Va­can­ciers

CON­GÉS. Près de la moi­tié des Fran­çais sont des ré­ci­di­vistes. Ils re­partent au même en­droit d’une an­née sur l’autre. Une ma­nière très ras­su­rante de s’éva­der en gar­dant ses marques.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - VINCENT MONGAILLARD

ILS DES­CENDENT à la plage les yeux fer­més. Ils ont ré­ser­vé leur em­pla­ce­ment pour cet été au cam­ping dès qu’ils ont dé­mon­té leur tente et dit au re­voir au pa­tron, il y a un an. Ils tu­toient le ré­cep­tion­niste de l’hô­tel. A l’heure d’une nou­velle vague de dé­parts ce week-end, des mil­lions d’es­ti­vants ont dé­ci­dé de fi­ler bron­zer au même en­droit que l’an­née der­nière, qu’il y a deux ans, trois ans, cinq ans, dix ans… Et même qua­rante ans pour les clones du cam­peur Claude Bras­seur (alias Ja­cky Pic), in­con­di­tion­nel des Flots bleus dans « Cam­ping 3 ».

Se­lon un son­dage de l’ins­ti­tut YouGov pour Airbnb en 2015, 37 % des Fran­çais s’ap­prê­taient à par­tir là même où ils se do­raient la pi­lule l’an­née pré­cé­dente. Pas moins de 45 % confiaient avoir dé­jà vi­si­té le même lieu « cinq fois ou plus par le pas­sé ». Di­dier Ari­no, à la tête du ca­bi­net d’études Pro­tou­risme, n’est pas sur­pris par ce phé­no­mène.

Re­créer une deuxième mai­son

« On a 20 % de va­can­ciers qui dis­posent d’une mai­son de fa­mille ou d’une ré­si­dence se­con­daire qu’il faut bien amor­tir, et en­vi­ron un quart des clients de l’hé­ber­ge­ment mar­chand qui re­tournent plu­sieurs sai­sons dans le même éta­blis­se­ment », dé­crypte l’ex­pert. Une réa­li­té à mille lieues des pro­messes des grandes éva­sions. « Théo­ri­que­ment, le voyage, c’est le dé­pay­se­ment. Mais, en fait, la plu­part des tou­ristes fonc­tionnent par ha­bi­tude. Ils ont be­soin de re­créer leur quo­ti­dien dans une sorte de deuxième mai­son », pour­suit-il.

Cette fi­dé­li­té n’est pas l’apa­nage des se­niors. Les jeunes, aus­si, aiment s’échap­per en ter­rain connu. « Les en­fants sont ve­nus au cam­ping avec leurs pa­rents. Adultes, ils re­viennent avec leur propre pro­gé­ni­ture. Avec une cer­taine nos­tal­gie, ils sou­haitent lui faire pro­fi­ter de leurs sou­ve­nirs, là où se trouvent leurs ra­cines », ana­lyse Guyl­hem Fé­raud, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale de l’hô­tel­le­rie de plein air. « Les ha­bi­tués sont fiers d’être connus et re­con­nus. Car, dans le tou­risme, on dit qu’il faut va­lo­ri­ser à la fois l’éco, c’est-à-dire les ta­rifs, et l’ego », conclut Di­dier Ari­no. le­pa­ri­sien.fr Gé­rard in­vite pour l’apé­ri­tif dans le même cam­ping de­puis 43 ans

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