Un es­poir contre la sclé­rose en plaques

RE­CHERCHE. Une équipe fran­çaise a pré­sen­té hier une ap­proche ré­vo­lu­tion­naire pour lut­ter contre cette ma­la­die qui touche 100 000 pa­tients dans l’Hexa­gone.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - CH­RIS­TINE MATEUS

BLO­QUER l’évo­lu­tion d’une ma­la­die neu­ro­lo­gique dé­gé­né­ra­tive, in­cu­rable à ce jour. « Oui, c’est le but », lance dou­ce­ment le cher­cheur Fa­bian Do­cagne, pré­sen­tant hier les ré­sul­tats d’une étude qu’il a me­née au sein de l’uni­té In­serm U 919 du pro­fes­seur De­nis Vi­vien. Une pe­tite bombe dans le mi­lieu de la re­cherche contre la sclé­rose en plaques (SEP) qui tranche avec le ton neutre de l’ex­pert. C’est une pro­messe pleine d’es­poir faite aux pa­tients qui souffrent de ce qu’on dé­signe en­core comme « le can­cer jeune », qui touche 100 000 per­sonnes en France.

Ces ré­sul­tats, pu­bliés au­jourd’hui dans la re­vue « Brain », pré­sentent un an­ti­corps-mé­di­ca­ment, le Glu­no­mab, in­jec­té par in­tra­vei­neuse, dont les ef­fets ont été dé­mon­trés chez la souris. Reste à faire des es­sais cli­niques sur l’homme, « le plus tôt pos­sible », es­père Fa­bien Do­cagne qui lance, dans la fou­lée, un ap­pel aux in­ves­tis­seurs.

Une nou­velle stra­té­gie de lutte contre la ma­la­die

Ob­jec­tif ? Un nou­veau trai­te­ment sur le mar­ché dans une di­zaine d’an­nées. Car les trai­te­ments ac­tuels ré­duisent les pous­sées et amé­liorent la qua­li­té de vie des pa­tients, mais ne luttent pas contre la pro­gres­sion de la ma­la­die. On la ra­len­tit seule­ment. La

est une ma­la­die tou­chant le Un dé­rè­gle­ment pousse les cel­lules du

(lym­pho- cytes) à La les em­pê­chant la

le long des neu­rones, dont l’exé­cu­tion de mou­ve­ments. pro­té­geant est abî­mée, En cas de pous­sée in­flam­ma­toire, le Glu­no­mab bloque, lui, le pas­sage dans le cer­veau des cel­lules im­mu­ni­taires ren­dues folles par la ma­la­die et qui, au lieu de dé­fendre l’or­ga­nisme, Troubles et de la des Trou­blesT­ro de l’équi­li­brel’é Troubles Troubles Troubles de et de la l’at­taquent. Ce blo­cage pré­serve ain­si la myé­line, une sorte de gaine qui pro­tège les fibres ner­veuses et qui est for­te­ment dé­té­rio­rée chez les ma­lades (voir l’in­fo­gra­phie), en­traî­nant, à terme, un han­di­cap ir­ré­ver­sible.

« C’est une nou­velle ap­proche, une nou­velle stra­té­gie pour lut­ter contre la ma­la­die », ajoute le doc­teur Pier­reO­li­vier Cou­raud, vice-pré­sident de l’Ar­sep, la fon­da­tion pour l’aide à la re­cherche sur la sclé­rose en plaques qui a par­ti­ci­pé au fi­nan­ce­ment de cette étude.

« Je n’ose pas pen­ser à la gué­ri­son, mais ar­rê­ter la pro­gres­sion de ma sclé­rose en plaques, oui, j’y crois, s’en­thou­siasme Hé­lène, 47 ans, dont vingt ans ac­com­pa­gnée d’une SEP. De­puis dix, quinze ans, j’ai vu dé­bar­quer plein de mé­di­ca­ments qui sont ve­nus com­plé­ter l’ar­se­nal thé­ra­peu­tique. Il y a en­core qua­rante ans, il n’y avait rien. »

« Oui, ça bouge énor­mé­ment dans ce do­maine, confirme Guillaume Mo­li­nier, di­rec­teur de la Ligue fran­çaise contre la sclé­rose en plaques. Nous avons vu ar­ri­ver ces der­nières an­nées des mé­di­ca­ments très puis­sants mais aus­si très lourds en termes d’ef­fets se­con­daires. Il fau­dra voir ce qu’il en est avec ce­lui-là, s’il ar­rive un jour sur le mar­ché. Nous nous ré­jouis­sons que ce soit la re­cherche pu­blique qui soit à l’ori­gine de cette dé­cou­verte. » Et de lan­cer un clin d’oeil à l’at­ten­tion des pou­voirs pu­blics : « Ce se­rait dom­mage d’ar­rê­ter de la fi­nan­cer. »

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