Coup de fo­lie au centre de va­cances

VIO­LENCES. Un père de fa­mille a at­ta­qué à coups de cou­teau trois filles et leur mère, qui oc­cu­paient la même ré­si­dence de va­cances. Rien n’ac­cré­di­tait hier soir une piste ter­ro­riste.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Garde-Co­lombe (Hautes-Alpes) De notre cor­res­pon­dant Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Gap, Ra­phaël Bal­land SERGE PUEYO, AVEC MEH­DI GHERDANE DANS LES YVE­LINES

9 H 40, HIER MA­TIN, dans les Hautes-Alpes. Au centre de va­cances VVF de La­grand, sur la com­mune de Garde-Co­lombe, trois pe­tites filles de 8, 12 et 13 ans et leur mère âgée de 46 ans, ori­gi­naires de Loi­reAt­lan­tique, prennent tran­quille­ment leur pe­tit dé­jeu­ner sur la ter­rasse de leur ap­par­te­ment lorsque, bru­ta­le­ment, le va­can­cier voi­sin, un homme de 37 ans, se jette sur elles avec un cou­teau.

La s c è ne e s t d’ une v i ol e nce in­ouïe. L’agres­seur blesse très griè­ve­ment la plus jeune, frappe éga­le­ment ses soeurs et leur mère. En quelques ins­tants, la pa­nique gagne le centre. L’homme en pro­fite pour prendre la fuite au vo­lant de son vé­hi­cule. Les se­cours sont ra­pi­de­ment aler­tés et l’en­fant la plus gra­ve­ment tou­chée est trans­por­tée par hé­li­co­ptère vers le CHU de Gre­noble. Ses jours sont en danger. Les autres vic­times, moins sé­rieu­se­ment bles­sées, sont di­ri­gées vers l’hô­pi­tal de Gap.

Les gen­darmes dé­clenchent le plan Eper­vier pour ten­ter de lo­ca­li­ser au plus vite l’homme au cou­teau. Peu après 10 heures, une pa­trouille de gen­darmes ré­ser­vistes re­père l’agres­seur à quelques ki­lo­mètres à peine du centre de va­cances. L’homme est in­ter­pel­lé sans op­po­ser de ré­sis­tance.

Dans le cli­mat ac­tuel, les au­to­ri­tés s’in­ter­rogent. S’agit-il d’un nou­vel acte à ca­rac­tère ter­ro­riste ? L’agres­seur, pla­cé en garde à vue, est de na­tio­na­li­té ma­ro­caine. Mais très vite, les en­quê­teurs vont dé­cou­vrir qu’il n’a pas vrai­ment ce pro­fil, bien plu­tôt ce­lui d’un homme dé­ran­gé. Ori­gi­naire des Yve­lines, ce père de fa­mille était de­puis sa­me­di en va­cances à Garde-Co­lombe avec son épouse en­ceinte et ses deux en­fants. Il est in­con­nu des ser­vices de po­lice. « Lors de l’agres­sion, cet homme n’a rien dit pour jus­ti­fier son geste. Il a uti­li­sé un cou­teau de pe­tit for­mat, re­pliable, avec une lame de 8 à 10 cm de long », ex­plique le pro­cu­reur de Gap, Ra­phaël Bal­land. « Il s’en est pris d’abord aux en­fants puis à leur mère. Le père des vic­times, lui, n’était pas pré­sent a u mo­ment d e s f ai t s . Rien pour l’ins­tant n’ac­cré­dite la thèse d’un acte ter­ro­riste. Le par­quet an­ti­ter­ro­riste ne s’est donc pas sai­si du dos­sier. L’agres­seur va être exa­mi­né par un psy­chiatre », pré­cise le pro­cu­reur.

Le maire de Garde-Co­lombe, Ed­mond Fran­cou, ne croit pas lui non plus à la piste ter­ro­riste. « C’est un geste de dé­ment. Ce mon­sieur a été pris d’un coup de fo­lie. Je suis ar­ri­vé peu de temps après les faits. Sa femme, en­ceinte de six mois, était en pleurs, avec ses deux pe­tits. Elle m’a dit que son ma­ri avait ar­rê­té de prendre ses cal­mants, qu’il était dans un état dé­plo­rable de­puis la veille. Toute la fa­mille de­vait même par­tir ce mar­di pour re­tour­ner dans la ré­gion pa­ri­sienne, avant même la fin de leur sé­jour. Cette femme m’a af­fir­mé qu’elle ne com­pre­nait pas le geste de son ma­ri. »

La veille, l’homme au­rait fait un lé­ger ma­laise. Le pro­cu­reur a an­non­cé que l’en­quête al­lait se pour­suivre pour ten­ter d’en sa­voir plus sur la per­son­na­li­té et l’état men­tal de l’agres­seur dont la garde à vue va se pour­suivre.

Dans les Yve­lines, les voi­sins étaient ef­fa­rés de dé­cou­vrir la nou­velle. La fa­mille vit dans une pe­tite ré­si­dence so­ciale pro­prette du centre-ville, pas très loin du pont de Li­may. « C’est une fa­mille dis­crète, il dit tou­jours bon­jour. Ja­mais un mot plus haut que l’autre », dit un voi­sin. « C’est un grand mon­sieur avec des lu­nettes, très po­li et très cour­tois. Il ac­com­pagne sou­vent ses en­fants à l’école. Une fois, il m’a confié qu’il pre­nait des mé­di­ca­ments car il était dé­pres­sif. Il s’est ex­cu­sé par avance s’il s’éner­vait ou di­sait des bê­tises car son trai­te­ment pou­vait mo­di­fier son com­por­te­ment. Mais il ne nous a ja­mais rien dit de tra­vers », té­moigne une ri­ve­raine.

Au centre de va­cances, une cel­lule psy­cho­lo­gique a été mise en place pour prendre en charge les tou­ristes cho­qués par cette agres­sion. Hier, en fin de jour­née, le pro­cu­reur de Gap a don­né des nou­velles ras­su­rantes de la fillette de 8 ans. Opé­rée, elle est dé­sor­mais hors de danger.

« Cet homme n’a rien dit pour jus­ti­fier son geste »

Gap (Hautes-Alpes), hier. Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Gap, Ra­phaël Bal­land, a ex­pli­qué que l’homme de 37 ans se­ra exa­mi­né par un psy­chiatre.

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