L’Al­le­magne confron­tée à sa pre­mière at­taque ka­mi­kaze

TER­RO­RISME. Daech a re­ven­di­qué hier l’at­ten­tat à la bombe per­pé­tré en Ba­vière par un de­man­deur d’asile sy­rien et qui a fait 15 bles­sés di­manche.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Ber­lin (Al­le­magne) De notre cor­res­pon­dant GILLES BOUVAIST

APRÈS AVOIR CONNU di­manche soir à Ans­bach, pe­tite ville ru­rale de Ba­vière, son pre­mier at­ten­tat sui­cide, l’Al­le­magne risque de voir se fis­su­rer un consen­sus so­cial fra­gile. Dif­fi­cile de dire dans quelle me­sure sa po­li­tique mi­gra­toire et l’ac­cueil de plus d’un mil­lion de ré­fu­giés peuvent te­nir dans le contexte sé­cu­ri­taire ac­tuel, mais la pre­mière at­taque sui­cide re­ven­di­quée par Daech outre-Rhin de­vrait avoir de lourdes consé­quences.

L’at­ten­tat a bles­sé 15 per­sonnes, dont trois griè­ve­ment. Se­lon le mi­nistre de l’In­té­rieur du land de Ba­vière, Joachim Her­mann, l’au­teur de l’at­taque avait l’intent i o n « d ’ e mp ê - cher » l a t enue d’un fes­ti­val en plein air au­quel par­ti­ci­paient plus de 2 500 per­sonnes. Il a es­sayé d’en­trer sur les lieux mais a dû faire de­mi-tour dans la soi­rée, faute de ti­cket d’en­trée. Ca­chée dans son sac à dos, sa bombe a dé­to­né peu après 22 heures, de­vant un res­tau­rant du centre-ville, tout près de l’en­trée du fes­ti­val.

Les mo­ti­va­tions is­la­mistes de Mo­ha­mad D., un de­man­deur d’asile sy­rien de 27 ans, ne font plus de doutes : avant de faire ex­plo­ser la bombe ar­ti­sa­nale que conte­nait son sac à dos bour­ré de pièces mé­tal­liques, ce­lui-ci a pris soin d’en­re­gis­trer une vi­déo de re­ven­di­ca­tion dans la­quelle il prê­tait al­lé­geance à Abou Ba­kr al-Bagh­da­di, le ca­life au­to­pro­cla­mé de Daech, a pré­ci­sé le mi­nis­tère de l’In­té­rieur de Ba­vière.

Plu­sieurs traits du profil psy­cho­lo­giques du tueur posent néan­moins ques­tion : ce der­nier était connu des ser­vices de po­lice lo­caux pour des faits de vio­lence et de toxi­co­ma­nie et était sui­vi pour des troubles psy­chia­triques et des épi­sodes dé­pres­sifs (il a ten­té à deux re­prises de se sui­ci­der).

Les ap­pels à ne pas je­ter l’op­probre sur l’en­semble des ré­fu­giés pré­sents outre-Rhin se sont mul­ti­pliés de la part des res­pon­sables po­li­tiques al­le­mands : « Nous ne de­vons pas por­ter de soup­çon gé­né­ra­li­sé contre les ré­fu­giés, même s’il y a des pro­cé­dures qui sont en­ga­gées dans des cas iso­lés » contre eux, a par exemple plai­dé le mi­nistre de l ’ I nté­ri e ur Tho­mas de Mai­zière. La me­nace ter­ro­riste est en­tret e mps d e v e n u e pal­pable et les cir­cons­tances du drame res­semblent à un scé­na­rio ca­tas­trophe pour un pays qui s’était fait fort de de­ve­nir le fer de lance d’une po­li­tique gé­né­reuse à l’égard des ré­fu­giés fuyant un MoyenO­rient à feu et à sang. « Je com­prends que les gens s’in­quiètent. Je peux leur as­su­rer que notre Etat de droit est fort et qu’il le res­te­ra », a ajou­té Tho­mas de Mai­zière.

An­ge­la Mer­kel, elle, conti­nue d’ob­ser­ver un si­lence qui semble de plus en plus dif­fi­ci­le­ment te­nable. Une chose est sûre : l’at­ten­tat d’Ans­bach marque un tour­nant et peut-être un point de non-re­tour.

Le ter­ro­riste a prê­té al­lé­geance à Daech avant de faire ex­plo­ser sa bombe ar­ti­sa­nale

le­pa­ri­sien.fr La Ba­vière sous haute sur­veillance

Ans­bach (Al­le­magne), hier. La po­lice al­le­mande en­quête de­vant le res­tau­rant où la bombe du ka­mi­kaze a ex­plo­sé di­manche, bles­sant 15 per­sonnes, dont trois griè­ve­ment.

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