« On a cher­ché à hu­mi­lier la Rus­sie »

Ol­ga,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Mos­cou (Rus­sie) De notre cor­res­pon­dant Va­dim, mos­co­vite EM­MA­NUEL GRYNSZPAN

LA DÉ­CI­SION du CIO di­manche de ne pas ex­clure la dé­lé­ga­tion russe des Jeux olym­piques de Rio a été ac­cueillie avec un im­mense sou­la­ge­ment. Ces der­niers jours, les mé­dias du pays culti­vaient le pes­si­misme. « Je m’at­ten­dais au pire. Mais ils n’ont pas eu l’im­per­ti­nence de nous faire cet af­front », clai­ronne Ol­ga, une dame d’un cer­tain âge si­ro­tant un jus de fruit au bar d’un club de sport mos­co­vite. « Ils », pour Ol­ga, ce sont les Oc­ci­den­taux et les EtatsU­nis, qui cherchent à « hu­mi­lier la Rus­sie par tous les moyens ». Pour elle, il ne s’agit pas de do­page, mais de « concur­rence dé­loyale ». Ol­ga ignore que la dé­ci­sion fi­nale d’ac­cep­ter ou non les spor­tifs de son pays re­vien­dra in fine à chaque fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Une sub­ti­li­té qui n’a pas échap­pé au bar­man du club.

« Ils ont eu peur de se mettre un scan­dale in­ter­na­tio­nal sur le dos. Ils ont peur de la Rus­sie. Ce sont les fé­dé­ra­tions qui vont ex­clure nos cham­pions un par un, pour que ce­la fasse moins de bruit. » Et il ne croit pas si bien dire. Le na­geur star Vla­di­mir Mo­ro­sov (24 ans, mé­daillé de bronze à Londres) a été ex­clu hier avec six de ses col­lègues (seule la na­geuse Iou­lia Esi­mo­va a fait ap­pel de cette sanc­tion de­vant le TAS).

La plu­part des Russes voient ce­pen­dant la dé­ci­sion du CIO comme un signe po­si­tif. « Le bon sens a pré­va­lu », croit sa­voir Ti­mour, un qua- dra­gé­naire ven­tru, cou­vert de sueur après son en­traî­ne­ment. « Le CIO au­rait per­du la face s’il avait dis­qua­li­fié notre pays. Peut-on ima­gi­ner des JO sans la Rus­sie ? L’un des pays les plus puis­sants du monde ? Ce­la au­rait re­ti­ré tout in­té­rêt à la com­pé­ti­tion. Ils au­raient per­du des spon­sors, de l’au­dience, bref, de l’ar­gent. » Son com­père Va­dim voit les choses dif­fé­rem­ment : « C’était un moyen [pour le CIO] d’ex­tor­quer un énorme pot-de-vin à la Rus­sie. Je suis cer­tain que nous avons fait por­ter quelques va­lises bien gar­nies aux dé­ci­deurs. Toute cette his­toire de do­page a ser­vi à faire grim­per les enchères. Je suis dans les af­faires, moi, on ne me la fait pas ! D’ailleurs, Pou- tine est prêt à tout pour pa­ra­der avec des mé­daillés, il n’y a qu’à voir Sot­chi. 50 Mds$ de dé­pen­sés pour quelques mé­dailles d’or ! » (NDLR : 13 titres olym­piques.)

Friands de théo­ries du com­plot, les Russes écha­faudent des tas d’hy­po­thèses plus cy­niques les unes que les autres pour ex­pli­quer le re­vi­re­ment des au­to­ri­tés spor­tives in­ter­na­tio­nales. « Les gens biens in­for­més savent par­fai­te­ment que tout le sport pro­fes­sion­nel marche aux mé­docs », as­sure An­dreï, ins­truc­teur de bo­dy­buil­ding. « Mais c’est à l’Agence mon­diale an­ti­do­page de dé­ci­der ce qui est du do­page et ce qui n’en est pas. Alors, bien sûr, ils choi­sissent de pré­fé­rence les mé­di­ca­ments pris par les spor­tifs russes. »

« Quelques va­lises bien gar­nies aux dé­ci­deurs »

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