« Les mé­de­cins di­saient à mon fils que c’était dans sa tête »

Flo­rence,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - E.C. ET F.M.

Au re­tour d’un pique-nique en fo­rêt le 14 juillet 2014 près de son vil­lage du Pas-de-Ca­lais, Flo­rence re­marque deux tiques sur le corps de son fils Paul-Loup, 14 ans au­jourd’hui, et une autre sur ce­lui de Ger­main, 11 ans. Elle les re­tire puis n’y pense plus. L’hi­ver sui­vant, l’ado­les­cent souffre d’une sé­vère dé­pres­sion. Vic­time de phé­no­mènes hal­lu­ci­na­toires, il fait plu­sieurs ten­ta­tives de sui­cide. Mais les mé­de­cins ne s’ex­pliquent pas l’ori­gine de son mal-être. « L’hi­ver der­nier, c’est son pe­tit frère Ger­main qui est tom­bé ma­lade, ex­plique Flo­rence. Lui qui était tou­jours en bonne san­té a eu des gan­glions, des syn­dromes grip­paux, une mo­no­nu­cléose et une pneu­mo­pa­thie à my­co­plasme, ty­pique d’une coin­fec­tion pro­vo­quée par la bor­ré­liose. » C’est en sur­fant sur In­ter­net que la ma­man soup­çonne une in­fec­tion pro­vo­quée par les tiques. « L’hô­pi­tal met­tait ça sur le compte de la dé­prime et d’une fi­bro­my­al­gie. Mais ça ne col­lait pas du tout car Ger­main est un en­fant très vi­vant et tous les symp­tômes fai­saient pen­ser à la ma­la­die de Lyme. » Flo­rence dé­cide alors d’avoir re­cours à un test de dé­pis­tage al­le­mand, ré­pu­té plus fiable que le fran­çais. Le bi­lan san­guin confirme la bor­ré­liose.

Des soins aux Etats-Unis ?

« Pen­dant ce temps, Paul-Loup, qui était a prio­ri dé­pres­sif, a souf­fert de ver­tiges et de fortes mi­graines et avait des voiles noirs de­vant les yeux qui le ren­daient aveugles mo­men­ta­né­ment. » Or la ma­la­die de Lyme peut at­ta­quer le nerf op­tique. Comme son pe­tit frère, le test san­guin se ré­vèle po­si­tif. « Et dire que les mé­de­cins di­saient à Ger­main que c’était dans sa tête et que tout le monde pen­sait à l’hô­pi­tal qu’il si­mu­lait ! » De­puis que le diag­nos­tic est tom­bé, Flo­rence a en­ta­mé un nou­veau com­bat. « Trou­ver un mé­de­cin qui puisse nous sor­tir de là. Ce que je vou­drais, c’est que la Sé­cu cesse de har­ce­ler les pra­ti­ciens qui tentent de nous ai­der et s’ef­forcent d’ho­no­rer au mieux leur ser­ment. » Faute de pou­voir soi­gner ses en­fants en France, la mère de fa­mille n’ex­clut pas d’al­ler aux Etats-Unis, où les mé­de­cins sont « plus libres d’adap­ter les trai­te­ments ». Mais elle sait que cette ba­taille se­ra longue et sans doute se­mée de faux es­poirs. « C’est une bac­té­rie très dif­fi­cile à tuer et tel­le­ment in­tel­li­gente que lors­qu’on donne des an­ti­bio­tiques aux pa­tients, elle est ca­pable de se mettre en som­meil et de res­sur­gir plus tard. » Pour l’ins­tant, Ger­main bé­né­fi­cie ré­gu­liè­re­ment de trai­te­ments an­ti­bio­tiques et son frère d’une prise en charge par in­tra­vei­neuse. Vingt-huit jours d’une cure qu’il a ter­mi­née la veille de pas­ser son bre­vet des col­lèges. « Il a été très cou­ra­geux, sa­lue la ma­man. Et il a ob­te­nu son di­plôme avec men­tion. »

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