Hom­mage à la fa­mille dé­ci­mée

AT­TEN­TAT. Trois mille per­sonnes se sont ras­sem­blées, hier à Bram (Aude), en mé­moire de Gi­sèle et Ger­main Lyon. Un couple qui a pé­ri, avec quatre membres de sa fa­mille, dans le car­nage du 14 Juillet à Nice.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Bram (Aude) De notre cor­res­pon­dant Clau­die Mé­jean, la maire de Bram CLAUDE MASSONNET

« NOTRE LI­BER­TÉ ne de­mande pas à être ven­gée mais à être ser­vie », a lan­cé, hier en fin d’après-mi­di, Clau­die Mé­jean, la maire de Bram, (Aude) de­vant trois mille per­sonnes re­grou­pées, émues et sou­vent en san­glots, pour rendre hom­mage à Gi­sèle et Ger­main Lyon, re­trai­tés très ap­pré­ciés et aus­si à leur belle-fa­mille. Vé­ro­nique, la com­pagne de Ch­ris­tophe — fils de Gi­sèle et de Ger­main — son fils, Mi­chaël, et ses pa­rents Ch­ris­tiane et Fran­çois, ori­gi­naires de Mo­selle, ont éga­le­ment été vic­times du ter­ro­riste au ca­mion. Une fa­mille dé­ci­mée ce fu­neste 14 Juillet sur la pro­me­nade des An­glais à Nice. Hier à 18 h 30, à Her­se­range (Mo­selle), un ras­sem­ble­ment si­mi­laire était or­ga­ni­sé, avec le même ca­li­cot noir bor­dé de tri­co­lore por­tant les six pré­noms des six vic­times. Mais aus­si le même mes­sage ré­di­gé par Ch­ris­tophe, unique sur­vi­vant de la tue­rie, Syl­vie et Ch­ris­tel, les autres en­fants de Gi­sèle et de Ger­main, lu à Bram comme en Mo­selle.

« Sa­chez qu’ici le temps s’est ar­rê­té le 14 juillet. Main­te­nant il va fal­loir vivre sans eux, sans ces êtres ir­rem­pla­çables », ont no­tam­ment écrit les trois en­fants res­tés à Nice. « Ils ont croi­sé la fo­lie meur­trière d’un bar­bare. Mais nous ne nous di­vi­sons pas. Ce qui nous guide, c’est l’amour de la vie », a ajou­té la maire, avant d’en­ta­mer une marche lente et si­len­cieuse, roses rouges ou blanches à la main, dans l es r ues de c e vi l l age de 3 000 per­sonnes.

A Bram, les élus, les amis, la foule, tous ont fait pas­ser un mes­sage de paix et de to­lé­rance. « Nous res­tons so­li­daires dans cette ter­rible épreuve e t s ur t o ut nous por­tons la pa­role et la pen­sée de Gi­sèle et de Ger­main. Pour eux, la haine ce­la n’exis­tait pas. I l s é t a i e nt t ol é - rants et pa­ci­fistes. C’est donc leur mes­sage que nous por­tons au­jourd’hui. Même si ce qui s’est pas­sé est in­juste », confie Claude Beau­jard, in­time du couple de­puis 1975 et ca­ma- rade mi­li­tant du PS. « Après la tra­gé­die du Ba­ta­clan, j’avais échan­gé avec Ger­main. Ja­mais il n’avait en­vi­sa­gé ni même seu­le­ment par­lé de ven­geance », pour­suit Claude au bord des larmes.

Ici tout le monde connais­sait et ap­pré­ciait ce couple très in­ves­ti dans la vie lo­cale, mi­li­tants po­li­tiques d’une to­tale dis­po­ni­bi­li­té pour les autres. « Tous deux étaient tou­jours prêts à ai­der, de jour comme de nuit. Je ne connais per­sonne qui puisse dire du mal de Ger­main comme de Gi­sèle », ajoute Emile Ros­si, an­cien col­lègue de tra­vail de Ger­main à la Di­rec­tion des routes de l’Equi­pe­ment. « On ai­me­rait tel­le­ment que les vo­lets de leur mai­son s’ouvrent à nou­veau, que ce soit juste un mau­vais rêve et qu’ils soient au­jourd’hui au mi­lieu de nous sou­riants, comme tou­jours », lance une ha­bi­tante alors que les amis de tou­jours, un par un, viennent dé­po­ser roses rouges et roses blanches sur le par­vis de la mai­rie avant de chan­ter « la Mar­seillaise ». Les ob­sèques de Gi­sèle et Ger­main, ce couple qui aime tant les autres, doivent se dé­rou­ler le 27 juillet. Après, tous de­vront ap­prendre à vivre sans eux.

« Ils ont croi­sé la fo­lie meur­trière d’un bar­bare. Mais nous ne nous di­vi­sons pas »

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