« Ar­rê­ter l’ad­dic­tion à la peur »

Noël Ma­mère,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR -

EN RUP­TURE avec EELV mais tou­jours éco­lo, maire de Bègles et dé­pu­té de la Gi­ronde, Noël Ma­mère vote contre l’état d’ur­gence. Le pays va-t-il cra­quer ? NOËL MA­MÈRE. Non, je ne crois pas. Il faut sor­tir de cette ad­dic­tion à la peur, en­tre­te­nue par la plu­part des po­li­tiques de l’op­po­si­tion comme de la ma­jo­ri­té. Oui, il y a des ten­sions. Mais elles sont plu­tôt d’ordre so­cial et éco­no­mique. Dire que le pays peut en­trer en guerre ci­vile, c’est cau­tion­ner la po­li­tique de la peur et de l’en­ne­mi de l’in­té­rieur. Les Fran­çais valent mieux que ça. Pro­lon­ger l’état d’ur­gence, c’est la so­lu­tion ? Non ! C’est un rem­part de pa­pier. Ce n’est pas par ces mé­thodes qu’on ar­ri­ve­ra à faire bais­ser la pres­sion ter­ro­riste. Sur les 3 400 per­qui­si- tions réa­li­sées, seules cinq ont abou­ti à des com­pa­ru­tions ju­di­ciaires. Que ce soit le meur­trier de Ma­gnan­ville ou ce­lui de Nice, au­cun n’a été stop­pé grâce à l’état d’ur­gence. J’ai le sen­ti­ment que ce pays est dro­gué à la sé­cu­ri­té. On chauffe l’opi­nion à blanc qui en de­mande tou­jours plus. Alors comment ré­pondre à la me­nace ter­ro­riste ? Il faut ren­for­cer le ren­sei­gne­ment hu­main et se concen­trer sur la culture et l’édu­ca­tion pour mo­bi­li­ser les Fran­çais. Le rôle du po­li­tique est de ras­sem­bler le peuple sur nos va­leurs. La spi­rale dans la­quelle nous nous en­fer­mons n’est rien d’autre que l’aveu de notre fai­blesse. C’est une vic­toire pour les is­la­mistes. Le pré­sident de la Ré­pu­blique et le Pre­mier mi­nistre ont une res­pon­sa­bi­li­té par­ti­cu­lière. En bran­dis­sant la dé­chéance de la na­tio­na­li­té, comme en éri­geant la ba­taille cultu­relle et l’iden­ti­taire en prio­ri­té, ils ont joué avec le feu. Etes-vous fa­vo­rable à la réunion d’une com­mis­sion d’en­quête sur Nice ? Ce­la n’ap­por­te­rait rien. C’est un pro­blème de la com­pé­tence des mi­nis­tères de l’In­té­rieur, de la Dé­fense et de la ville de Nice. Comme le disent très bien les syn­di­cats de po­li­ciers, comment vou­lez-vous évi­ter un tel acte ? Je de­mande à M. Es­tro­si de faire preuve de plus d’hu­mi­li­té.

« Ce pays est dro­gué à la sé­cu­ri­té. On chauffe l’opi­nion à blanc qui en de­mande tou­jours plus. »

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