JMJ : des Ni­çois sou­dés et sans peur

RE­LI­GION. Les Jour­nées mon­diales de la jeu­nesse dé­butent ce soir à Cra­co­vie. Cent vingt Ni­çois, dont cer­tains ont échap­pé à l’at­ten­tat de la pro­me­nade des An­glais, ont bra­vé leur peur pour être pré­sents en Po­logne.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Elo­die, jeune Ni­çoise VINCENT MONGAILLARD

ILS N’EN­TENDENT sur­tout pas « cé­der à la peur ». Des 120 jeunes du dio­cèse de Nice qui s’étaient ins­crits il y a des mois dé­jà aux Jour­nées mon­diales de la jeu­nesse (JMJ) à Cra­co­vie, au­cun ne s’est dé­sis­té après les at­ten­tats qui ont frap­pé la ci­té azu­réenne le 14 juillet.

Ces fi­dèles pren­dront donc part ce soir à la messe d’ou­ver­ture du « Wood­stock ca­tho­lique » qui ac­cueille­ra dès de­main et jus­qu’à di­manche le pape Fran­çois. A l’image de tout ras­sem­ble­ment de grandes foules, ce ren­dez-vous bien­nal de la jeu­nesse du monde en­tier in­ven­té par Jean-Paul II est po­ten­tiel­le­ment à risque.

« Bien sûr, il y a une cer­taine ap­pré­hen­sion car on ne sait ja­mais ce qui peut se pas­ser. Mais on a tous choi­si de par­tir car on fait confiance aux au­to­ri­tés po­lo­naises qui pré­parent les JMJ de­puis deux ans. Il faut aus­si faire confiance à Jé­sus », mar­tèle Bap­tiste, 23 ans, l’un des porte-pa­role du groupe des Alpes-Ma­ri­times. Dans l’an­cienne ca­pi­tale royale de la Po­logne, ils sont 35 000 Fran­çais comme lui à être ve­nus ac­cla­mer le Saint-Père.

« On a en­re­gis­tré très peu d’an­nu­la­tions de­puis l’at­taque à Nice », as­sure soeur Na­tha­lie Bec­quart, membre de l’équipe de co­or­di­na­tion na­tio­nale des JMJ qui est « en lien avec le Quai d’Or­say et l’am­bas­sade de France en Po­logne ». En re­vanche, elle re­con­naît que les at­ten­tats des der­niers mois ont pu dis­sua­der cer­tains pè­le­rins de mettre le cap à l’est. Pour au­tant, elle de­meure se­reine. « Il n’y a pas d’in­quié­tude ma­jeure. Les ques­tions de sé­cu­ri­té sont prises très au sé­rieux. On ne vit pas des JMJ dés­in- car­nées sur la Lune, on vit avec ce contexte i nter­na­tio­nal com­pli­qué », sou­ligne-t-elle.

Pour sur­mon­ter la dou­leur, la ni­çoise Elo­die s’en re­met à Dieu. « La foi aide à apai­ser, à po­ser les choses, à sou­te­nir les autres. Je sais que le Sei­gneur est avec nous, j’en suis même convain­cue », mar­tèle cette étu­diante de 21 ans. Comme une di­zaine d’autres par­ti­ci­pants aux JMJ, elle se trou­vait le soir du car­nage sur la pro­me­nade des An­glais aux cô­tés d’amis de son au­mô­ne­rie. Tous en sont sor­tis in­demnes phy­si­que­ment. Mais « très cho­qués ». Juste avant leur dé­part pour la Po­logne, où ils viennent de pas­ser une se­maine au­près des pa­rois­siens de Ka­to­wice (à 80 km de Cra­co­vie), l’évêque les a mis­sion­nés. « Il nous a dit : Gar­dez la foi, conti­nuez à avan­cer. » re­late Bap­tiste. Lors du voyage à bord de deux bus, « bien en­tou­rés par les prêtres », ils ont res­pec­té une mi­nute de si­lence et « ré­ci­té le cha­pe­let ». Des veillées ont été or­ga­ni­sées. « On prie pour les vic­times mais aus­si pour celles et ceux qui ont vé­cu le trau­ma­tisme », pré­cise Elo­die.

Mal­gré la peine, les « JMJistes » de la baie des Anges, qui ont ob­ser­vé « beau­coup de com­pas­sion de la part des Po­lo­nais » veulent res­ter op­ti­mistes. « Ce que cherchent les ter­ro­ristes, c’est à nous apeu­rer. Mais nous, on n’a pas peur, on ne va pas bais­ser la tête face à la bar­ba­rie, on va af­fi­cher notre joie et notre es­pé­rance », pro­met Bap­tiste tout en croyant à « la lu­mière qui va se dé­ga­ger ».

« La foi aide à apai­ser, à po­ser les choses, à sou­te­nir les autres »

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