La chi­cha non gra­ta sur les plages

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Pierre, un va­can­cier CLAUDE MASSONNET

LES FUMEURS de chi­cha (grande pipe à eau d’ori­gine per­sane uti­li­sée pour fu­mer le ta­bac) ont dé­ser­té les grandes plages de sable fin d’Ar­ge­lès-sur-Mer (Py­ré­nées-Orien­tales). Cette sai­son, un ar­rê­té mu­ni­ci­pal en in­ter­dit stric­te­ment l’usage sur le sable, me­sure dé­jà ap­pli­quée de­puis 2010 à La Grande-Motte (Hé­rault). « Notre ar­rê­té vient com­plé­ter une pré­cé­dente dis­po­si­tion qui in­ter­dit de consom­mer de l’al­cool. Il s’agit de don­ner le pou­voir aux maîtres na­geurs-sau­ve­teurs d’in­ter­ve­nir pour ré­gler les dif­fé­rends et les al­ter­ca­tions avec les autres usa­gers de la plage », ex­pli-

« La plage, c’est le grand air pur et sur­tout pas de braises qui s’en­volent »

que An­toine Par­ra, le maire so­cia­liste de la ville tou­ris­tique.

« Des braises peuvent s’échap­per de la chi­cha et ve­nir se fixer sur les voi­sins de plage. C’est ce qui s’est pas­sé l’an pas­sé avec un en­fant lé­gè­re­ment brû­lé. Il ne s’agit pas de pour­chas­ser les fumeurs de chi­cha et de leur pour­rir leurs va­cances, ajoute Jean-Luc Bar­to­li, le res­pon­sable de la sur­veillance des plages, bon­dées en pleine sai­son à par­tir de 11 heures. De­puis le dé­but de la sai­son, nous n’avons dres­sé au­cune contra­ven­tion. Nous avons juste fait des ob­ser­va­tions. »

« La plage, pour nous, c’est le grand air pur, si pos­sible pas trop de bruit et sur­tout pas de braises qui s’en­volent. C’est un es­pace de quié­tude et de sé­ré­ni­té, sans em­brouille », es­time Pierre, va­can­cier de Lyon qui se dit prêt à chan­ger de place en cas d’ins­tal­la­tion d’un groupe à chi­cha dans le voi­si­nage des ser­viettes fa­mi­liales.

Les éven­tuels fumeurs de pipe à eau, eux, sont peu ba­vards. Au bar la Pa­ri­sienne, on ne veut sur­tout pas s’ex­pri­mer sur la ques­tion. Il faut re­joindre la ter­rasse sus­pen­due du Maya Bay Chi­cha, le nou­veau lieu bran­ché des usa­gers, pour ob­te­nir des confidences. « Sin­cè­re­ment, si ce­la peut gê­ner sur la plage, je com­prends. D’au­tant que l’après-mi­di sur la plage en plein so­leil, ce n’est ni le meilleur mo­ment ni le meilleur en­droit pour ça. En même temps, l’his­toire des braises est un faux pro­blème car il existe un pe­tit ca­pu­chon qui se fixe sur la chi­cha pour évi­ter jus­te­ment ça », s’in­ter­roge un cer­tain Flash, consom­ma­teur ré­gu­lier.

A La Grande-Motte (Hé­rault), on piste les fumeurs de chi­cha pour la sep­tième an­née consé­cu­tive. « Un en­fant avait été brû­lé par des braises en­ter­rées dans le sable et une ser­viette avait pris feu », ex­plique Sté­phan Ros­si­gnol (les Ré­pu­bli­cains), le maire. « C’est à peu près une qua­ran­taine de ver­ba­li­sa­tions par an et en­core beau­coup plus de simples in­vi­ta­tions à ran­ger la pipe à eau », ajoute Jean-Michel Weiss, le vice-pré­sident du syn­di­cat FAFPT po­lice mu­ni­ci­pale. La Gran­deMotte et Ar­ge­lès ne sont pas seuls dans ce « com­bat » an­ti-chi­cha : de nom­breuses sta­tions du Sud ont adop­té de tels ar­rê­tés.

De­puis six ans, les chi­chas sont in­ter­dites sur les plages de la Grande-Motte (Hé­rault) à la sui­tede plu­sieurs in­ci­dents. Cette an­née, c’est au tour des plages d’Ar­ge­lès-sur-Mer de suivre l’exemple.

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