Gou­ve­nou dé­crypte les Alpes

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Fri­bourg (Suisse) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Pro­pos re­cueillis par DA­VID OPOCZYNSKI

« CE N’EST PAS FI­NI ! » Thier­ry Gou­ve­nou sait de quoi il parle. Le di­rec­teur tech­nique du Tour connaît par coeur le pro­fil des quatre étapes des Alpes. « Jus­qu’à sa­me­di, c’est plus que co­pieux, pro­met-il. Les cou­reurs ont de quoi être in­quiets. » S’il se dit « dé­çu par le ni­veau de Nai­ro Quin­ta­na », il as­sure que cett e t roi­sième se­maine pré­sente « vrai­ment un ter­rain pour pou­voir at­ta­quer ». Décryptage.

Au­jourd’hui, Berne - Fin­haut-Emos­son (184,5 km)

« On com­mence par une re­mise en route calme sur les cent pre­miers ki­lo­mètres, mais le fi­nal se­ra très, très dense. Cer­tains n’au­ront sans doute pas ac­cep­té la jour­née de re­pos, donc il de­vrait y avoir quelques dé­faillances par­mi les dix pre­miers du gé­né­ral. L’en­chaî­ne­ment de la For­claz et de Fin­haut-Emos­son est très in­di­geste. Au Dau­phi­né, les mecs étaient tous ar­rê­tés 2 m après la ligne ! On va vrai­ment y voir plus clair. En tout cas, c’est un ter­rain idéal pour at­ta­quer. »

De­main, Sal­lan­chesMe­gève (c.l.m. 17 km)

« Il s’agit d’un chro­no com­plè­te­ment ré­ser­vé aux cinq-dix pre­miers du clas­se­ment gé­né­ral. Un spé­cia­liste ne va pas y faire grand-chose. Je ne vois per­sonne réa­li­ser de gros écarts à part Froome. Il est le seul ca­pable de faire un grand nu­mé­ro parce que ça cor­res­pond com­plè­te­ment à ses qua­li­tés : un for­mat as­sez court, avec du rythme. Ce se­ra un ef­fort d’en­vi­ron qua­rante mi­nutes qui se fe­ra plus sur du jus que sur les qua­li­tés in­trin­sèques du contre-la-montre. »

Ven­dre­di, Al­bert­ville - SaintGer­vais Mont-Blanc (146 km)

« D’abord, nous n’au­rons qua­si­ment que des cols in­con­nus du Tour de France. Bi­sanne est un col hors ca­té­go­rie qui n’a ja­mais été mon­té, la For­claz de Mont­min et la For­claz de Queige ne l’ont ja­mais été de ce cô­té et l’ar­ri­vée à Saint- Ger­vais n’a ja­mais été abor­dée par les Ame­rands. Ça fait quand même beau­coup d’in­con­nues ! Le ter­rain est idéal pour un tra­vail d’équipe. Ce­lui qui pour­ra bé­né­fi­cier d’une grosse équipe pour­ra at­ta­quer de loin. Avec un hors-ca­té­go­rie au mi­lieu de l’étape, il y au­ra moyen de ten­ter l’aven­ture. Les Mo­vis­tar ou les BMC doivent pou­voir se ser­vir de ce ter­rain-là pour lan­cer des at­taques d’en­ver­gure. Un lea­deur es­seu­lé en haut de Bi­sanne peut se faire du sou­ci. On ima­gine mal l’équipe Sky se re­trou­ver dans le dur comme ça, mais pour­quoi pas ?… »

Sa­me­di, Me­gève-Mor­zine (146,5 km)

« Là en­core, ce se­ra dense, mais il faut re­mar­quer qu’on a ré­duit le for­mat des der­nières étapes pour avoir quelque chose de plus to­nique. Joux-Plane est tel­le­ment dif­fi­cile qu’il se­ra quand même com­pli­qué d’at­ta­quer avant. En gé­né­ral, Joux-Plane, ça en met par­tout. Là, en plus, il s’agi­ra de la der­nière grosse as­cen­sion. Notre but était de gar­der le sus­pense jus­qu’au bout. La seule in­ter­ro­ga­tion, c’est de sa­voir si Quin­ta­na au­ra en­core des res­sources pour mettre le feu ? »

Suisse (Berne), lun­di. Ch­ris Froome, Maillot jaune, se­ra-t-il fra­gi­li­sé ? Pour Thier­ry Gou­ve­nou (en mé­daillon), les étapes al­pestres de­vraient être pro­pices à des at­taques et li­vrer du spec­tacle.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.