L’Al­le­magne vi­sée pour la pre­mière fois

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Ber­lin (Al­le­magne) De notre cor­res­pon­dant CH­RIS­TOPHE BOURDOISEAU

COMME L’AU­TEUR du mas­sacre de Nice, l’Af­ghan qui a at­ta­qué à la hache plu­sieurs per­sonnes lun­di soir dans un train ré­gio­nal al­le­mand se se­rait ra­di­ca­li­sé dans les der­nières se­maines. « Il n’était pas connu des ser­vices comme fa­na­tique », a in­sis­té hier Joa­chim Her­mann, le mi­nistre de l’In­té­rieur de Ba­vière, ré­gion où a eu lieu l’at­ten­tat.

Ce jeune ré­fu­gié de 17 ans ne fai­sait l’ob­jet d’au­cune fiche et n’avait au­cun an­té­cé­dent ju­di­ciaire. Les té­moins le dé­crivent comme « calme » et « équi­li­bré ». La dé­cou­verte dans sa chambre d’un dra­peau peint à la main aux cou­leurs de l’or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique (EI) étaye donc la thèse de la ra­di­ca­li­sa­tion ra­pide re­te­nue par les en­quê­teurs. On a éga­le­ment trou­vé chez lui un texte en pach­toune ap­pe­lant les mu­sul­mans à se dé­fendre. La re­ven­di­ca­tion de l’at­ten­tat par l’EI, une pre­mière sur le sol al­le­mand, laisse les Al­le­mands per­plexes. L’EI a dif­fu­sé une vi­déo mon­trant l’au­teur de l’at­taque avec un cou­teau à la main et pro­fé­rant des me­naces contre les pays « in­fi­dèles ».

« Le mo­bile est clai­re­ment po­li­tique », a confir­mé Erik Oh­len­schla­ger, le pro­cu­reur gé­né­ral de Ba­vière. Dans le train, il au­rait crié trois fois en arabe « Al­la­hou ak­bar » avant de bles­ser quatre tou­ristes chi­nois de Hong­kong, puis une femme lors de sa fuite. Deux d’entre eux sont griè­ve­ment bles­sés.

Le jeune Af­ghan est ar­ri­vé ici en 2014. Après avoir dé­po­sé une de­mande d’asile il y a un an, il avait été ac­cueilli il y a deux se­maines au sein d ’ u n e f a mi l l e à Och­sen­furt en Ba­vière. Il sui­vait un stage dans une bou­lan­ge­rie et vou­lait de­ve­nir ap­pren­ti. Il était sui­vi in­ten­si­ve­ment par les ser­vices so­ciaux dans le cadre de l’aide aux jeunes ré­fu­giés.

La mi­nistre des Af­faires so­ciales de Ba­vière, Emi­lia Mül­ler, ne s’ex­plique pas ce geste alors qu’il bé­né­fi­ciait de toutes les condi­tions d’une bonne in­té­gra­tion. « Il fau­dra trou­ver les ex­pli­ca­tions à cette sou­daine ex­plo­sion de vio­lence », a-telle dé­cla­ré.

A Och­sen­furt, on est sous le choc. « Il n’y a ja­mais eu un in­ci­dent chez nous. Il règne ici une at­mo­sphère pa­ci­fique. C’est pour­quoi nous sommes très tristes », a ex­pli­qué la por­te­pa­role des ser­vices com­mu­naux, qui en­cadrent 250 ré­fu­giés dont 60 mi­neurs non ac­com­pa­gnés. Le jeune Af­ghan, qui a été tué dans sa fuite par un com­man­do spé­cial, fait par­tie de ces mi­neurs iso­lés ar­ri­vés en Al­le­magne ces der­nières an­nées et dont le nombre est éva­lué à 60 000, dont 9 000 sans adresse connue. Se­lon les mé­de­cins al­le­mands, ils consti­tuent une po­pu­la­tion vul­né­rable et propre à se faire in­fluen­cer par les mou­vances ex­tré­mistes.

Plu­sieurs agres­sions per­pé­trées par des jeunes ont eu lieu ces der­niers mois en Al­le­magne. En fé­vrier, une ado­les­cente de 15 ans a at­ta­qué au cou­teau un po­li­cier à la gare de Ha­novre avec un mo­bile is­la­miste. Mal­gré ce­la, les Al­le­mands ne sou­haitent pas ren­for­cer leurs me­sures de sé­cu­ri­té.

Les jeunes ré­fu­giés forment une po­pu­la­tion vul­né­rable

L’EI a dif­fu­sé une vi­déo mon­trant l’au­teur de l’at­taque, un Af­ghan de 17 ans, cou­teau à la main et pro­fé­rant des me­naces contre les pays « in­fi­dèles ».

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