« Je sens une grande co­lère »

Laurent Wau­quiez,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR -

PRÉ­SIDENT de la ré­gion Au­vergne - Rhône-Alpes, Laurent Wau­quiez est aus­si le nu­mé­ro 2 des Ré­pu­bli­cains (LR). Le pays peut-il cra­quer ? LAURENT WAU­QUIEZ. La ques­tion est : quelle est la si­tua­tion du pays ? Nous avons un Etat qui ne nous pro­tège plus suf­fi­sam­ment, un ter­ro­risme nour­ri par le dji­ha­disme et un com­mu­nau­ta­risme qui conti­nue de gri­gno­ter jour après jours du ter­rain. Je ne sens pas tant un pays qui craque qu’un pays qui est très en co­lère. Un pays qui exige en­fin des actes. Un nou­veau pro­lon­ge­ment de l’état d’ur­gence est-il la ré­ponse ? Tout ce qui peut nous pro­té­ger doit être uti­li­sé. L’état d’ur­gence peut être ef­fi­cace, mais pour ce faire il doit ces­ser d’être une co­quille vide. Au­jourd’hui, il est comme un fu­sil sans mu­ni­tions. Le vrai en­jeu est de sa­voir quand on va en­fin se dé­ci­der à ar­mer le fu­sil. Ce que les Fran­çais ne sup­portent plus, ce sont les mi­nutes de si­lence, ou au contraire l’ex­cès de par­lotte. Il y a eu trop de morts pour ça. Ils nous disent : « Agis­sez ! » Ar­mer le fu­sil, c’est-à-dire ? Il y a une grave sous-es­ti­ma­tion de l’am­pleur du ter­ro­risme par le gou­ver­ne­ment ac­tuel. L’exé­cu­tif n’a pas suf­fi­sam­ment agi. L’état d’ur­gence n’a de sens que si on place la sé­cu­ri­té au-des­sus des li­ber­tés, parce que nous sommes en guerre. Les Fran­çais y sont prêts. Même si le risque zé­ro n’existe pas, je pense qu’il y au­ra tout de même moins de risques quand on au­ra mis de­hors tous les étran­gers en lien avec le ter­ro­risme ! Quand tous les fi­chés S se­ront mis hors d’état de nuire au moyen de bra­ce­lets élec­tro­niques, ou en les in­ter­nant. Vous de­man­dez vous aus­si une com­mis­sion d’en­quête sur l’at­ten­tat de Nice ? Il y a des fa­milles bri­sées, une dou­leur in­fi­nie. Il faut ti­rer toute la lu­mière de ce drame. Nous avons le

« Il y au­ra moins de risques quand on au­ra mis de­hors tous les étran­gers en lien avec le ter­ro­risme »

de­voir de com­prendre ce qu’il s’est pas­sé. Nous avons réus­si à pro­té­ger les fan-zones pen­dant l’Eu­ro, et dès le len­de­main il n’y au­rait plus de dis­po­si­tif ? Voi­là les ques­tions aux­quelles le gou­ver­ne­ment doit ré­pondre.

Laurent Wau­quiez : « Le pays exige en­fin des actes. » Noël Ma­mère : « La spi­rale dans la­quelle nous nous en­fer­mons est une vic­toire pour les is­la­mistes. »

Lis­bonne (Por­tu­gal), hier. C’est un Fran­çois Hol­lande pré­oc­cu­pé qui est ar­ri­vé à Lis­bonne. Il re­doute le « frac­tion­ne­ment de la so­cié­té », alors que les salves de l’op­po­si­tion fusent sur son in­ca­pa­ci­té à as­su­rer la sé­cu­ri­té des Fran­çais.

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