La ci­té des peintres prend des cou­leurs

Le mu­sée de Pont-Aven, dans le Fi­nis­tère, vient de rou­vrir ses portes au pu­blic après trois ans de tra­vaux. Il fait la p part belle aux toiles et cro­quisq de Gau­guing ou d’Emile Ber­nard.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - NORA MOREAU

ON L’AP­PELLE « la ci­té des peintres ». Pont - Aven, pa i s i b l e c o mmune de 2 800 âmes aux dé­dales de vieilles pierres et aux odeurs de ga­lettes, semble fi­gée au XIXe siècle, quand des ar­tistes de re­nom sé­jour­naient en­core dans la ré­gion. Sa ré­pu­ta­tion, le pe­tit vil­lage la doit t à son dé­cor et son at­mo­sphère uniques qui ont pous­sé une vaste pa­lette de peintres, d’abord an­glo-saxons, puis fran­çais, à y po­ser leurs che­va­lets.

Des poin­tures comme Paul Gau­guin, Paul Sé­ru­sier ou Emile Ber­nard ont été sé­duits par la culture bre­tonne et ses pay­sages cham­pêtres et sau­vages cam­pés en bord de mer. Ras­sem­blés der­rière une même idée, celle de ré­vo­lu­tion­ner, voire même de s’op­po­ser à l’im­pres­sion­nisme. Sans pour au­tant réa­li­ser l’am­pleur du mou­ve­ment ar­tis­tique qu’ils ve­naient d’en­clen­cher en fai­sant de PontA­ven leur point d’an­crage, ces ar­tistes y ont bâ­ti une grande par­tie de leur oeuvre.

Au­jourd’hui, l’an­cien bourg, si­tué à quelques ki­lo­mètres de Con­car­neau, semble toujours le même. Cette école de Pont-Aven, nom­mée ain­si a pos­te­rio­ri, a éga­le­ment été pré­ser­vée au sein d’un mu­sée, fon­dé en 1985. Après trois ans de tra­vaux, ce der­nier vient de rou­vrir ses portes et offre une pré­sen­ta­tion en­tiè­re­ment dé­pous­sié­rée de ses 350 oeuvres ex­po­sées — le fonds du mu­sée compte 4 500 do­cu­ments.

Au fil de la pro­me­nade entre le nou­veau bâ­ti­ment et l’hô­tel Ju­lia, lieu his­to­rique où l’au­ber­giste Ju­lia Guillou a re­çu les plus grands noms de l’école de Pont- A Aven, on re­trouve de nom­breuses peint tures à l’huile comme « Ma­de­leine au b bois d’amour » (1888) d’Emile Ber­nard, « Por­trait de Ma­rie La­ga­du » (1889) de P Paul Sé­ru­sier, « Por­trait du Ca­pi­taine Jac cob » (1891) de Cé­les­tin-An­dré-Ma­rie Sér renne, et la der­nière ac­qui­si­tion du mus sée, « Ma­ter­ni­té au Poul­du » (1899) de M Maurice De­nis.

Un jar­din ex­tra­or­di­naire

UneU place de choix a été ré­ser­vée à deux gran­desg huiles sur toile de Paul Gau­guin prê­téesp par Or­say pour la ré­ou­ver­ture du mu­séem de Pont-Aven : « les La­van­dières à Pont-AvenP » (1886) et « Vil­lage bre­ton souss la neige » (1894). La col­lec­tion per­ma­nen­tem se dis­tingue par sa di­ver­si­té de sup­portss et de for­mats : l’ac­cent est mis surs les pas­tels de Gau­guin, les aqua­relles ded pay­sages lo­caux, les ébauches au crayonc gras ou même quelques cro­quis aua crayon de cou­leur de Sé­ru­sier.

Au sein du pe­tit mu­sée, qui a dé­sorm ma i s p o u r a mbi t i o n d ’ a c c u e i l l i r 1 100 000 vi­si­teurs par an, on peut aus­si pro­fi­ter d’une très belle ex­po­si­tion tem­po­raire sur une grande fa­mille de col­lec­tion­neurs, mé­cènes et ar­tistes : « Les Rouart, de l’im­pres­sion­nisme au réa­lisme ma­gique ». La vi­site se ponc­tue d’une ba­lade dans le jar­din, une an­cienne cour ré­amé­na­gée spé­cia­le­ment pour de­ve­nir une ré­plique flo­rale d’une toile de Fi­li­ger, « Pay­sage ro­cheux, Le Poul­du ». Dé­pay­sant jus­qu’au bout.

(Fi­nis­tère), Tous les jours en juillet et août de 10 heures à 19 heures. De 5 à 7 €. www.mu­see­pon­ta­ven.fr. En 1862, Jean-Bap­tiste Co­rot et quelques amis ar­tistes sé­journent sur la côte sud de la Bre­tagne, dans le sec­teur de Con­car­neau. Ils dé­couvrent Pont-Aven. Les peintres an­glais et amé­ri­cains tombent aus­si amou­reux de la ré­gion, et com­mencent à faire de la ville un re­fuge d’ar­tistes. Il fau­dra at­tendre 1886 pour que Paul Gau­guin dé­couvre le lieu, sui­vant les conseils du peintre Ar­mand Fé­lix Ma­rie Job­béDu­val et du père Tan­guy, qui fut son mar­chand de cou­leurs. Gau­guin re­vient ré­gu­liè­re­ment et fait la connais­sance d’Emile Ber­nard. En­semble, ils adoptent de nou­velles tech­niques (le cloi­son­nisme et le syn­thé­tisme, no­tam­ment). De très nom­breux peintres fran­çais les re­joignent, créant ain­si l’école de Pont-Aven.

Pont-Aven (Fi­nis­tère). Après trois ans de tra­vaux, le mu­sée vient de rou­vrir ses portes.

« Pay­sage de Pont-Aven », aqua­relle d’Emile Ber­nard (1888).

« Les Por­ce­lets » (1889), huile sur toile de Paul Sé­ru­sier.

« Au­to­por­trait », huile sur toile de Paul Gau­guin (1893-1894) ex­po­sée cet été à Quim­per, à 34 km de Pont-Aven.

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