C’est la bombe de « Quan­ti­co »

M 6, 20 H 55. Ex-Miss Monde, su­per­star chez elle en Inde, Priyan­ka Cho­pra est au coeur de l’in­trigue de cette ex­cel­lente sé­rie qui se pour­suit ce soir. Nous l’avons ren­con­trée ré­cem­ment à Pa­ris.

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET SPECTACLES - Pro­pos re­cueillis par CHARLOTTE MOREAU

C’EST UN RÊVE de femme. La bouche en coeur, l a che­ve­lure soyeuse, les yeux de braise et cette voix lé­gè­re­ment cas­sée qui fait mon­ter la tem­pé­ra­ture dans la pièce en­core un peu plus. Il faut avoir le coeur bien ac­cro­ché quand on s’as­soit en face de Priyan­ka Cho­pra, l’hé­roïne de la sé­rie po­li­cière amé­ri­caine « Quan­ti­co », qui se pour­suit ce soir à 21 heures sur M 6 dans les cou­lisses de l’école de for­ma­tion du FBI. Pas sim­ple­ment parce qu’elle a été Miss Monde en 2000. Mais parce que face à cette ac­trice, chan­teuse, dan­seuse, star in­dienne et dé­sor­mais mon­diale de 33 ans, on n’est ja­mais au bout de ses sur­prises. « Quan­ti­co » joue avec les sté­réo­types, était-ce un cri­tère dé­ter­mi­nant à vos yeux ? PRIYAN­KA CHO­PRA. Oui. D’au­tant que quand j’ai au­di­tion­né, mon rôle — ce­lui d’une agent du FBI soup­çon­née de ter­ro­risme — était écrit pour une Amé­ri­caine, pas pour une In­dienne. « Quan­ti­co » était donc dé­jà très in­no­vante, mais une fois qu’ils m’ont prise de­dans, elle a fait en­core da­van­tage bou­ger les lignes. En sa­chant que je ne vou­lais pas non plus être le « quo­ta Bol­ly­wood » du pro­jet. Oui, je chante, je danse et je joue, comme beau­coup d’ar­tistes in­diens parce que c’est dans notre culture, mais je n’ai pas mis ça en avant. J’ai tra­vaillé mon élo­cu­tion, mon ac­cent et ma ges­tuelle, pour es­sayer d’être cré­dible en tant que « bonne Amé­ri­caine » La sé­rie prouve qu’une femme peut avoir une tête bien pleine, mais aus­si bien faite… Et des couilles ! (Rires.) On dit constam­ment aux femmes ce qu’elles doivent pen­ser, faire, por­ter… Mon per­son­nage dans « Quan­ti­co » est une ré­ponse à ces siècles d’op­pres­sion. Alex Par­rish, dont je joue le rôle, est in­dé­pen­dante, elle traite les hommes comme les hommes traitent ha­bi­tuel­le­ment les femmes. Elle ne compte que sur elle-même, et est d’une grande in­té­gri­té. Quel uni­vers est le plus im­pi­toyable : Hol­ly­wood, Bol­ly­wood, les concours de beau­té… ? Les concours de beau­té ont été une des ex­pé­riences les plus for­ma­trices de ma vie. J’avais 17 ans au mo­ment de ma par­ti­ci­pa­tion à Miss Monde. C’est un concours bri­tan­nique as­sez dif­fé­rent de Miss Uni­vers, on s’at­tache à votre élo­quence, on cherche à sa­voir de quel bois vous êtes faite, à me­su­rer votre de­gré d’em­pa­thie avec les gens. J’ai dé­fi­lé aux cô­tés de vé­ri­tables bombes ato­miques, et pour­tant j’ai ga­gné ! Ce titre m’a don­né de l’as­su­rance, celle de pou­voir me re­trou­ver face à des élus, des pa­trons ou des jour­na­listes, et de leur te­nir la dra­gée haute. Quant à l’in­dus­trie du spec­tacle, que ce soit Hol­ly­wood ou Bol­ly­wood, elle est ef­fec­ti­ve­ment sans pi­tié. Les gens ne s’in­té­ressent qu’à la sen­sa­tion du mo­ment et vous, vous de­vez être constam­ment au top, si­non on vous ou­blie. Pas fa­cile d’être une star ? Je suis une per­sonne pu­blique de­puis l’ado­les­cence, c’est ma nor­ma­li­té. Mais je me sens vul­né­rable quand je suis dans un mau­vais jour, ce qui nous ar­rive à tous. L’as­pect le plus dif­fi­cile de la cé­lé­bri­té ce n’est pas d’être tout le temps re­con­nu. C’est de de­voir être constam­ment de bonne hu­meur (rires). A 33 ans et après un tel par­cours, avez-vous des re­grets ? Oui, ne pas avoir fi­ni l’uni­ver­si­té. J’ai com­men­cé à tra­vailler à 17 ans en choi­sis­sant une car­rière spo­ra­dique, faite de pro­jets qui peuvent ou non fonc­tion­ner… Dieu mer­ci, ça marche bien pour moi en ce mo­ment, mais un di­plôme, c’est vrai­ment la preuve que vous sa­vez quelque chose, la ga­ran­tie de votre au­to­no­mie. Une femme doit ab­so­lu­ment être fi­nan­ciè­re­ment in­dé­pen­dante. Et puis au-de­là de ça, j’au­rais ado­ré vivre « les an­nées fac », j’ai toujours été très res­pon­sable en tra­vaillant si tôt. Je n’ai ja­mais eu l’oc­ca­sion de sé­cher des cours avec mes amis, je n’ai ja­mais fait les 400 coups comme on les fait à 20 ans. Un jour, j’au­rai ma re­vanche !

Priyan­ka Cho­pra in­carne Alex Par­rish, agente du FBI en for­ma­tion soup­çon­née de ter­ro­risme.

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