Quai d’Or­say : le « Rou­tard » du dan­ger

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - A.D.

PRU­DENCE est mère de sû­re­té. Sur­tout en ces temps trou­blés. Pour in­for­mer les Fran­çais qui se dé­placent à l’étran­ger, le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères tient à jour une carte de « conseils aux voya­geurs »* sur In­ter­net. Le monde ap­pa­raît ré­per­to­rié en quatre cou­leurs (vert, jaune, orange, rouge) qui per­mettent à cha­cun de sa­voir où il met les pieds. Risques sé­cu­ri­taires, sis­miques, cli­ma­tiques, sa­ni­taires… Outre cette carte, une pré­sen­ta­tion ré­di­gée pour chaque pays ren­seigne pré­ci­sé­ment sur les des­ti­na­tions où voyagent chaque an­née 20 mil­lions de Fran­çais.

Des cartes sur­veillées de près à l’étran­ger

Cet ou­til est réa­li­sé grâce à l’im­por­tant ré­seau di­plo­ma­tique tri­co­lore (le deuxième au monde, der­rière les Etats-Unis). C’est le Centre de crise (CDC) du Quai d’Or­say qui cen­tra­lise, en temps réel, les re­com­man­da­tions des agents fran­çais en poste à l’étran­ger. La France n’est pas le seul pays à dis­po­ser d’une telle plate-forme, chaque Etat dis­po­sant de sa propre pré­sen­ta­tion et ana­lyse des risques. Aux Etats-Unis, il s’agit d’un texte. Au Ca­na­da, les au­to­ri­tés ont re­cours à une carte de cinq cou­leurs. La France y fi­gure ain­si en… orange, au même titre que le Ma­roc ou le Sier­ra Leone, me­nace ter­ro­riste oblige.

Si les pré­co­ni­sa­tions des « conseils aux voya­geurs » sont des­ti­nées aux Fran­çais, elles sont sur­veillées de près à l’étran­ger, où les au­to­ri­tés voient sou­vent d’un mau­vais oeil la moindre trace de jaune, orange ou rouge dans la carte de leur pays, sou­vent sy­no­nyme de ra­len­tis­se­ment de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique. « On en a conscience mais cette carte n’est pas un ins­tru­ment de la di­plo­ma­tie », as­sure Patrice Pao­li, le pa­tron du CDC. Il re­con­naît tou­te­fois être sou­mis à des pres­sions de la part de mi­nistres étran­gers : « On ré­siste parce que nous sommes un ser­vice pu­blic. Notre mis­sion n’est pas de fa­vo­ri­ser le com­merce. On est à la re­cherche du meilleur équi­libre. Mais nous ne sommes pas in­faillibles. »

Un autre ins­tru­ment per­met d’être in­for­mé en temps réel. Une fois ins­crits sur Ariane**, une plate-forme In­ter­net, les voya­geurs re­çoivent des mes­sages d’alerte en cas de problème. « Les Fran­çais sont de plus en plus nom­breux à s’y ins­crire, se ré­jouit Jean-Marc Ay­rault, pa­tron de la di­plo­ma­tie fran­çaise. Un peu plus de 400 000 ont dé­jà un compte, soit 13 fois plus qu’en 2013 au mo­ment de son lan­ce­ment. Plus de 17 000 nou­veaux sont créés chaque mois depuis le dé­but de l’an­née. Ces chiffres sont bons, mais ils doivent en­core être ren­for­cés. » Car un tou­riste aver­ti en vaut deux. *www.di­plo­ma­tie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voya­geurs/ **www.pas­tel.di­plo­ma­tie.gouv.fr/ fil­da­riane

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