« Ne pu­nis­sons pas les ath­lètes propres »

Ch­ris­tophe Le­maitre,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Pro­pos re­cueillis par É.M.

DEUXIÈME au mee­ting de Mo­na­co ven­dre­di der­nier en 20’’24 sur 200 m, le sprin­teur d’Aix-les­Bains (Sa­voie) re­vient en forme à deux se­maines de l’ou­ver­ture des Jeux. Mais il s’énerve de ne pas sa­voir si des ath­lètes russes y se­ront aus­si. On ne sait tou­jours pas si les ath­lètes russes se­ront pré­sents ou pas. Ce­la vous agace-t-il ? CH­RIS­TOPHE LE­MAITRE. Oui, il est vrai­ment temps qu’on prenne une dé­ci­sion sur ce dos­sier qui traîne trop et qu’on s’y tienne une bonne fois pour toutes, quelles qu’en soient les consé­quences. Ce­la n’a que trop du­ré. Je pense aux ath­lètes russes qui sont propres, qui se pré­parent tou­jours sans sa­voir s’ils se­ront aux Jeux olym­piques. Dans un peu plus de deux se­maines, on dé­file et on ne sait en­core rien. C’est per­tur­bant aus­si pour nous de ne pas sa­voir si on au­ra un Russe ou pas en face de nous. Vous pen­sez qu’il peut y avoir des ath­lètes russes non do­pés ? Etes-vous par­ti­san d’ex­clure tous les spor­tifs russes des Jeux de Rio ? Non, c’est vrai­ment une dé­ci­sion ex­trême. Ne pu­nis­sons pas les Russes qui sont propres. Je pré­fère une so­lu­tion où on in­vi­te­rait les ath­lètes hon­nêtes sous les cou­leurs du CIO, par exemple, pour leur don­ner leur chance. Il faut pu­nir très très sé­vè­re­ment les tri­cheurs, et je l’ai tou­jours dit, mais pas les ath­lètes hon­nêtes. Comment les re­con­naître ? C’est à eux de se si­gna­ler et aux ins- tances de la lutte an­ti­do­page de faire le tri. Ce dopage d’Etat russe ne nuit-il pas à tout l’athlétisme ? Si, hé­las, et c’est bien ça le plus triste dans l’af­faire. Cette his­toire ne touche pas que l’athlétisme russe. Elle touche tout le monde car elle met le doute sur nos mé­dailles et nos chro­nos dans l’es­prit des gens. L’ab­sence éven­tuelle des Russes ne va-t-elle dé­va­lo­ri­ser un titre olym­pique ? Non. Ce ne se­rait pas la pre­mière fois qu’il y au­rait des ab­sents aux Jeux, contre leur gré ou pas. Les ab­sents ont tou­jours tort, dit- on. Un t i t re olym­pique reste un titre olym­pique : il faut tou­jours cou­rir, sau­ter ou lan­cer pour le ga­gner. Per­son­nel­le­ment, au sprint, je ne suis pas vrai­ment concer­né car il n’y a pas trop de Russes per­for­mants. Mais leur ab­sence pos­sible se fe­ra sen­tir sur les lan­cers et va li­bé­rer de la place par exemple sur 110 m haies si Shu­ben­kov n’est pas là, ou à la perche fé­mi­nine qui se fe­rait sans Isin­baye­va.

« C’est per­tur­bant aus­si pour nous »

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