Al­fort­ville équipe les en­fants de bra­ce­lets

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Al­fort­ville (Val-de-Marne) ALEXANDRE ARLOT

LES HUMAINS ne sont pas les seuls à goû­ter le re­tour des fortes tem­pé­ra­tures. Les mous­tiques-tigres aus­si ! La me­nace que fait pla­ner cet in­secte ca­pable de trans­mettre la dengue ou le vi­rus Zi­ka est prise très au sé­rieux dans le Val-de-Marne, le seul dé­par­te­ment d’Ile-de-France où cet in­secte est consi­dé­ré comme « im­plan­té », d’après les au­to­ri­tés sa­ni­taires. Une ex­cep­tion qui pour­rait s’ex­pli­quer par la pré­sence de l’aé­ro­port d’Or­ly et du mar­ché de Run­gis, deux lieux qui drainent des voya­geurs et des pro­duits ve­nus du monde en­tier. A Al­fort­ville, le sé­na­teur-maire (PS) Luc Car­vou­nas a donc pris les de­vants : à comp­ter d’au­jourd’hui, un mil­lier de bra­ce­lets an­ti-mous­tique se­ront dis­tri­bués aux en­fants qui fré­quentent les ac­cueils de loi­sirs, à condi­tion que les pa­rents ac­ceptent.

« J’ai pris cette me­sure à titre de pré­cau­tion, in­siste l’élu. Je n’ai pas eu connais­sance de si­gna­le­ments de mous­tiques-tigres dans ma com­mune mais, en tant que maire, il est de mon de­voir de pro­té­ger les plus jeunes. J’es­père que ma dé­ci­sion fe­ra école. » Les mous­tiques-tigres étant « at­ti­rés par les cou­leurs fon­cées », le maire in­vite les pa­rents à ha­biller leurs en­fants avec des vê­te­ments aux teintes claires.

Les pa­rents ras­su­rés

Au centre de loi­sirs Victor-Hu­go, les pa­rents sa­luent l’ini­tia­tive. « J’ai trou­vé un mous­tique-tigre ce wee­kend sur mon bal­con, té­moigne An­to­ny, ve­nu cher­cher Noa, son fils de 5 ans. Il y a une mous­ti­quaire à la mai­son mais avec le bra­ce­let, il por­te­ra une pro­tec­tion sur lui toute la jour­née. » Les en­fants, eux, trouvent ce bra­ce­let orange et noir « jo­li ». « Le mous­tique, il n’aime pas le ci­tron ? » de­mande Vincent quand la res­pon­sable du centre lui ex­plique que le bra­ce­let contient de la ci­tron­nelle.

Si les en­fants ne s’in­quiètent pas, cer­tains adultes dé­couvrent par cette ini­tia­tive la pré­sence de l’in­secte dans le dé­par­te­ment. « Le bra­ce­let ras­sure les en­fants et les pa­rents… mais ça m’in­quiète aus­si un peu, confie Da­nièle en re­gar­dant sa pe­tite-fille Ael­lia, 4 ans. Ce mous­tique est plus dan­ge­reux que les autres. »

Face à ces craintes, la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale des ser­vices de l’en­vi­ron­ne­ment et de l’as­sai­nis­se­ment se veut pé­da­gogue. « Il n’y a au­cune rai­son pour que la psy­chose s’ins­talle, as­sure sa di­rec­trice Anne-So­phie Le­clère. Le mous­tique-tigre est consi­dé­ré comme im­plan­té dans le Valde-Marne car nous n’avons pas pu uti­li­ser cer­tains pro­duits pour l’éra­di­quer l’an pas­sé. Mais de­puis le 1er mai, nous n’avons ef­fec­tué ni re­çu au­cun si­gna­le­ment. Ce n’est pas parce qu’un in­secte est blanc et noir qu’il s’agit for­cé­ment d’un mous­tique-tigre. »

Anne-So­phie Le­clère dis­pense néan­moins quelques conseils pour lut­ter contre la pro­li­fé­ra­tion de ces pe­tites bêtes. « Il faut li­mi­ter les gîtes po­ten­tiels où l’eau stagne, ex­pli­quet-elle. La meilleure pré­cau­tion, c’est de re­tour­ner les sou­coupes de pots de fleur et de ne pas lais­ser traî­ner les ar­ro­soirs. »

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