Les phoques se pré­lassent en baie de Somme

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - CÉ­CILE GOSSELIN

C’EST L’ÉTÉ, pro­me­nade à Berck, en bord de mer. Der­rière le phare, au loin, vous aper­ce­vez une masse grise aux griffes longues de 5 cm et à la mous­tache four­nie. Pas de pa­nique, il s’agit bien d’un phoque, ani­mal dont la baie de Somme ac­cueille la plus grande co­lo­nie fran­çaise. De juin à oc­tobre, les phoques veaux ma­rins, re­con­nais­sables à leur pe­tite tête et à leur mu­seau ar­ron­di, ne cessent d’af­fluer sur le site. « Ils sont par­ti­cu­liè­re­ment dé­pen­dants des ma­rées, sou­ligne Pa­trick Haff­ner, mam­ma­lo­giste au Mu­séum na­tio­nal d’his­toire na­tu­relle. Lorsque la mer se re­tire, ils se servent des plages de sable comme re­po­soir. »

2 kg de pois­son par jour

Pen­dant la pé­riode es­ti­vale, plus de 300 in­di­vi­dus migrent et viennent gros­sir les rangs d’une po­pu­la­tion sé­den­taire qui compte dé­jà une cen­taine de membres. Ils en pro­fitent pour mettre bas sur des bancs de sable émer­gés, al­lai­ter, et muer, pour les plus jeunes. « Certes, le phoque est très peu à l’aise sur la terre ferme, re­prend notre ex­pert. En re­vanche, dans l’eau, son poil court et sa forme hy­dro­dy­na­mique font de lui un ex­cellent na­geur. Il chasse pen­dant de longues heures à ma­rée haute et en­glou­tit en moyenne 2 kg de pois­son par jour, ce qui n’est pas sans aga­cer les pê­cheurs de la ré­gion. »

De­puis 1986, l’as­so­cia­tion Pi­car­die na­ture suit de près sa po­pu­la­tion de phoques qui, après une qua­si-dis­pa­ri­tion dans les an­nées 1960, gran­dit au­jourd’hui, avec en- vi­ron 13 000 in­di­vi­dus en France. Par­mi ses mis­sions, un comp­tage ré­gu­lier, mais aus­si la pro­tec­tion des ani­maux, « sur­tout pen­dant la pé­riode d’af­fluence es­ti­vale », pré­cise Laë­ti­tia Du­puis, char­gée de mi s s i o n , « q u i n z e b é n é v o l e s veillent à ce que les cu­rieux res­pectent une dis­tance de sé­cu­ri­té de 300 m ». Car, con­trai­re­ment aux ap­pa­rences, le phoque est sau­vage. Un pas de trop, et il re­gagne les eaux pro­fondes de la Manche, al­lant jus­qu’à aban­don­ner ses pe­tits sur la plage.

Le che­val de Pr­ze­wals­ki

De juin à oc­tobre, les phoques veaux ma­rins, re­con­nais­sables à leur pe­tite tête et à leur mu­seau ar­ron­di, af­fluent dans la baie de Somme et consti­tuent la plus grande co­lo­nie fran­çaise.

Lorsque la mer se re­tire de la baie de Somme, les phoques se re­posent sur les plages de sable.

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