­po­si­tion, ajou­tant qu’« une autre po­li­tique est pos­sible ». Pas en­core can­di­dat à la pri­maire de la droite, mais c’est tout comme. @Na­tha­lieS­chuck

Pla­teau de TF 1, Bou­logne-Billan­court (Hauts-de-Seine), hier soir. « Tout ce qui au­rait dû être fait de­puis dix-huit mois ne l’a pas été », a poin­té Ni­co­las Sar­ko­zy à pro­pos de la suc­ces­sion d’at­ten­tats ter­ro­ristes en France de­puis jan­vier 2015.

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