L’au­top­sie éloigne l’hy­po­thèse de coups

MORT D’ADA­MA TRAO­RÉ. Se­lon les lé­gistes, le jeune homme de 24 ans dé­cé­dé mar­di après son in­ter­pel­la­tion par les gen­darmes souf­frait d’une in­fec­tion très grave.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Beau­mont-sur-Oise (Val-d’Oise) Ma­ma Trao­ré, la soeur d’Ada­ma FRÉ­DÉ­RIC NAIZOT ET AN­THO­NY LIEURES

APRÈS DEUX NUITS d’émeutes à Beau­mont-sur-Oise (Val-d’Oise), à la suite de la mort d’Ada­ma Trao­ré, dé­cé­dé le jour de ses 24 ans dans une voi­ture de la gen­dar­mer i e, l es pre­miers r ésul­tats de l’au­top­sie de la vic­time étaient très at­ten­dus dans le quar­tier de Boyen­val. Un quar­tier où les jeunes dé­non­çaient « une ba­vure », c e r t a i n s q u ’ A d a ma a v a i t é t é « frap­pé à mort » par les mi­li­taires.

L’exa­men pra­ti­qué hier ma­tin à Garches (Hauts-de-Seine) pa­raît écar­ter l’hy­po­thèse de vio­lences de la part des gen­darmes, lors du tra­jet entre le lieu d’in­ter­pel­la­tion d’Ada­ma Trao­ré et la gen­dar­me­rie. « Le mé­de­cin lé­giste n’a re­le­vé au­cune trace de vio­lence de na­ture à en­trer dans le phé­no­mène du dé­cès », in­dique le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Pon­toise, Yves Jan­nier, qui évoque « des égra­ti­gnures ». Se­lon lui, « la vic­time pré­sen­tait une in­fec­tion mas­sive tou­chant plu­sieurs or­ganes. La juge d’ins­truc­tion a or­don­né une ex­per­tise bac­té­rio­lo­gique et toxi­co­lo­gique pour connaître la na­ture exacte de cette in­fec­tion ». Le pro­cu­reur a éga­le­ment as­su­ré : « Nous n’avons rien à ca­cher. Il n’y a pas à mettre en doute le tra­vail des lé­gistes. »

Des ex­pli­ca­tions qui n’ont pas convain­cu la fa­mille d’Ada­ma. « Dix mi­nutes avant son in­ter­pel­la­tion, il fai­sait du vé­lo. La veille, il fai­sait du foot avec des co­pains. Pour quel­qu’un qui se­rait mort d’une in­fec­tion, on trouve ce­la bi­zarre… », ré­agit Ma­ma Trao­ré, la soeur d’Ada­ma. « On ne peut pas croire à cette hy­po­thèse. Mais on at­tend l es ré­sul­tats dé­fi­ni­tifs. Quoi­qu’il ar­rive, on de­man­de­ra très pro­ba­ble­ment une contre-ex­per­tise in­dé­pen­dante. » Elle ajoute avoir vu le corps ce ma­tin et re­mar­qué « des marques, des choses bi­zarres au ni­veau de la tête ».

« Il s’agit seule­ment d’un pre­mier avis du mé­de­cin lé­giste », re­la­ti­vise éga­le­ment l’avo­cat de la fa­mille, Me Fré­dé­ric Za­jac. « L’ex­pert at­tend le ré­sul­tat des ana­lyses com­plé­men­taires pour don­ner un avis dé­fi­ni­tif et dé­ter­mi­ner alors les causes de la mort. »

Ces pre­miers ré­sul­tats se­ront-ils de na­ture à ra­me­ner le calme à Beau­mont, Per­san et Bruyères, trois com­munes tou­chées par les vio­lences ur­baines ? Dans la nuit de mer­cre­di à jeu­di, des émeu­tiers ont ten­té d’in­cen­dier la mai­rie de Beau­mont et une école ma­ter­nelle. Une quin­zaine de vé­hi­cules, dont un uti­li­taire de la po­lice mu­ni­ci­pale de Per­san, ont brû­lé, ain­si que des di­zaines de pou­belles. Neuf per s onnes ont été in­ter­pel­lées pour avoir af­fron­té les forces de l’ordre. La veille, cinq gen­darmes et un po­li­cier avaient été bles­sés par des tirs de plomb. Le dis­po­si­tif de main­tien de l’ordre mis en place mer­cre­di soir (180 gen- darmes et po­li­ciers) a été re­con­duit pour la soi­rée de jeu­di à Beau­mont et Per­san.

« Cette rage, cette haine, ce­la des­sert Ada­ma et toute sa fa­mille. De­main, on ap­pelle à une marche si­len­cieuse. Et ceux qui veulent ve­nir pour cas­ser, nous leur de­man­dons de res­ter chez eux », p o u r s u i t Ma­ma. Une marc h e « pa­ci­fiste » qui pour­rait avoir lieu à 17 heures à Beau­mont.

« On de­man­de­ra très pro­ba­ble­ment une contreex­per­tise in­dé­pen­dante »

le­pa­ri­sien.fr Beau­mont-sur-Oise : nou­velle nuit de vio­lences

Beau­mont-sur-Oise (Val-d’Oise), la nuit de mer­cre­di à jeu­di. Une quin­zaine de vé­hi­cules et des pou­belles ont brû­lé dans des émeutes.

Ada­ma Trao­ré avait 24 ans. Sa fa­mille ne croit pas à l’hy­po­thèse du lé­giste.

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