Gueules cas­sées

Aujourd'hui en France - - SPORTS - TEXTES : LI.C., O.F. ET D.O. PHO­TOS : MAT­THIEU DE MAR­TI­GNAC

pas. Il faut le faire. C’est même pas si mal, presque mieux que des étapes de mon­tagne. Mon Tour ? Je le juge plu­tôt pas trop mal. En tout cas, j’ai pris beau­coup beau­coup de plai­sir. Bien sûr, il y a eu cette deuxième place à Li­moges, où ça s’est joué à rien ( NDLR : moins de 3 cm lors de la 4e étape), mais j’ai éva­cué ra­pi­de­ment la frus­tra­tion. Notre ob­jec­tif, main­te­nant, c’est les Champs ( NDLR : il a fi­ni 2e en 2015). On y pense beau­coup. On va vrai­ment tout faire pour y par­ve­nir. C’est cet es­poir qui nous fait te­nir. Il nous reste une chance. En at­ten­dant, la mon­tagne pour nous autres sprin­teurs, c’est une bonne ga­lère ! » To­ny Gal­lo­pin (Lot­to Sou­dal), 84e, à 2 h 27’’35’’ « J’avais à coeur de me ras­su­rer dans une bosse qui me convient et ça a été le cas. Je ne vais pas dire que mon Tour est fi­ni mais j’ai la tête ailleurs, à la Clas­sique de Saint-Sé­bas­tien ( NDLR : qu’il a ga­gnée en 2013) main­te­nant. C’est dans dix jours. Quand on axe sa deuxième par­tie de sai­son sur le Tour et que ça ne se passe pas comme on veut… J’ai vou­lu abor­der le Tour dif­fé­rem­ment, de fa­çon tac­tique. Ce n’est peut-être pas ce qui me cor­res­pond le mieux. Je vais ti­rer les en­sei­gne­ments de tout ce­la.

A n’im­porte quel âge, on ap­prend tou­jours dans le cy­clisme. J’étais échap­pé hier en­core ( mer­cre­di), j’ai dé­pen­sé beau­coup d’éner­gie et je ne suis pas en réus­site. Je ne fais pas le Tour dont j’au­rais rê­vé, c’est sûr. Mais c’est comme ça, il faut être phi­lo­sophe et faire avec. » Pierre Rol­land (Can­non­dale), 16e, à 22’51’’ « J’ai­me­rais ap­puyer sur re­play et re­com­men­cer tout de­puis l’étape du Tour­ma­let ( NDLR : il s’est râ­pé le cô­té gauche du corps en fi­nis­sant dans un mur dans la des­cente du col de Pey­re­sourde à cause d’une cre­vai­son). Mais je ne peux pas. C’est comme ça, c’est le cy­clisme. Je ne sais pas ce que ça au­rait don­né sans ça. Après, ça a été dur, sur­tout men­ta­le­ment. Il faut par­ve­nir à sur­mon­ter la dou­leur phy­sique et ce n’est pas fa­cile d’être à fond dans ces condi­tions. Au­jourd’hui en­core ( NDLR : hier lors du chro­no ter­mi- né à la 34e place, à 2’27’’ de Froome), j’ai fait comme j’ai pu.

Un peu comme tous les jours. Je vais es­sayer de fi­nir du mieux pos­sible lors des deux der­nières étapes de mon­tagne. Je vais me don­ner à 100 %. De­main ( au­jourd’hui), on va par­tir au pied d’une côte et ça va être dif­fi­cile. La jour­née s’an­nonce ani­mée. Je vais es­sayer de suivre et, si je le peux, me glis­ser dans une échap­pée. Je ne re­pré­sente au­cun dan­ger donc peut-être que je pour­rai sor­tir. En plus, on entre sur des par­cours que je connais par coeur. Mais tout le monde est comme moi et veut ga­gner son étape. Si ça ne fonc­tionne pas, j’au­rai une séance de rat­tra­page lors de la Vuel­ta en sep­tembre. »

« Quand ça ne se passe pas comme on veut... » « Sur­mon­ter la dou­leur » « C’est dur pour tout le monde » « Ça ne va pas mais je ne lâche rien »

J ul i a n Al a phi l i ppe ( Et i x x ) , 49e, à 1 h 40’28” « C’est mon pre­mier Tour, je dé­couvre, j’ap­prends. Je roule un peu comme s’il n’y avait ja­mais de len­de­main. C’est dur pour tout le monde, mais je prends du plai­sir mal­gré la dou­leur. Tous les jours, je donne tout ce que j’ai et je fi­nis épui­sé. Je ne sais pas trop où ça va me me­ner mais j’en pro­fite, je suis content. » War­ren Bar­guil (Giant), 20e, à 35’54’’ « Ce n’est vrai­ment pas le Tour idéal. Je ne suis pas à 100 %. J’en suis même loin. J’ai es­sayé de bien tra­vailler sur le contre-la-montre en gar­dant des forces pour les deux der­nières étapes de mon­tagne. Je vais es­sayer de me glis­ser dans une échap­pée pour ten­ter d’en ga­gner une. Je ne veux pas ar­ri­ver à Pa­ris avec des re­grets. Ce n’est pas une ex­cuse, mais ma chute ( NDLR : avant-hier lors de l’étape Berne - Fin­haut-Emos­son en Suisse) n’a pas ar­ran­gé les choses. Je n’ai pas bien dor­mi après, même s’il n’y a rien de grave, rien de cas­sé et que ça au­rait pu être pire. C’est trop bête. J’ai eu un simple mo­ment d’in­at­ten­tion et j’ai ac­cro­ché la roue ar­rière du cou­reur qui me pré­cé­dait… C’est sans doute la fa­tigue ac­cu­mu­lée. Ça ne va pas mais je ne lâche rien. Des fois, il ne manque pas grand-chose pour que ça marche, pour par­ve­nir à re­lan­cer la ma­chine. Mon seul ob­jec­tif main­te­nant, c’est d’es­sayer, en­core et en­core. Je veux y croire. »

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