Nos pistes pour rendre le Tour plus ou­vert

Aujourd'hui en France - - SPORTS - LIO­NEL CHAMI

DE­VANT LEUR ÉCRAN, beau­coup d’ob­ser­va­teurs disent s’être glo­ba­le­ment en­nuyés à suivre l’édition 2016, lors des étapes de mon­tagne no­tam­ment. A qui la faute ? A Ch­ris Froome, bien sûr, et à son ar­ma­da Sky. « Son équipe, c’est un peu comme le PSG en Ligue 1, avance Ch­ris­tian Prud­homme. Elle est sur­puis­sante et ca­de­nasse la course dans les cols en main­te­nant un rythme très éle­vé… » Si le pa­tron du Tour pointe aus­si « la faillite des ad­ver­saires sup­po­sés de Froome, Con­ta­dor, Pi­not ou Quin­ta­na », il n’en est pas moins conscient des risques que fait pe­ser sur le Tour une do­mi­na­tion aus­si ou­tra­geuse. Quelles me­sures iraient dans le sens d’une course plus ou­verte ?

Un c ou­reur de moins par équipe. L’idée n’est pas neuve mais re­vient sur le ta­pis. « Les plus grosses équipes ne veulent pas en en­tendre par­ler mais peut-être s’y ran­ge­ront-elles dans l’in­té­rêt su­pé­rieur du cy­clisme », pré­cise Prud­homme, prô­nant 8 cou­reurs par équipe contre 9 au­jourd’hui. « Pour peu qu’un équi­pier soit bles­sé et un autre fa­ti­gué, le coa­ching ( NDLR : tel que pra­ti­qué par Sky cette an­née) se­rait ren­du im­pos­sible. » Ce type de dis­po­si­tion est du res­sort de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale (UCI).

Le pla­fon­ne­ment de la masse sa­la­riale. En ma­tière d’ar­gent, les dis­pa­ri­tés sont fla­grantes d’une équipe à l’autre, vrai­sem­bla­ble­ment trop. Avec 35 M€ de bud­get an­nuel, Sky ar­rive en tête avec près de trois fois le bud­get d’AG2R-la Mon­diale de Ro­main Bar­det (12 M€), 2e, et plus du double de ce­lui de la Mo­vis­tar du Co­lom­bien Quin­ta­na (15 M€), 3e. Peut-être le temps est-il ve­nu pour l’UCI de ré­flé­chir à une forme de pla­fon­ne­ment de la masse sa­la­riale, comme c’est en place dans d’autres grands sports pros (foot­ball, rug­by) de­puis des an­nées.

Moins d’aide à la per­for­mance. En ren­sei­gnant cou­reurs et di­rec­teurs spor­tifs, les cap­teurs de puis­sance sont sus­pec­tés d’in­duire une course dé­fen­sive. L’idée de les sup­pri­mer en course fait son che­min. « J’es­père que ce ne se­ra pas in­ter­dit, dit Froome. Ce­la fait par­tie de mon en­traî­ne­ment, de ma fa­çon de cou­rir. Je ne m’en sers pas vrai­ment en course, ça me per­met de ré­agir s’il y a des at­taques. » « Est-ce que ça ren­drait la course plus pas­sion­nante, plus ins­tinc­tive ?, s’in­ter­roge Bar­det. Ça reste à dé­mon­trer. Sur le Tour, avec la fa­tigue qui s’ac­cu­mule, il faut da­van­tage écou­ter ses sen­sa­tions que son cap­teur de puis­sance. On a vu quand on a en­le­vé les oreillettes qu’il ne se pas­sait rien de plus. Mais ce sont peut-être des so­lu­tions à tes­ter… »

Des par­cours en­core plus pié­geux. « Chaque amou­reux du Tour pré­fère as­sis­ter à une sé­lec­tion par l’avant, plu­tôt qu’à une sé­lec­tion par l’ar­rière, pose Prud­homme. Or, cette sé­lec­tion par l’avant, on l’a eu par­tout où on ne l’at­ten­dait pas et pas dans les étapes de mon­tagne. » De quoi in­ci­ter peut-être les or­ga­ni­sa­teurs à dé­ni­cher en­core da­van­tage de ter­rains fa­vo­rables à l’of­fen­sive, quitte à ro­gner sur les Alpes, les Py­ré­nées et les contre-la-montre.

Sup­pri­mer l’oreillette (ci-des­sus Ro­main Bar­det qui l’a en­le­vée lors de sa vic­toire d’étape) ou ré­duire les équipes à huit cou­reurs pour­raient per­mettre plus de re­bon­dis­se­ments et de surprises du­rant le Tour de France.

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