Mous­tiques : com­ment

PRA­TIQUE. Après un prin­temps hu­mide et les pre­mières vraies cha­leurs de l’été, ils sont par­tout. Voi­ci notre ar­se­nal pour les te­nir à dis­tance, qu’il s’agisse du spé­ci­men au­toch­tone ou de sa ver­sion tigre.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - JILA VAROQUIER J. VA.

ILS ÉTAIENT ANNONCÉS. Et ces sa­ta­nés mous­tiques n’ont évi­dem­ment pas man­qué l’oc­ca­sion de gâ­cher nos si at­ten­dues soi­rées d’été. Im­pos­sible dans cer­tains dé­par­te­ments de dî­ner tran­quille­ment dans le jar­din, sans être re­cou­vert de pi­qûres. En­cou­ra­gés par un hi­ver doux, les tonnes d’eau dé­ver­sées sur l’Hexa­gone et la hausse du ther­mo­mètre, les larves des mous­tiques dis­posent des condi­tions idéales pour se dé­ve­lop­per. Sans ou­blier la ca­ni­cule qui ren­force l’agres­si­vi­té des fe­melles, res­pon­sables des pi­qûres, et ac­cé­lère le cycle de crois­sance des in­sectes.

Ré­sul­tats : le site Vi­gi­lance- mous­tique.com, qui s’ap­puie sur des si­gna­le­ments de par­ti­cu­liers, a consta­té une « pro­li­fé­ra­tion in­ha­bi­tuelle » dans 2 5 d é p a r t e ment s , d o n t ceux de l’Ile-de-France.

Au­jourd’hui, une soixan­taine d’es­pèces dif­fé­rentes jouent avec les nerfs des Fran­çais, avec cha­cune ses pe­tites ha­bi­tudes. La plus connue porte le doux nom de Cu­lex Pi­piens et est pré­sente sur la ma­jo­ri- me en re­vanche que l’af­fiche « ef­fi­cace sur les mous­tiques-tigres » est un « ar­gu­ment mar­ke­ting. Ce sont les mêmes mo­lé­cules pour les dif­fé­rentes es­pèces ». Quant à la no­ci­vi­té de ces pro­duits chi­miques, Charles Jean­nin, spé­cia­liste des in­sectes, l’as­sure : « Les concen­tra­tions ven­dues ne sont pas cen­sées être no­cives et il n’y a pas eu de cas d’ir­ri­ta­tion à ma connais­sance. »

Les spi­rales. Elles fonc­tionnent plu­tôt bien mais at­ten­tion à les uti­li­ser uni­que­ment à l’ex­té­rieur car elles sont com­po­sées d’in­sec­ti­cides. Se­lon les cher­cheurs, une à deux spi­rales suf­fisent et mieux vaut les pla­cer en amont du vent, s’il y en a.

Le ven­ti­la­teur. Vous n’avez sû­re­ment pas pen­sé à le sor­tir sur votre ter­rasse ou votre jar­din mais avec ses pe­tites ailes, l’in­secte n’est pas très à l’aise dans les cou­rants d’air et peine à lut­ter contre le vent. Ins­tal­ler deux ou trois ven­ti­la­teurs sous la table de­vrait à dé­faut de l’em­pê­cher, au moins dé­ran­ger la bête qui au­ra du mal à se po­ser sur té du ter­ri­toire. C’est elle qui hante les nuits des ci­ta­dins, pré­fé­rant pi­quer lorsque le so­leil est cou­ché ou au pe­tit ma­tin. Le mous­tique-tigre est quant à lui pré­sent en Al­sace, dans les dé­par­te­ments du sud de la France et de­puis peu dans le Valde-Marne, et est pla­cé sous étroite sur­veillance, car ca­pable de trans­mettre des ma­la­dies graves tels que le chi­kun­gu­nya ou le vi­rus Zi­ka. Il se plaît, lui, à choi­sir ses proies au le­ver du so­leil et en fin d’après- la peau de sa proie. De même, la cli­ma­ti­sa­tion peut être un bon ré­pul­sif. Le mous­tique va pré­fé­rer res­ter au chaud.

Les mous­ti­quaires. Elles em­pêchent le mous­tique d’at­teindre la peau de sa vic­time. La maille doit pour ce­la être pe­tite (0,5 mm). Elles n’of­fri­ront qu’une pro­tec­tion in­té­rieure.

Les pla­quettes et dif­fu­seurs élec­triques. Ils doivent com­por­ter des dé­ri­vés de py­rèthre na­tu­rel ou syn­thé­tique, que l’on peut re­con­naître sur les fla­cons parce mi­di, pour mieux se re­po­ser la nuit.

Car quelle que soit l’es­pèce, l’ani­mal est vil. Pour que son hôte ne le re­marque pas, il lui in­jecte un anes­thé­siant. Sui­vi d’un an­ti­coa­gu­lant afin de ré­col­ter la quan­ti­té de sang né­ces­saire à la pro­duc­tion d’oeuf. Puis il s’en­vole, lais­sant en sou­ve­nir des crises de dé­man­geai­sons qui peuvent du­rer plu­sieurs jours. Heu­reu­se­ment, des so­lu­tions existent pour re­pous­ser le pré­da­teur se­lon ses ha­bi­tudes, à dé­faut de l’éli­mi­ner. qu’ils se ter­minent en -thrine. Ils ne se­ront tou­te­fois ef­fi­caces que sur les mous­tiques noc­turnes mais pas sur le mous­tique-tigre par exemple, qui pique en jour­née et à l’ex­té­rieur. Cer­taines marques ont même dé­cli­né le sys­tème en no­made.

Les in­sec­ti­cides. Ils fonc­tionnent en­core bien mais les mous­tiques s’adaptent et com­mencent à ré­sis­ter aux in­sec­ti­cides. « Nous es­sayons de trou­ver des mo­lé­cules al­ter­na­tives, pour­suit Yvon Per­rin. Nous dé­con­seillons donc l’uti­li­sa­tion de ces pro­duits trop fré­quem­ment dans son jar­din pour qu’ils res­tent une arme ef­fi­cace. »

La Ra­quette. Elle pro­duit un cou­rant élec­trique qui fou­droie le mous­tique lors­qu’il entre en contact avec l’ob­jet. Lu­dique, voire apai­sant pour cer­taines vic­times ré­gu­lières qui peuvent ain­si se ven­ger, la ra­quette ne fonc­tionne que si l’on par­vient à at­tra­per l’in­secte, ce qui de­mande une mo­bi­li­sa­tion sans faille pour te­nir le coup toute la soi­rée. De même, cer­taines lampes dis­po­nibles sur le mar­ché et fonc­tion­nant sur le même sys­tème risquent d’at­ti­rer bien plus de pa­pillons de nuit que de mous­tiques.

Une pro­li­fé­ra­tion in­ha­bi­tuelle dans 25 dé­par­te­ments

Les ul­tra­sons et ap­pli­ca­tions pour smart­phone. Inef­fi­cace. Les mous­tiques sont certes sen­sibles à cer­taines fré­quences, no­tam­ment celles des bat­te­ments d’ailes du sexe op­po­sé. Mais pas aux ul­tra­sons.

Le bra­ce­let. Les spé­cia­listes sont una­nimes, ils ne fonc­tionnent pas. « Ils sont sou­vent à base de prin­cipes ac­tifs qui n’ont pas d’ef­fet ré­pul­sif sur les mous­tiques, dé­taille Charles Jean­nin. Et même si cet ob­jet était ef­fi­cace, ce ne se­rait que très très lo­ca­le­ment. L’ani­mal évi­te­rait le poi­gnet… et irait pi­quer ailleurs. » VI­DÉO le­pa­ri­sien.fr Al­fort­ville : le mous­tique-tigre ar­rive !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.