« On nous doit des ex­pli­ca­tions franches »

Ch­ris­tian Es­tro­si,

Aujourd'hui en France - - TERRORISME - Pro­pos re­cueillis par TIMOTHÉE BOU­TRY ET HEN­RI VERNET

LE PRÉ­SIDENT (LR) du conseil ré­gio­nal Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur et 1er ad­joint à la mai­rie de Nice, Ch­ris­tian Es­tro­si, ré­agit à la po­lé­mique sur la sé­cu­ri­sa­tion de la pro­me­nade des An­glais le soir du 14 Juillet. Es­ti­mez-vous que l’Etat cherche à ca­cher la vé­ri­té ? CH­RIS­TIAN ES­TRO­SI. Jus­qu’à ce jour, oui. L’Etat est res­pon­sable de la sé­cu­ri­té pu­blique. Les dé­faillances ont été ma­ni­festes dans la pré­pa­ra­tion. La pré­fec­ture nous doit des ex­pli­ca­tions franches. La mai­rie a pour­tant été as­so­ciée à la pré­pa­ra­tion du dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té ? Oui, au même titre que le Sa­mu, les pom­piers ou la po­lice. Mais nous n’avons rien va­li­dé. La pré­fec­ture nous a fait part des mis­sions qui étaient les nôtres. Mais on ne nous a com­mu­ni­qué ni le dis­po­si­tif glo­bal, ni les ef­fec­tifs, ni l’état de la me­nace. Mon seul sou­ci était d’ob­te­nir les mêmes ga­ran­ties que pour l’Eu­ro et on m’a as­su­ré que ce se­rait le cas, no­tam­ment au ni­veau des fouilles. Lors d’une réu­nion pré­pa­ra­toire, il a pour­tant été ac­quis que, faute d’ef­fec­tifs suf­fi­sants, les fouilles sys­té­ma­tiques n’étaient pas pré­vues… Le pré­fet nous avait pro­mis des fouilles aléa­toires or elles n’ont pas été ef­fec­tuées. Il a men­ti. Qu’en est-il au ni­veau des ef­fec­tifs ? Le mi­nistre de l’In­té­rieur Ber­nard Ca­ze­neuve a as­su­ré que 64 po­li­ciers na­tio­naux étaient pré­sents sur la Pro­me­nade au mo­ment des faits. Or, ce ma­tin (NDLR : hier ma­tin), le pré­fet ne parle que de 39 po­li­ciers sur zone. Comment ex­pli­quer une telle dif­fé­rence ? Le Pre­mier mi­nistre et le mi­nistre de l’In­té­rieur ont par ailleurs as­su­ré que la po­lice as­su­rait le contrôle de l’ac­cès à la Pro­me­nade. Or on dé­couvre au­jourd’hui qu’ils ont men­ti puisque les pre­miers po­li­ciers na­tio­naux ne se si­tuaient qu’à 400 m du dé­but de la zone pié­tonne. Je me de­mande aus­si comment ce ca­mion a pu fa­ci­le­ment cir­cu­ler alors que c’était in­ter­dit. Comment ex­pli­quez-vous que les ca­mé­ras de sur­veillance de la ville n’aient pas dé­tec­té ce ca­mion lors de leurs re­pé­rages ? Elles ont per­mis de faire avan­cer l’en­quête, mais, en ma­tière de ter­ro­risme, il faut ad­mettre que les ca­mé­ras ne sont pas la ré­ponse à tout. Du moins en l’état ac­tuel des choses, puisque, si on nous avait au­to­ri­sés à uti­li­ser notre lo­gi­ciel de re­con­nais­sance fa­cial, il en au­rait peu­têtre été au­tre­ment. C’est-à-dire ? On se se­rait ren­du compte que le conduc­teur du ca­mion avait été condam­né à six mois de pri­son avec sur­sis pour vio­lence et qu’il fi­gu­rait sur le fi­chier des in­frac­tions consta­tées Stic (NDLR : le Stic n’existe plus sous cette ap­pel­la­tion).

« Le pré­fet nous avait pro­mis des fouilles aléa­toires, il a men­ti »

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