La Fren­chy de Hilla­ry Clin­ton

ÉTATS-UNIS. La con­ven­tion dé­mo­crate qui doit sa­crer l’ex-first la­dy, a dé­bu­té hier. Dans l’as­sis­tance, Lae­ti­tia Gar­riott de Cayeux, Fran­co-Amé­ri­caine qui se dé­mène pour sa cham­pionne.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - New York (Etat-Unis) De notre en­voyée spé­ciale JANNICK ALIMI

ELLE A CRU en Hilla­ry Clin­ton bien avant qu’elle ne se dé­clare can­di­date à la pri­maire dé­mo­crate. C’était en 2014. Lae­ti­tia Gar­riott de Cayeux, une Fran­co-Amé­ri­caine de 36 ans à l’époque, deux en­fants, ma­riée à l’as­tro­naute et ma­gnat du jeu vi­déo Ri­chard Gar­riott, dé­cide alors de lan­cer En­tre­pre­neurs for Hilla­ry. De­puis, la jeune femme — sans être salariée de son équipe — se dé­voue en­tiè­re­ment à la cause de la can­di­date.

Di­plô­mée de l’Es­sec et de la pres­ti­gieuse Har­vard Business School, elle a de nom­breuses cas­quettes, de la fi­nance aux hautes tech­no­lo­gies. Com­pé­tences qu’elle met au ser­vice de celle qui l’a sé­duite au­tant par sa per­son­na­li­té que par son pro­jet po­li­tique, « un équi­libre entre jus­tice so­ciale et réa­lisme pro-business ».

Ali­men­ter les ré­flexions de la can­di­date

« Après la con­ven­tion de Phi­la­del­phie, la cam­pagne va s’ac­cé­lé­rer », nous confie-t-elle dans un res­tau­rant à New York, quelques heures avant de s’en­vo­ler pour la Penn­syl­va­nie. Sa mis­sion est triple. Tout d’abord, pro­duire, comme des cen­taines d’autres dans le pays, des notes des­ti­nées à ali­men­ter les ré­flexions de Clin­ton… Un ré­seau in­tel­lec­tuel qui font en­core for­te­ment dé­faut à son concur­rent ré­pu­bli­cain. « Moi, je planche sur­tout sur la po­li­tique scien­ti­fique et spa­tiale, la po­li­tique étran­gère et l’Eu­rope. »

Convaincre les en­tre­pre­neurs

Deuxième champ d’ac­tion : mo­bi­li­ser les chefs d’en­tre­prise dans tout le pays et no­tam­ment les PME. « On nous de­mande sou­vent pour­quoi des pa­trons fa­vo­ri­se­raient le Par­ti dé­mo- Des ano­nymes, mais aus­si quelques cé­lé­bri­tés, se mo­bi­lisent pour col­lec­ter les dons en fa­veur de Hilla­ry Clin­ton, qui peut se tar­guer d’avoir — beau­coup plus que Trump — le sou­tien ac­tif et fi­nan­cier des people. crate consi­dé­ré plus à gauche que les ré­pu­bli­cains. Tout sim­ple­ment parce que le pro­jet so­cial d’une can­di­date comme Hilla­ry, qui pré­voit no­tam­ment le sa­laire mi­ni­mum à 15 $ l’heure, est de na­ture à fa­vo­ri­ser la co­hé­sion dans l’en­tre­prise », ex­plique Lae­ti­tia.

Le­ver des fonds

En­fin, sa troi­sième tâche consiste à drai­ner des fonds, des plus pe­tits (45 $) aux plus gros, pla­fon­nés par la loi à 2 700 $ par per­sonne. « J’or­ga­nise des cock­tails, mais pas de dî­ners, c’est trop cher ! »

C’est lors d’une de ces ren­contres en no­vembre der­nier à Aus­tin au Texas, qu’elle fait la connais­sance de l’an­cienne pre­mière dame. « C’est nor­mal que Hilla­ry se dé­place. Il ne faut pas sous-es­ti­mer ce type de dons. Ils re­pré­sentent la plus grosse part du fi­nan­ce­ment d’une cam­pa- La puis­sante pa­tronne de « Vogue », grande prê­tresse de la mode, a or­ga­ni­sé une col­lecte de fonds en oc­tobre lors de la Fa­shion Week de Pa­ris. Elle et la can­di­date dé­mo­crate se connaissent. Lors du scan­dale Le­wins­ky, en 1998, Win­tour avait fait la une de son ma­ga­zine de mode avec ce titre pour la pre­mière dame trom­pée mais digne : « L’ex­tra­or­di­naire Hilla­ry Clin­ton ». gne. » Les gros do­na­teurs — les en­tre­prises, les lob­bys, les syn­di­cats — se re­groupent au sein des Su­per PAC (Po­li­ti­cal Ac­tion Co­mi­tees), des co­mi­tés de sou­tien en théo­rie in­dé­pen­dants des par­tis et qui, eux, ont le droit et les ca­pa­ci­tés de le­ver des mil­lions de dol­lars.

« Main­te­nant que Hilla­ry est sûre d’ ê t r e l a c a ndi dat e dé­mo­crate (NDLR : son sacre au­ra lieu jeu­di), les dons vont se mul­ti­plier, ex­plique Lae­ti­tia. Nous al­lons no­tam­ment ci­bler les swing States, ces Etats tels que la Flo­ride ou l’Ohio, où les in­dé­cis res­tent nom­breux. » Quant aux mo­ti­va­tions des pro-Clin­ton, elles sont de trois ordres : « L’ur­gence de stop­per Trump, le pro­gres­sisme du pro­gramme de Clin­ton et en­fin l’ex­pé­rience de l’ex-first la­dy. Sou­hai­tez­nous bonne chance ! » lâche en sou­riant la fren­chy de Hilla­ry.

Le sou­tien son­nant et tré­bu­chant des people

Char­lotte (Etats-Unis), hier. Hilla­ry Clin­ton pour­suit ses mee­tings avant de se rendre à la con­ven­tion de Penn­syl­va­nie où elle se­ra sa­crée can­di­date dé­mo­crate.

New York (Etats-Unis), di­manche. Lae­ti­tia Gar­riott de Cayeux, 38 ans, a de nom­breuses cas­quettes, de la fi­nance aux hautes tech­no­lo­gies.

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