Ac­cu­sé par un re­pen­ti, il est li­bé­ré

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - STÉ­PHANE SELLAMI

C’EST UN NOU­VEAU coup de ton­nerre dans une pro­cé­dure cri­mi­nelle qui en a dé­jà connu beau­coup… La chambre de l’ins­truc­tion de la cour d’ap­pel d’Aix-en-Pro­vence (Bou­ches­du-Rhône) vient de confir­mer la li­bé­ra­tion d’An­dré Bac­chio­lel­li, mis en cause, no­tam­ment, par le pre­mier re­pen­ti « à la fran­çaise ».

Ce Corse de 48 ans, pré­sen­té comme un membre pré­su­mé de la bande dite du Pe­tit Bar, — soup­çon­née d’avoir mis la main sur Ajac­cio (Corse-du-Sud) et d’être à l’ori­gine d’une san­glante sé­rie de rè­gle­ments de comptes — avait ét é l i bé­ré, l e 2 juillet, sur dé­ci­sion du juge des li­ber­tés et de la dé­ten­tion, pour­tant sol­li­ci­té pour main­te­nir l’in­té­res­sé en pri­son.

Dé­jà in­car­cé­ré deux fois et li­bé­ré trois fois pour son im­pli­ca­tion pré­su­mée dans l’as­sas­si­nat du bâ­ton­nier d’Ajac­cio, Me An­toine Sol­la­ca­ro, le 16 oc­tobre 2012, et une ten­ta­tive de meurtre, un mois plus tôt, sur Charles Cer­vo­ni, pa­tron de la bu­vette du club de foot de l’AC Ajac­cio — tous deux étant proches d’Alain Or­so­ni, ex-pré­sident de l’ACA —, An­dré Bac­chio­lel­li a été pla­cé sous contrôle ju­di­ciaire avant de re­cou­vrer la li­ber­té.

Sa li­bé­ra­tion in­ter­vient après une ba­taille achar­née me­née par son avo­cat, Me Em­ma­nuel Mar­si­gny, qui es­time qu’« au­jourd’hui, il a été mis fin à une si­tua­tion anor­male ». « Mon client a été dé­te­nu au to­tal pen­dant trente mois, alors qu’au­cun nou­vel élé­ment n’a été ap­por­té dans cette af­faire », in­siste Me Mar­si­gny. Son client avait été ré­in­car­cé­ré, en mars 2015, après les dé­cla­ra­tions d’un ex-proche de la bande du Pe­tit Bar, lui-même pour­sui­vi dans le cadre de l’as­sas­si­nat d’An­toine Ni­vag­gio­ni, autre proche d’Alain Or­so­ni, en oc­tobre 2010. Cet homme est le pre­mier à avoir bé­né­fi­cié du pro­gramme de pro­tec­tion des té­moins à la fran­çaise. Mais cer­taines de ses ac­cu­sa­tions ont, de­puis, été mises à mal par des consta­ta­tions ef­fec­tuées par la suite. A tel point que le dé­fen­seur d’An­dré Bac­chio­lel­li a dé­po­sé plainte pour « faux témoignage ».

Me Pas­cal Gar­ba­ri­ni, l’avo­cat de Jacques San­to­ni, dé­si­gné comme le chef pré­su­mé de ce re­dou­table gang, et éga­le­ment pour­sui­vi pour l’as­sas­si­nat de Me An­toine Sol­la­ca­ro, a lui aus­si dé­po­sé plainte à la suite du témoignage de ce même re­pen­ti.

Ajac­cio (Corse-du-Sud), le 16 oc­tobre 2012. Les ex­perts de la po­lice re­lèvent des in­dices dans la sta­tion-ser­vice où Me Sol­la­ca­ro avait été abat­tu par deux hommes.

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