La Prom à l’heure de l’hom­mage

MI­NUTE DE SI­LENCE. Plus de 40 000 per­sonnes se sont pres­sées sur la pro­me­nade des An­glais hier pour par­ti­ci­per à l’hom­mage aux 84 vic­times de l’at­ten­tat. Une mi­nute de re­cueille­ment dans tout le pays.

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Nice (Alpes-Ma­ri­times) De nos en­voyés spé­ciaux JEAN-MARC DUCOS

À LA MI-JOUR­NÉE hier, le temps s’est fi­gé sur la baie des Anges. Les Ni­çois, sou­vent en fa­mille, sont ar­ri­vés tôt, par vagues, en­va­his­sant pro­gres­si­ve­ment la pro­me­nade des An­glais pour être cer­tains de par­ti­ci­per à cette mi­nute de si­lence. Une rose à la main sou­vent, des oeillets aus­si, des lys, et même un nou­nours blanc pour ho­no­rer les dix en­fants tués. Des mil­liers de bou­quets sont dé­po­sés le long de cette ma­gni­fique route de bord de mer en hom­mage aux vic­times de l’at- ten­tat du 14 Juillet. A mi­di, le tra­di­tion­nel coup de ca­non a fi­gé dans le si­lence cette foule de 40 000 per­sonnes.

Par­mi tous ceux pré­sents, le per­son­nel de l’hô­tel Hyatt, en te­nues i mpec­cables , e s t de s c e ndu là même où la tra­gé­die de ce soir fu­neste a pris fin, de­vant l’hô­tel. Femmes de chambre, chefs et com­mis de cui­sine, ré­cep­tion­nistes, tous ont in­ter­rom­pu leur tra­vail pour dé­po­ser une fleur sur les traces des der­nières vic­times du chauf­feur li­vreur. « C’était ir­réel. C’était un soir de fête pour de nom­breuses fa­milles de toutes confes- sions et de toutes cultures. Le temps ne doit pas ef­fa­cer le sou­ve­nir de ce mas­sacre des in­no­cents », confesse Ar­melle Fer­ra­ga­no, la main sur le coeur, les yeux clos pen­dant l’hom­mage aux vic­times.

Une ho­là pour les se­cours

Une longue ova­tion a sui­vi, re­prise par tous, et a sa­lué no­tam­ment les pom­piers de la ville. Une gi­gan­tesque ho­là ren­due aux se­cours, comme une gi­gan­tesque vague al­lant et ve­nant sur la Pro­me­nade. Le Pre­mier mi­nistre Ma­nuel Valls, ve­nu pour le mo­ment de re­cueille­ment en com­pa­gnie de Ma­ri­sol Tou­raine, mi­nistre des Af­faires so­ciales et de la San­té, a es­suyé, lui, des huées, avant de quit­ter les lieux sous des cris de « Dé­mis­sion ! ».

Fran­cine Sab­ba, 66 ans, une an­cienne ins­ti­tu­trice, est une res­ca­pée de la tra­gé­die du 14 juillet. Elle a quit­té ce soir-là la plage du Nep­tune avec Ed­die, son pe­tit-fils, lors­qu’elle a vu pas­ser le ca­mion. « Nous al­lons vivre pour toutes les vic­times et tous les jours », lance-telle, émue. Rose blanche en main, elle tient d’une autre un ta­bleau sur le­quel sont at­ta­chées des pho­tos de vic­times. « Il fal­lait que je vienne, que je parle pour exor­ci­ser cette nuit », conti­nue Fran­cine, robe claire as­sor­tie à ses fleurs.

Un peu plus haut, un père de fa­mille prend soin de ral­lu­mer les bou­gies souf­flées par le vent ma­rin, et dis­po­sées sur chaque em­pla­ce­ment où les vic­times sont tom­bées, per­cu­tées par le ca­mion fou. « La ter­reur ne doit pas pas­ser, dit-il. Et nous ne de­vons pas avoir peur. Mais il est temps que nos po­li­tiques changent de bra­quet s’ils ne veulent pas qu’on les dé­barque comme en 1789… » pré­vient Houss, 42 ans, presque me­na­çant et en­tou­rant ses deux filles.

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