Et main­te­nant, Trump veut sé­duire les mi­no­ri­tés

ÉTATS-UNIS. In­ves­ti par les dé­lé­gués ré­pu­bli­cains à la conven­tion de Cle­ve­land, le pro­vo­cant mil­liar­daire mo­di­fie sa stra­té­gie de cam­pagne. Ob­jec­tif : mordre sur l’élec­to­rat dé­mo­crate de son ad­ver­saire Hilla­ry Clin­ton.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Do­nald Trump TEXTES : JAN­NICK ALIMI

Dans un dis­cours par­fai­te­ment char­pen­té, le sep­tua­gé­naire s’est d’abord adres­sé aux « ou­bliés de la na­tion », le socle de son élec­to­rat, les vic­times de la dés­in­dus­tria­li­sa­tion, de la mon­dia­li­sa­tion et de la crise de 2008. Trump re­donne la pa­role à cette Amé­rique qui l’a per­due. Sé­cu­ri­té, crise so­ciale, pau­vre­té, dettes… Dé­ployant toute la tech­nique qui l’a me­né à la vic­toire, il a su trou­ver les mots pour à la fois ras­sé­ré­ner les riches, faire es­pé­rer les pauvres, ras­su­rer les pa­ci­fistes et don­ner rai­son aux « fau­cons ». Il a aus­si stig­ma­ti­sé sa concur­rente dé­mo­crate — qui le se­ra of­fi­ciel­le­ment lors de la conven­tion dé­mo­crate qui s’ouvre lun­di à Phi­la­del­phie — Hilla­ry Clin­ton et son bi­lan comme se­cré­taire d’Etat dans le gou­ver­ne­ment de Ba­rack Oba­ma, qui se ré­su­me­rait se­lon lui à « la mort, la des­truc­tion, le ter­ro­risme et la fai­blesse ».

Mais la conven­tion de Cle­ve­land marque aus­si un tour­nant dans la cam­pagne. Conseillé par ses en­fants, son gendre et Paul Ma­na­fort, le spin doc­tor — sor­cier de la com — de plu­sieurs pré­si­dents ré­pu­bli­cains, Trump s’est tour­né spé­ci­fi­que­ment vers les mi­no­ri­tés, chas­sant ain­si sur les terres élec­to­rales de Clin­ton. Les femmes, aux­quelles sa fille Ivan­ka a adres­sé un long mes­sage, les juifs (la dé­fense d’Is­raël est une prio­ri­té), les Afro-Amé­ri­cains et même les La­ti­nos, pour­tant la cible pré­fé­rée du can­di­dat. Hier, dans les rues de Cle­ve­land, des ma­ni­fes­tants dé­mo­crates vou­laient gar­der es­poir. « Le choc Trump pro­vo­que­ra peut-être une ré­ac­tion très forte en fa­veur de notre can­di­date », sou­pire Jan.

« Per­sonne mieux que moi ne connaît le sys­tème. Je suis le seul à pou­voir le ré­pa­rer »

Comme ja­mais, l’élec­tion de 2016 met­tra bien face à face deux Amé­riques. Au pro­tec­tion­nisme de Trump ré­pond le smic pour tous de Clin­ton, à l’ordre et la loi de l’un, la to­lé­rance de l’autre, à la lutte contre les ap­pa­reils de Do­nald, l’ex­pé­rience d’Hilla­ry. Les se­maines à ve­nir di­ront quelle Amé­rique l’em­por­te­ra. Celle qui s’achève se ferme par la consé­cra­tion, pro­ba­ble­ment his­to­rique, du mil­liar­daire pro­vo­ca­teur. Mal­gré les ré­ti­cences de son par­ti qui, au risque de se sa­bor­der, ne peut que le sou­te­nir et le fi­nan­cer. Mal­gré aus­si le pla­giat mal­en­con­treux du dis­cours de son épouse, Me­la­nia, co­pié sur ce­lui de Mi­chelle Oba­ma en 2008. « Mais qui s’en sou­vien­dra de­main ? » sou­rit un dé­lé­gué à la conven­tion. Les Amé­ri­cains re­tiennent leur souffle. @Jan­ni­ckA­li­mi1

Cle­ve­land (Etats-Unis), hier. Do­nald Trump a en­dos­sé son cos­tume de ras­sem­bleur de tous les Amé­ri­cains, les pauvres et les puis­sants, les pa­ci­fistes et les « fau­cons », les Afro-Amé­ri­cains et les La­ti­nos.

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