Mé­fiance en fo­rêt, dans les parcs et les champs

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - CH­RIS­TINE MATEUS

CE­LA SE PRO­DUIT gé­né­ra­le­ment du prin­temps à l’au­tomne, lors de pro­me­nades en fo­rêt ou dans les champs. Au mi­lieu des her­ba­cées ou des feuillages, un pé­ril som­meille, aus­si grave que né­gli­gé. C’est la ma­la­die de Lyme, trans­mise par la mor­sure d’une tique in­fec­tée. Si elle n’est pas soi­gnée, elle peut de­ve­nir ch­ro­nique et se dif­fu­ser à tout l’or­ga­nisme. Elle en­traîne alors des com­pli­ca­tions qui peuvent tou­cher plu­sieurs or­ganes (ar­ti­cu­la­tions, cer­veau, coeur…). Il est pour­tant fa­cile de les pré­ve­nir car la ma­la­die de Lyme se traite sans dif­fi­cul­té lors­qu’elle est dé­tec­tée tôt.

Agis­sez vite en cas de mor­sure. Avec les cha­leurs de l’été, dif­fi­cile de pique-ni­quer en manches lon- gues, pan­ta­lon main­te­nu aux che­villes et chaus­sures fer­mées pour évi­ter la mor­sure. A dé­faut, les ex­perts in­sistent sur l’ins­pec­tion soi­gneuse du corps (sans ou­blier la tête et der­rière les oreilles) au re­tour d’une ba­lade cham­pêtre car ni le bain ni la douche n’éli­minent une tique fixée. Son re­trait doit être réa­li­sé à l’aide d’une pince ou d’un sys­tème de ti­re­tique (ven­du en phar­ma­cie), per­pen­di­cu­lai­re­ment à la peau, en tour­nant dou­ce­ment dans le sens in­verse des ai­guilles d’une montre et en évi­tant d’ar­ra­cher la tête. Sur­tout, n’écra­sez pas la tique et ne ten­tez pas de l’en­dor­mir avec de l’éther. Ce­la ne fonc­tionne pas et peut même en­traî­ner une ré­gur­gi­ta- tion des bac­té­ries et, donc, une aug­men­ta­tion du risque de trans­mis­sion de la ma­la­die. En­fin, la zone mor­due ne doit être dés­in­fec­tée qu’après avoir ex­trait la tique.

Des tests ju­gés in­ef­fi­caces. En cas de sus­pi­cion, se­lon les re­com­man­da­tions sa­ni­taires, un test san­guin dit Eli­sa peut-être réa­li­sé. S’il est né­ga­tif, on n’ira pas plus loin. Or, les as­so­cia­tions ne cessent d’aler­ter sur le manque de fia­bi­li­té de l’ou­til. Il existe un test de dé­pis­tage un peu plus per­for­mant mais il n’est pres­crit qu’en se­conde in­ten­tion en France, uni­que­ment si le pre­mier test est po­si­tif (contrai­re­ment à l’Al­le­magne, par exemple). Dans une ma­jo­ri­té des cas, la ma­la­die peut être trai­tée par des an­ti­bio­tiques. « A l’heure où l’on nous ré­pète à lon­gueur de temps que la France doit faire des éco­no­mies, il est im­por­tant de sou­li­gner ce que coûte un ma­lade en re­cherche de diag­nos­tic parce que son test Eli­sa est né­ga­tif ou parce que son mé­de­cin, par igno­rance, ne pense pas à la bor­ré­liose (NDLR : l’autre nom de la ma­la­die de Lyme). Hos­pi­ta­li­sa­tions à ré­pé­ti­tion, ponc­tions lom­baires, ra­dios, IRM, scin­ti­gra­phies os­seuses, nom­breuses consul­ta­tions chez des spé­cia­listes, ar­rêts de tra­vail… » dé­nonce l’as­so­cia­tion France Lyme.

De plus en plus de vic­times. Le nombre de cas of­fi­ciel­le­ment re­cen­sés a qua­si­ment tri­plé en douze ans, pas­sant de 10 000 à 27 000 nou- veaux cas an­nuels de 2003 à 2015. Certes, les mé­de­cins sont da­van­tage sen­si­bi­li­sés. Mais d’autres rai­sons sont mises en avant par les ex­perts. Le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique est l’une d’elles car les tiques re­cherchent plus ac­ti­ve­ment des proies quand il fait chaud et sec. La dis­pa­ri­tion de cer­tains pré­da­teurs (oi­seaux, guêpes…) fa­vo­rise par ailleurs le dé­ve­lop­pe­ment des tiques. La bac­té­rie de la ma­la­die de Lyme est por­tée par de nom­breuses es­pèces sau­vages, comme les san­gliers, les cer­vi­dés ou les pe­tits ron­geurs. Or, l’aug­men­ta­tion des ac­ti­vi­tés de loi­sirs en pleine na­ture ac­croît les risques de se faire mordre.

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