A Hilla­ry Clin­ton de faire le show

ÉTATS-UNIS. Après Do­nald Trump la se­maine der­nière, sa ri­vale dé­mo­crate va dé­cro­cher cette se­maine son in­ves­ti­ture à Phi­la­del­phie. Son dé­fi : in­suf­fler de la pas­sion.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - New York (Etats-Unis) De notre en­voyée spé­ciale JANNICK ALIMI

LA CONVEN­TION na­tio­nale dé­mo­crate qui s’ouvre au­jourd’hui à Phi­la­del­phie (Penn­syl­va­nie) n’au­ra rien à en­vier à celle des ré­pu­bli­cains la se­maine der­nière à Cle­ve­land (Ohio). Même gi­gan­tisme (5 000 dé­lé­gués, 13 000 vo­lon­taires, un bud­get es­ti­mé à 25 M$, soit près de 23 M€ !), dé­ploie­ment mas­sif des forces de sé­cu­ri­té et pro­ba­ble­ment forte mo­bi­li­sa­tion contes­ta­taire dans les rues de la ville… Comme Do­nald Trump à Cle­ve­land, Hilla­ry Clin­ton se­ra sa­crée of­fi­ciel­le­ment à Phi­la­del­phie can­di­date dé­mo­crate à la course à la Mai­son-Blanche.

Et pour­tant ! Si les fla­cons se res­semblent, les par­fums di­vergent. « Notre conven­tion por­te­ra une vi­sion to­ta­le­ment dif­fé­rente de celle de Cle­ve­land », a pré­ve­nu Hilla­ry Clin­ton à Mia­mi lors d’un de ses der­niers mee­tings avant sa no­mi­na­tion. « Les Amé­ri­cains de­vront choi­sir entre un pré­sident au par­ler vul­gaire et un pré­sident construc­teur de ponts ! » a sur­en­ché­ri Tim Kaine, son tout nou­veau co­lis­tier pour le ti­cket de vi­ce­pré­sident. Signe de cette autre Amé­rique, Kaine s’est adres­sé au pu­blic pré­sent à Mia­mi, ma­jo­ri­tai­re­ment la­ti­no et cu­bain, en es­pa­gnol, se­conde langue par­lée dans le pays… Mo­dé­ré, chré­tien, dé­fen­seur de la fa- mille, Kaine est « l’ap­pât » de Clin­ton en di­rec­tion de l’élec­to­rat blanc et mas­cu­lin qui pré­fère Trump.

Car Hilla­ry reste avant tout la can­di­date de toutes les mi­no­ri­tés, des femmes, des Afro-Amé­ri­cains, des LGBT, des juifs, des mu­sul­mans, des la­ti­nos… Ce po­si­tion­ne­ment élec­to- ral de­vrait lui être fa­vo­rable. Contrai­re­ment à Trump, tout son par­ti est der­rière elle, pour la dé­fense d’une Amé­rique « arc-en-ciel » et mon­dia­li­sée. La ma­chine dé­mo­crate s’est mo­bi­li­sée pour fi­nan­cer une cam­pagne d’en­vi­ron 1 Md$ et, même si Trump et elle sont au coude-à-coude dans les son­dages, faire d’elle la pre­mière femme à la Mai­son-Blanche. Ber­nie San­ders, son concur­rent à gauche le plus co­riace, a fi­ni par se ral­lier, ap­por­tant ain­si à Hilla­ry Clin­ton une cau­tion so­ciale qui man­quait tant à celle qui reste, mal­gré son im­pli­ca­tion dans l’Oba­ma­care (la sé­cu­ri­té so­ciale pour les classes moyennes), l’in­car­na­tion de l’« es­ta­blish­ment » aus­si bien po­li­tique (ex-First La­dy) que fi­nan­cier (elle a dé­jà drai­né dix fois plus de fonds que Trump).

Le vote du moindre mal

Car, pour beau­coup d’Amé­ri­cains, vo­ter Hilla­ry n’est guère que le moins mau­vais des choix. Ce sont sur­tout les er­reurs dues à une longue ex­pé­rience aux af­faires qui collent à la peau de Clin­ton : son sou­tien à la guerre d’Irak, son in­ter­ven­tion — ju­gée inu­tile et meur­trière — en Li­bye et l’uti­li­sa­tion de sa mes­sa­ge­rie pri­vée et non sé­cu­ri­sée pour en­voyer des mails confi­den­tiels lors­qu’elle était se­cré­taire d’Etat de Ba­rack Oba­ma. A part la pro­messe d’une hausse du sa­laire mi­ni­mum et des aides aux étu­diants mo­destes, son pro­gramme très « centre droit » ne semble pas de na­ture à ré­gler les maux de cette Amé­rique ten­tée par Trump ou San­ders. Contrai­re­ment au mil­liar­daire ré­pu­bli­cain, Hilla­ry Clin­ton ne fait ni trem­bler ni rê­ver.

Mia­mi (Flo­ride), sa­me­di. « Notre conven­tion por­te­ra une vi­sion to­ta­le­ment dif­fé­rente de celle de Cle­ve­land », a pré­ve­nu Hilla­ry Clin­ton, ici avec son co­lis­tier Tim Kaine, sou­cieuse de se dé­mar­quer de Do­nald Trump, lors d’un de ses der­niers mee­tings.

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