Les ou­vriers de PSA au chô­mage par­tiel à cause du Brexit

AU­TO­MO­BILE. Crai­gnant une baisse des com­mandes outre-Manche, le site de Pois­sy ces­se­ra par­tiel­le­ment son ac­ti­vi­té à la ren­trée.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Pois­sy (Yve­lines) HENDRIK DELAIRE

LE BREXIT pour­rait-il en­traî­ner une baisse de com­mandes dans l’in­dus­trie au­to­mo­bile fran­çaise ? C’est en tout cas ce qu’a avan­cé la di­rec­tion de l’usine PSA de Pois­sy au mo­ment d’an­non­cer à 3 000 ou­vriers qu’ils se­ront mis au chô­mage tech­nique quatre jours, en sep­tembre.

« La sai­son­na­li­té des ventes, le be­soin d’ajus­ter les stocks à la fin de l’an­née et les ef­fets im­mé­diats que le Brexit pour­rait avoir sur le mar­ché nous ont ame­nés à re­con­si­dé­rer les pro­grammes de pro­duc­tion pré­vus dès ce mois de juillet », af­firme la di­rec­tion, qui rap­pe­lait, en juin, lors du ré­fé­ren­dum sur la sor­tie ou non du Royaume-Uni de l’Union eu­ro­péenne, que le mar­ché au­to­mo­bile bri­tan­nique re­pré­sente 8,5 % de parts de mar­ché du groupe. Par­mi les 1 100 vé­hi­cules pro­duits chaque jour à Pois­sy, 190 DS3 sont équi­pées de la conduite à droite tout spé­cia­le­ment pour la Grande-Bre­tagne.

Une ex­pli­ca­tion qui ne convainc pas les syn­di­cats. « Nous sommes plus que sur­pris que, moins d’un mois après le Brexit, le ré­sul­tat du ré­fé­ren­dum bri­tan­nique puisse avoir de telles consé­quences aus­si ra­pides. Londres n’a même pas of­fi­ciel­le­ment ou­vert les né­go­cia­tions de sa sor­tie de l’Union eu­ro­péenne, qui ne se­ra pas ef­fec­tive avant le 1er jan­vier 2019. Le Brexit a bon dos ! » ré­agit Bra­him Aït-Ath­mane, dé­lé­gué FO, sur le site de Pois­sy. Se­lon le syn­di­ca­liste, la di­rec­tion cher­che­rait à ajus­ter sa pro­duc­tion et à di­mi­nuer ses stocks avant de pas­ser de­vant ses ac­tion­naires. Un scep­ti­cisme que par­tagent les ou­vriers croi­sés à la sor­tie de l’usine ce jeu­di, à la veille des trois se­maines de fer­me­ture an­nuelle des chaînes de pro­duc­tion.

Une perte de 50 € à 100 € pour les sa­la­riés en sep­tembre

« Je pense que la di­rec­tion en ra­joute, car on ne pro­duit pas que pour le Royaume- Uni » , as­sène Ka­rim, ou­vrier de­puis quinze ans à Pois­sy. « Ce n’est pas très co­hé­rent : comment le Brexit pour­rait-il avoir un im­pact sur des com­mandes pas­sées avant qu’il ait eu lieu ? » ren­ché­rit un autre ou­vrier. « Ils nous ont fait bos­ser comme des fous en jan­vier, en ajou­tant des sa­me­dis tra­vaillés, et là, ils vont nous mettre au chô­mage tech­nique », cri­tique Ke­vin.

De­puis 2013, un ac­cord d’en­tre­prise per­met aux ou­vriers de tou­cher leurs sa­laires lors de cinq jours chô­més par an, mais au-de­là, ce­la se tra­duit par une perte de sa­laire. « Ce­la de­vrait re­pré­sen­ter une perte de 50 à 100 € en sep­tembre », es­time Bra­him Aït-Ath­mane.

Ces jours chô­més passent d’au­tant plus mal que les com­mandes du construc­teur dé­passent les pré­vi­sions les plus op­ti­mistes. « En 2014, la di­rec­tion du site PSA de Pois­sy t a b l a i t s ur une pr o duct i o n de 174 000 vé­hi­cules pour cette an­née. Elle de­vrait dé­pas­ser les 235 000 vé­hi­cules d’ici au 31 dé­cembre », se­lon le dé­lé­gué FO.

Pois­sy (Yve­lines), hier. Les ou­vriers de PSA se sont mon­trés scep­tiques face aux ex­pli­ca­tions de la di­rec­tion con­cer­nant le chô­mage par­tiel pré­vu en sep­tembre.

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