Un bra­queur ar­rê­té par trois ré­ser­vistes

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - THIBAULT RAISSE (AVEC VINCENT GAUTRONNEAU)

VOI­LÀ UNE HIS­TOIRE qui illustre le quo­ti­dien des ré­ser­vistes, ces ci­vils qui viennent ren­for­cer ponc­tuel­le­ment les bri­gades pro­fes­sion­nelles, à l’heure où l’Etat mo­bi­lise la ré­serve opé­ra­tion­nelle. Mer­cre­di der­nier, un vo­leur à main ar­mée et ses deux com­plices qui ve­naient de bra­quer un bar-ta­bac ont été in­ter­pel­lés dans la pe­tite com­mune du Meux (Oise) par une pa­trouille de gen­dar­me­rie com­po­sée de trois ci­vils : un as­sis­tant sco­laire, un vi­gile de la SNCF et un agent mu­ni­ci­pal, tous ré­ser­vistes de la gen­dar­me­rie na­tio­nale.

L’alerte est don­née vers 19 heures, lors­qu’un homme fait ir­rup­tion dans un dé­bit de ta­bac de Ri­ve­court. Le mal­fai­teur me­nace la gé­rante d’un Smith & Wes­son 22 long rifle et se fait re­mettre une ving­taine de car­touches de ci­ga­rettes et 500 € en es­pèces. Une fois sor­ti, il re­joint une voi­ture où l’at­tendent deux com­plices, et le trio s’en­fuit. Un té­moin note l’im­ma­tri­cu­la­tion et le mo­dèle du vé­hi­cule qu’il trans­met à la bri­gade de gen­dar­me­rie lo­cale. Le mes­sage est alors dif­fu­sé aux pa­trouilles. Une ving­taine de mi­nutes plus tard, l’une d’elles re­père la voi­ture. L’équi­page est consti­tué de trois ré­ser­vistes, âgés de 30 à 40 ans. Ils pro­cèdent à l’ar­res­ta­tion des mal­fai­teurs en leur blo­quant la route, toutes si­rènes hur­lantes.

In­ter­pel­la­tion sans vio­lence

« Ils ont fait preuve de sang-froid mal­gré la pré­sence d’un sus­pect ar­mé. L’in­ter­pel­la­tion s’est dé­rou­lée sans vio­lence et sans faire de bles­sés », se fé­li­cite une source proche de l’af­faire. Le bra­queur pré­su­mé, Cy­ril M., 41 ans, et ses deux com­pères ont com­pa­ru devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Com­piègne. Ja­mais condam­né, le prin­ci­pal sus­pect s’est pré­sen­té comme un sans domicile fixe qui a jus­ti­fié l’at­taque par le be­soin « d’al­ler cher­cher son bif­teck ». Les com­plices, eux, ont as­su­ré avoir pris l’in­di­vi­du en stop quelques mi­nutes plus tôt, et avoir tout igno­ré de ses pro­jets. Tous deux ont été re­laxés, tan­dis que Cy­ril M. éco­pait d’une peine de deux ans ferme. La bu­ra­liste, cho­quée, s’est vu pres­crire un jour d’in­ter­rup­tion to­tale de tra­vail.

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