« Je fais soixante jours de ser­vice par an »

Nelson,

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - ÉLODIE CHERMANN

UN JOUR, il porte la robe noire ; le len­de­main, l’uni­forme de gen­darme. Avo­cat en droit des af­faires au bar­reau de New York et em­bau­ché dans un ca­bi­net à Pa­ris, Nelson, 24 ans, fait par­tie des 25 000 ré­ser­vistes opé­ra­tion­nels que compte la gen­dar­me­rie. Sa vo­ca­tion est bien an­té­rieure aux at­ten­tats de 2015 : « Je n’ai pas de mi­li­taire dans ma fa­mille mais j’ai tou­jours vou­lu ser­vir la com­mu­nau­té », ra­conte le jeune homme, fier comme Ar­ta­ban sous son ké­pi.

A 15 ans, il s’en­gage comme sa­peur-pom­pier mais ses pa­rents le poussent à le­ver le pied : « Ils crai­gnaient que je mette ma vie en dan­ger. » Pas sûr qu’ils aient vrai­ment ga­gné au change… « A 17 ans, je me suis tour­né vers la ré­serve mi­li­taire qui ré­pon­dait à peu près aux mêmes codes… » pour­suit-il.

Jus­qu’à un mois de for­ma­tion

Deux se­maines de pré­pa­ra­tion mi­li­taire — au­jourd’hui, la for­ma­tion a par­tout été éten­due à un mois sauf en Ile-de-France —, et le voi­là pro­pul­sé sur le ter­rain ! Sur­veillance gé­né­rale, ren­forts sur des évé­ne­ments spé­ciaux comme le Tour de France, dis­po­si­tifs de re­cherche, pa­trouilles dans les trains et les RER, ses mis­sions sont très va­riées. « La seule tâche dont on est ex­clu en tant ré­ser­viste, c’est le main­tien de l’ordre, pré­cise-t-il. Pour le reste, rien ne nous dis­tingue des gen­darmes d’ac­tive. Même te­nue, mêmes armes, même solde, mêmes grades… » Après sept ans de bons et loyaux ser­vices, Nelson vient d’ob­te­nir le pre­mier grade de sous-of­fi­cier. Un avan­ce­ment qu’il doit à son an­cien­ne­té mais aus­si à son im­pli­ca­tion au sein du grou­pe­ment du Val-d’Oise. « La plu­part des ré­ser­vistes prennent en­vi­ron vingt-cinq jours de ser­vice par an, ex­plique le jeune homme. Pour ma part, comme je suis cé­li­ba­taire et sans en­fants, j e pousse j us­qu’à soixante, voire quatre-vingts. De pré­fé­rence le week-end et sur mes va- cances. Ça me sort de mes dos­siers d’avo­cat. »

Un exemple que de plus en plus de jeunes semblent prêts à suivre. « Jus­qu’à pré­sent, on comp­tait ra­re­ment plus de 150 ci­vils dans nos PMG — com­pre­nez pré­pa­ra­tions mi­li­taires gen­dar­me­rie—, comp­ta­bi­lise Nelson. Celle que j’anime en ce mo­ment en ras­semble près de 300 ! Du ja­mais-vu ! »

Sur ses week-ends et son temps libre, Nelson en­dosse son uni­forme de gen­darme ré­ser­viste. « Ça me sort de mes dos­siers d’avo­cat », ex­plique-t-il.

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