Un ac­cueil pour les ré­fu­giés mi­neurs de Ca­lais

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - HÉ­LÈNE HANNON

LES RÉ­FU­GIÉS mi­neurs iso­lés au­ront un abri dans la « jungle » de Ca­lais fin sep­tembre. « Il s’agit d’une an­nexe du centre Jules-Fer­ry (NDLR : où sont ac­cueillis les femmes et les en­fants) qui leur se­ra to­ta­le­ment dé­diée, ex­plique-t-on à la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale de la co­hé­sion so­ciale (DDCS). Au­cun jeune ne se­ra contraint d’y al­ler. En­ca­drés par des édu­ca­teurs spé­cia­li­sés, ils se­ront à l’abri. » Soixante-douze places sont pré­vues. Ce nombre se­ra dou­blé en fin d’an­née si le dis­po­si­tif convainc.

Une dé­ci­sion très at­ten­due par de nom­breuses or­ga­ni­sa­tions d’aide à l’en­fance. Il y a un mois, l’Uni­cef dé­non­çait l’ex­ploi­ta­tion des mi­grants mi­neurs dans les « jungles » fran­çaises, ci­tant de nom­breux té­moi­gnages de vio­lences, voire de viols. Dans le même temps, une di­zaine d’as­so­cia- tions si­gnaient un com­mu­ni­qué com­mun en­joi­gnant à l’Etat d’agir. Par­mi elles, France Terre d’asile, qui s’oc­cupe au quo­ti­dien de ces quelque 600 jeunes.

« Que l’Etat se dé­cide en­fin, je ne peux que m’en ré­jouir, ré­agit Pierre Hen­ry, di­rec­teur gé­né­ral de France Terre d’asile. Il ne faut pas vou­loir ar­rê­ter leur route mi­gra­toire, mais l’amé­lio­rer », pré­cise ce­lui qui a créé en 2012 la Mai­son des jeunes ré­fu­giés à Saint-Omer. 1 500 mi­neurs iso­lés s’y sont po­sés un peu avant de re­prendre leur quête d’An­gle­terre. Mais c’est à une cin­quan­taine de ki­lo­mètres de Ca­lais, une dis­tance qui ef­fraie beau­coup de jeunes mi­grants.

Leur ap­por­ter plus de sé­cu­ri­té

« Si nous sommes à Saint-Omer c’est parce que per­sonne dans le Ca­lai­sis n’a ac­cep­té la Mai­son à l’époque ! rap­pelle Pierre Hen­ry, dont le com­bat est au­jourd’hui de fa­ci­li­ter le rap­pro­che­ment fa­mi­lial. Nous avons de­man­dé aux gou­ver­ne­ments fran­çais et bri­tan­nique d’al­lé­ger les pro­cé­dures. Cin­quante jeunes en ont bé­né­fi­cié ces trois der­niers mois. Nous fe­rons un bi­lan fin août », conclut-il. L’hi­ver der­nier, un ré­fu­gié af­ghan, ému par la dé­tresse des en­fants, a créé un Kids res­tau­rant au coeur de la « jungle ».

Gra­tuit et ou­vert uni­que­ment aux mi­neurs iso­lés, il est mal­heu­reu­se­ment fer­mé la nuit. Le nou­veau centre d’ac­cueil ap­por­te­ra donc aux en­fants un peu plus de sé­cu­ri­té.

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