Le che­val de Pr­ze­wals­ki, sur­vi­vant de la pré­his­toire

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - MÉ­LA­NIE CORBIER

UNE PE­TITE cri­nière noire à l’iro­quoise dé­passe d’un arbre. Jo­lie robe isa­belle, forte en­co­lure, longues oreilles : il s’agit bien d’un che­val de Pr­ze­wals­ki, sur les terres d’An­don, dans les Alpes-Maritimes. La ré­serve bio­lo­gique des monts d’Azur y ac­cueille 24 de ces équi­dés me­na­cés.

Dis­pa­rus de la vie sau­vage en 1969, quelques ani­maux re­tournent pro­gres­si­ve­ment à leur état na­tu­rel grâce au tra­vail d’as­so­cia­tions ou d’en­droits comme cette ré­serve du sud de la France. Avant de faire par­tie des es­pèces en dan­ger, ce che­val ré­gnait sur l’Eu­rope en­tière. Plus de 600 fresques pré­his­to­riques (da­tées de - 30 000 à - 9 000 ans avant J.-C.) le re­pré­sen­tant ont d’ailleurs été re­trou­vées dans les grottes fran­çaises, es­pa­gnoles et ita­liennes. Quant à son nom, il le doit au co­lo­nel Ni­co­laï Pr­ze­wals­ki, ex­plo­ra­teur russe qui a dé­cou­vert son exis­tence en 1879.

Il ose dé­fier le bi­son, deux fois plus lourd que lui

Vous pou­vez les voir à une di­zaine de mètres dans ces plaines ver­doyantes, gri­gno­tant quelques fruits et gra­mi­nées ou ruant et ca­brant à tout-va. Si la ru­meur les dit exé­crables, à mordre ou à bot­ter pour un rien, ce n’est pas l’avis de Pa­trice Lon­gour, vé­té­ri­naire sur le site et spé­cia­liste de la faune sau­vage : « Il est trop tôt pour éta­blir un com­por­te­ment spé­ci­fique au Pr- ze­wals­ki. On n’a pas le re­cul né­ces­saire. Ils ont long­temps été en cap­ti­vi­té. De ce fait, il connaît l’homme, il sait qu’il n’est pas dan­ge­reux. Il a des ré­ac­tions plus vio­lentes dans les si­tua­tions de concur­rence avec les autres ani­maux. » Ja­mais ap­pri­voi­sé par les bi­pèdes, l’ani­mal ose dé­fier le bi­son, deux fois plus lourd que lui…

Au­jourd’hui, ce che­val ap­prend pe­tit à pe­tit à se ré­adap­ter à la vie en pleine na­ture. L’équipe de la ré­serve n’in­ter­vient que dans les si­tua­tions cri­tiques, comme lors des af­fron­te­ments pour la place de chef. Cer­tains in­di­vi­dus sont bles­sés, voire perdent la vie.

Au fil des an­nées, Pa­trice a vu évo­luer ses pen­sion­naires. « Ils se construisent, ils ap­prennent la hié­rar­chie. De temps en temps, ils co­pient les bi­sons. Une an­née, ils se sont es­sayés aux écorces et ai­guilles de pins, ré­gime des géants her­bi­vores. Et, pour la pre­mière fois de­puis dix ans, ils osent se bai­gner. Là en- core, ils imitent leurs congé­nères qui vont man­ger les plantes aqua­tiques », se ré­jouit le vé­té­ri­naire.

Le mou­flon

An­don (Alpes-Maritimes). Les che­vaux de Pr­ze­wals­ki existent de­puis la pré­his­toire. Au­jourd’hui vingt-quatre d’entre eux se ré­adaptent peu à peu à la vie sau­vage dans la ré­serve bio­lo­gique des monts d’Azur.

An­don (Alpes-Maritimes). Avant de faire par­tie des es­pèces me­na­cées, les che­vaux de Pr­ze­wals­ki peu­plaient toute l’Eu­rope.

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