A la conquête de l’Amé­rique

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Los An­geles (Etats-Unis) De notre en­voyé spé­cial YVES LEROY

« PEN­SEZ à faire des pho­tos avec les fans. » Aux Etats-Unis, le PSG est en pleine opé­ra­tion sé­duc­tion, à l’image de ce mes­sage ré­pé­té aux joueurs par les di­ri­geants de­puis leur ar­ri­vée à Los An­geles, jeu­di. La tour­née Pa­ris Loves US est la troi­sième sur le sol amé­ri­cain de­puis 2012. Les 4 à 5 M€ de re­ve­nus de l’In­ter­na­tio­nal Cham­pions Cup sont une mo­ti­va­tion son­nante et tré­bu­chante pour ce voyage. Les pers­pec­tives de dé­ve­lop­pe­ment du club sur ce ter­ri­toire au fort pou­voir d’achat qui dé­couvre le football sont au moins aus­si ca­pi­tales. Jus­qu’ici le PSG s’adresse à une com­mu- nau­té res­treinte aux Etats-Unis. De­vant le Ritz-Carl­ton Ma­ri­na Del Rey, les quelques sup­por­teurs qui font le pied de grue sont presque tous des Fran­çais, le plus sou­vent ex­pa­triés et dans un pro­fil très ca­li­for­nien : agent d’ar­tiste, bu­si­ness­man, etc. Jeu­di, l’un d’eux hé­lait les joueurs, dé­bar­deur et muscles bron­zés saillants, avant de re­par­tir au vo­lant de sa grosse Mus­tang dé­ca­po­table.

Le fré­mis­se­ment est réel

Cô­té amé­ri­cain, la cible est res­treinte mais nour­rit un pa­ra­doxe. Dans le lob­by de l’hô­tel, la star de la NBA Ste­phen Cur­ry ac­ca­pare l’im­mense écran de TV. La ré­cep­tion­niste s’aide dis­crè­te­ment des pho­tos sur son or- di­na­teur pour ten­ter de re­con­naître et d’ac­cueillir au mieux les joueurs du PSG. Seul un des em­ployés, un Al­gé­rien qui a étu­dié à Pa­ris, semble réel­le­ment pas­sion­né et tré­pigne à l’évo­ca­tion des stars. Même calme à la Loyo­la Ma­ry­mount Uni­ver­si­ty où le PSG bé­né­fi­cie d’une paix royale. « Le PSG ? Non, je ne connais pas, s’ex­cuse une jeune femme blonde, très af­fû­tée, croi­sée sur le cam­pus. Je sais juste qu’une équipe fran­çaise de soc­cer vient ici. Ce n’est pas que ça ne m’in­té­resse pas, mais je suis prof de ten­nis… »

Pour­tant, le fré­mis­se­ment est réel et le PSG veut être là le jour où il se trans­for­me­ra en ex­plo­sion. Même loin, très loin, de la folie po­pu­laire et des mon­tants ver­ti­gi­neux que re­pré­sentent le football amé­ri­cain, le bas­ket ou le base-ball, le foot est dé­jà un mar­ché. L’af­fluence moyenne de la Ma­jor League Soc­cer (MLS) dé­passe d é s o r mai s c e l l e d e la Ligue 1 (21 500 spec­ta­teurs par match en 2015). Et mal­gré son re­la­tif ano­ny­mat, le PSG tire dé­jà du mar­ché amé­ri­cain ses plus larges re­ve­nus de ventes de maillots et de pro­duits dé­ri­vés, hors France.

« Les Amé­ri­cains aiment avant tout le sport, ils voient ça comme un show, dé­crypte Clé­ment Diop, le gar­dien fran­çais des Los An­geles Galaxy. Le bas­ket et le football amé­ri­cain sont tel­le­ment gros qu’il reste moins de place pour le foot. Les gens connaissent sou­vent de nom les grandes équipes, mais ça ne va pas par­ti­cu­liè­re­ment les in­té­res­ser. Pour le PSG, c’est sur­tout Beckham qui vient à l’es­prit des gens. » La star an­glaise, sa­crée cham­pion de France 2013 avec Pa­ris, a ga­gné trois titres MLS sous les cou­leurs de Los An­geles. Dans ce contexte, le PSG mul­ti­plie les ini­tia­tives tout au long de son sé­jour amé­ri­cain : ou­ver­ture d’une bou­tique éphé­mère entre Be­ver­ly Hills et Hol­ly­wood, ren­contre avec les sup­por­teurs, stages pour en­fants… Le club s’es­time « dans la course » face aux autres ca­dors eu­ro­péens qui, eux aus­si, font des EtatsU­nis leur pro­chaine Terre pro­mise.

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