Les 84 vic­times ont re­trou­vé leur nom

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - TI­MO­THÉE BOUTRY

LE DÉ­LI­CAT et pri­mor­dial tra­vail des mé­de­cins lé­gistes est dé­sor­mais ache­vé. Le par­quet de Pa­ris a an­non­cé hier que les 84 vic­times dé­cé­dées dans l’at­ten­tat du 14 Juillet, dont 10 en­fants et ado­les­cents, avaient été for­mel­le­ment iden­ti­fiées. Lun­di, Fran­çois Mo­lins, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Pa­ris, avait in­di­qué que 13 dé­pouilles de­vaient en­core l’être. Les cas de cer­tains étran­gers ont été les plus longs à ré­gler. L’ef­froyable at­taque de la pro­me­nade des An­glais a fau­ché des spec­ta­teurs du feu d’ar­ti­fice ori­gi­naires du monde en­tier. Se­lon le Quai d’Or­say, 38 vic­times pos­sé­daient une na­tio­na­li­té étran­gère. 19 pays sont en­deuillés : de la Tu­ni­sie à l’Arménie en pas­sant par la Rou­ma­nie, le Ka- za­khs­tan, le Ma­roc, le Bré­sil, l’Al­le­magne, la Géor­gie ou en­core l’Ita­lie.

L’iden­ti­fi­ca­tion de ces vic­times, pro­non­cée par une com­mis­sion qui suit un pro­to­cole très strict, per­met aux au­to­ri­tés ju­di­ciaires de dé­li­vrer des cer­ti­fi­cats et des per­mis d’in­hu­mer. Lun­di, 52 per­mis avaient dé­jà été éta­blis.

Le bi­lan, dé­jà très l ourd, de­meure en­core pro­vi­soire. La mi­nistre de la San­té Ma­ri­sol Tou­raine a in­di­qué hier que le pro­nos­tic vi­tal de 19 des 70 per­sonnes en­core hos­pi­ta­li­sées était tou­jours en­ga­gé. L’at­ten­tat a fait en tout plus de 300 bles­sés.

En pa­ral­lèle, l’en­quête se pour­suit pour dé­ter­mi­ner les éven­tuelles com­pli­ci­tés dont a pu bé­né­fi­cier Mo­ha­med La­houaiej Bouh­lel, le conduc­teur du ca­mion fou. Hier soir, six per­sonnes, dont une femme, étaient tou­jours en garde à vue. Cinq d’entre elles ont été trans­fé­rées à Le­val­loisPer­ret dans les lo­caux des ser­vices spé­cia­li­sés. Au­cune n’était jus­qu’ici connue des ser­vices de ren­sei­gne­ment.

En ma­tière d’an­ti­ter­ro­risme, les gardes à vue peuvent du­rer quatre-vingt-seize heures. Néan­moins, en cas de pé­ril ter­ro­riste im­mi­nent, elles peuvent être ex­cep­tion­nel­le­ment pro­lon­gées de deux jours. C’est ce qui de­vrait se pro­duire pour le pre­mier in­ter­pel­lé, un homme de 40 ans ar­rê­té ven­dre­di et pré­sen­té comme un proche du conduc­teur du 19 t. Par­mi les autres sus­pects fi­gure un homme de 22 ans des­ti­na­taire d’un SMS envoyé quelques mi­nutes avant son geste par Mo­ha­med La­houaiej Bouh­lel, dans le­quel il le re­mer­cie pour l’ac­qui­si­tion d’un pis­to­let. Le jeune homme au­rait ex­pli­qué avoir ob­te­nu cette arme grâce à un res­sor­tis­sant al­ba­nais, pla­cé en garde à vue de­puis di­manche avec sa com­pagne.

A l’is­sue de ces gardes à vue, le par­quet a la pos­si­bi­li­té d’ou­vrir une in­for­ma­tion ju­di­ciaire et de confier l’en­quête à un juge d’ins­truc­tion. Les éven­tuelles pré­sen­ta­tions au ma­gis­trat au­raient lieu jeu­di.

Le pro­nos­tic vi­tal de 19 des 70 per­sonnes hos­pi­ta­li­sées tou­jours en­ga­gé

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