Les cent Tours de la flamme rouge

Aujourd'hui en France - - SPORTS - M.D.M

SEn s’écrou­lant sur le pauvre Adam Yates lors de la 7e étape entre L’Isle-Jour­dain et le lac de Payolle (162,5 km), la flamme rouge — qui se­ra ins­tal­lée dans la rue de Ri­vo­li tout à l’heure — a fê­té de ma­nière spec­ta­cu­laire, avec l’aide d’un spec­ta­teur qui a cou­pé son gon­fleur élec­trique, sa cen­tième col­la­bo­ra­tion avec le Tour. Ins­tau­rée en 1906 pour si­gna­ler le der­nier ki­lo­mètre, la flamme rouge avait aus­si la par­ti­cu­la­ri­té de pro­té­ger les cou­reurs : « A mon époque, si on chu­tait ou cre­vait après la flamme, on ne per­dait pas de temps », ra­conte Bernard Thé­ve­net (la règle s’ap­plique au­jourd’hui aux trois der­niers ki­lo­mètres). « C’est aus­si un bon re­père en mon­tagne. Ce­la si­gni­fie qu’il ne reste qu’en­vi­ron deux mi­nutes d’ef­forts, c’est agréable de la voir », ajoute le double vain­queur du Tour (1975 et 1977). « C’est sûr ! Quand tu la vois, tu sais que tu peux d’écla­ter au maxi­mum », ap­puie Bernard Hi­nault. Au fil du temps, le pe­tit fa­nion rouge a été rem­pla­cé par une grande arche gon­flable. David Mon­cou­tié l’a pas­sé seul en tête lors de ses vic­toires d’étapes en 2004 et 2005. « Quand on a as­sez d’avance, et ce fut mon cas lors de ma vic­toire à Fi­geac (2004), le der­nier ki­lo­mètre de­vient un mo­ment de com­mu­nion avec le pu­blic, dé­taille l’ex-cou­reur. Mais la flamme rouge peut aus­si être cruelle quand on est en pour­suite et qu’on prend conscience qu’on n’ar­ri­ve­ra pas à re­ve­nir sur l’échap­pée. »

Les an­ciens cou­reurs Bernard Thé­ve­net, David Mon­cou­tié et Bernard Hi­nault (de g. à dr.) posent devant la flamme rouge.

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