La garde na­tio­nale, une idée… ré­vo­lu­tion­naire

AT­TEN­TATS. L’idée était dans l’air de­puis les pre­mières at­taques de 2015 : la créa­tion d’une garde na­tio­nale a été of­fi­cia­li­sée hier par Fran­çois Hol­lande. Ob­jec­tif : mo­bi­li­ser les Fran­çais pour leur sé­cu­ri­té.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - AVA DJAMSHIDI

EN 1791, dans un dis­cours à l’As­sem­blée consti­tuante, Ro­bes­pierre dé­fi­nis­sait l’or­ga­ni­sa­tion de gardes na­tio­nales, conçues en pleine Ré­vo­lu­tion fran­çaise, pour as­su­rer la « tran­quilli­té pu­blique ». Elles se­ront dis­soutes un siècle plus tard. Mais l’his­toire est un éter­nel re­com­men­ce­ment. Hier, Fran­çois Hol­lande a of­fi­ciel­le­ment an­non­cé la consti­tu­tion d’une garde na­tio­nale pour lut­ter contre le ter­ro­risme. L’idée avait été es­quis­sée lors du dis­cours du pré­sident de­vant le Con­grès réuni à Ver­sailles, trois jours après les at­ten­tats du 13 No­vembre. A la veille de l’at­ten­tat de Nice, Jean-Ma­rie Bo­ckel, sé­na­teur (UDI) du Haut-Rhin, et sa col­lègue (PS) Gi­sèle Jour­da ont pu­blié un rap­port sur la créa­tion d’une garde na­tio­nale de ré­ser­vistes (lire nos édi­tions du 18 juillet). Elle a été ac­tée hier. « L’en­ga­ge­ment est une va­leur car­di­nale de la co­hé­sion », fait-on va­loir dans l’en­tou­rage de Fran­cois Hol­lande.

Cette garde, qui ne re­lè­ve­ra pas d’un com­man­de­ment unique, re­grou­pe­ra les dif­fé­rentes ré­serves exis­tantes au sein des forces de sé­cu­ri­té du pays. Pion­nière en la ma­tière, la gen­dar­me­rie dis­pose dé­jà de 9 000 vo­lon­taires. La po­lice, elle, compte 2 700 ré­ser­vistes, quand l’ar­mée en re­cense 28 700. Ces « res­sources hu­maines » sup­plé­men­taires sont cen­sées sou­la­ger les ef­fec­tifs des mi­nis­tères de l’In­té­rieur et de la Dé- fense, sur­mo­bi­li­sés de­puis dix-huit mois, au len­de­main des at­taques de « Char­lie Heb­do » et de l’Hy­per Ca­cher. Il s’agit de vo­lon­taires ou de re­trai­tés de ces dif­fé­rents corps qui s’en­gagent, moyen­nant ré­mu­né­ra- tion, à ser­vir une di­zaine de jours par an dans la ré­serve après avoir sui­vi une for­ma­tion (dont sont exempts les re­trai­tés). Les ré­ser­vistes se voient confier les mêmes mis­sions que les forces « d’ac­tive », c’est-à-dire en exer­cice, en fonc­tion des com­pé­tences et ap­ti­tudes de cha­cun.

Dé­jà, dans la loi de pro­gram­ma­tion mi­li­taire 2014-2019, il était pré­vu d’aug­men­ter le nombre des ré­ser­vistes de la Dé­fense à 40 000. Avec la créa­tion de cette garde na­tio­nale, l’ob­jec­tif est lar­ge­ment re­vu à la hausse : il s’agit dé­sor­mais de pou­voir comp­ter sur 100 000 per­sonnes, toutes ré­serves confon­dues. Ma­nière de fé­dé­rer ces dif­fé­rents corps sous une même ban­nière, celle de la garde na­tio­nale, plus fa­cile à iden­ti­fier pour ceux qui sou­hai­te­raient s’en­rô­ler. Reste à conce­voir le dis­po­si­tif en­tou­rant cette force. La tâche a été confiée à Ber­nard Ca­ze­neuve (In­té­rieur) et à Jean-Yves Le Drian (Dé­fense). « L’élan est don­né », sou­ligne un proche du pré­sident. Sa­me­di, Ber­nard Ca­ze­neuve avait son­né le rap­pel des « pa­triotes » pour épau­ler les forces de sé­cu­ri­té.

De tels corps existent à l’étran­ger. Aux Etats-Unis, la Na­tio­nal Guard compte ain­si plus de 460 000 ré­ser­vistes qui consti­tuent une force mi­li­taire d’ap­point dont la de­vise est « Tou­jours prêts, tou­jours là », de­puis 1903. En avril, Vla­di­mir Pou­tine a créé une telle garde en Rus­sie. Cen­sée as­su­rer le main­tien de l’ordre, le contrôle des fron­tières et la lutte contre le ter­ro­risme, elle est aux ordres di­rects du pré­sident.

Reste à conce­voir le dis­po­si­tif en­tou­rant cette force

@AvaD­jam­shi­di

Saint-As­tier (Dor­dogne), hier. Le pré­sident Fran­çois Hol­lande a pro­fi­té d’une vi­site à un centre de for­ma­tion de la gen­dar­me­rie pour an­non­cer of­fi­ciel­le­ment la créa­tion d’une garde na­tio­nale for­mée de vo­lon­taires ci­vils et de re­trai­tés des forces de l’ordre.

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