L’ef­fa­rant mo­bile de l’agres­seur

VIO­LENCE. L’homme, qui a bles­sé gra­ve­ment au cou­teau une tou­riste et ses trois filles dans un centre de va­cances, a évo­qué un geste dé­pla­cé du ma­ri et père des vic­times.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Gap (Hautes-Alpes) De notre cor­res­pon­dant SERGE PUEYO

UN GESTE DÉ­PLA­CÉ est-il à l’ori­gine de la vio­lente agres­sion au cou­teau contre une mère et ses trois filles âgées de 8, 12 et 13 ans, mar­di dans le vil­lage va­cances VVF de La­grand, à Garde-Co­lombe (Hautes-Alpes) ? C’est une des pistes étu­diées par les en­quê­teurs de la gen­dar­me­rie. « Le ma­ri et père des vic­times af­firme avoir croi­sé le sus­pect en train de quit­ter l es l i eux après l’agres­sion. Ce der­nier lui au­rait alors dé­cla­ré Tu n’au­rais pas dû faire ça de­vant ma femme, tout en re­pro­dui­sant le geste de se grat­ter au ni­veau de l ’ en­tre­jambe par- des­sus son short », ex­plique le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Gap, Ra­phaël Bal­land. Le ma­ri de la vic­time, en­ten­du, ne se sou­vient pas avoir eu un tel com­por­te­ment.

Dans tous les cas, pour le pro­cu­reur, « il est dif­fi­ci­le­ment com­pré­hen­sible qu’un tel geste puisse être à l’ori­gine d’une agres­sion aus­si grave ». Le ma­gis­trat a aus­si for­mel­le­ment dé­men­ti la ru­meur se­lon la­quelle l’agres­seur au­rait re­pro­ché à ses vic­times d’être trop lé­gè­re­ment vê­tues. « Au­cun té­moi­gnage, ni au­cune dé­cla­ra­tion ne per­met d’ap­por­ter du cré­dit à cette ru­meur », a-t-il in­sis­té.

Du­rant sa garde à vue, le sus­pect, Mo­ha­med B., 37 ans, de na­tio­na­li­té ma­ro­caine, s’est mon­tré peu lo­quace sur les mo­tifs de cette agres­sion. Il a d’abord ex­pli­qué ne pas se sou­ve­nir des faits. Puis a pré­ci­sé qu’il pré­fé­rait gar­der le si­lence, tout en af­fir­mant avoir des re­mords. Ce se­ra sans dou- te aux mé­de­cins de re­cher­cher les mo­ti­va­tions de Mo­ha­med B. « Cet in­di­vi­du m’a confié qu’il souf­fri­rait de dé­pres­sion, mais aus­si de schi­zo­phré­nie de­puis plu­sieurs an­nées », rap­porte le pro­cu­reur.

La piste ter­ro­riste n’est pas pri­vi­lé­giée

« Il (le sus­pect) a pré­ci­sé aux en­quê­teurs qu’il était en in­va­li­di­té de­puis 2009 pour des pro­blèmes psy­cho­lo­giques, voire psy­chia­triques, et qu’il sui­vait un trai­te­ment mé­di­cal qu’il a ar­rê­té de prendre de­puis en­vi­ron six mois. Cet élé­ment est évi­dem­ment im­por­tant pour ten­ter de com­prendre cette agres­sion », dé­taille en­core le pro­cu­reur.

La piste ter­ro­riste n’est pas pri­vi­lé­giée par les en­quê­teurs, même si l’homme a crié à trois re­prises Al­lah ak­bar dans les lo­caux de la gen­dar­me­rie, pour mar­quer son re­fus de voir pré­le­ver ses em­preintes. Cet in­ci­dent n’a pas conduit le par­quet an­ti­ter­ro­riste de Pa­ris à se sai­sir du dos­sier. Au­cun signe de ra­di­ca­li­sa­tion re­li­gieuse n’a en ef­fet été dé­cou­vert par les en­quê­teurs, no­tam­ment lors de la per­qui­si­tion du do­mi­cile du sus­pect à Li­may (Yve­lines). Mo­ha- med B. est un mu­sul­man pra­ti­quant. Sa femme est voi­lée. Il a dé­cla­ré que sa pra­tique de la re­li­gion était mo­dé­rée. Se­lon lui, « les at­ten­tats et Daech n’ont rien à voir avec l’is­lam, qui est une re­li­gion de paix ».

Ce père de deux en­fants af­firme en outre « ne pas sup­por­ter la vio­lence ». Le sus­pect connais­sait ces der­niers mois des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières en rai­son d’em­plois in­stables. Il de­vrait être mis en exa­men au­jourd’hui par un juge d’ins­truc­tion du pôle cri­mi­nel de Gre­noble pour « ten­ta­tive de meurtres ».

Garde-Co­lombe (Hautes-Alpes), mar­di. Le sus­pect, âgé de 37 ans et do­mi­ci­lié à Li­may (Yve­lines), a confié au pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Gap qu’il souf­fri­rait de dé­pres­sion, mais aus­si de schi­zo­phré­nie de­puis plu­sieurs an­nées.

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