Une suc­ces­sion de boy­cotts po­li­tiques

Aujourd'hui en France - - SPORTS - L.M.

Le mou­ve­ment de re­fus des Jeux de Ber­lin en 1936 a pré­fi­gu­ré une sé­rie de boy­cotts d’olym­piades ul­té­rieures. Des re­buf­fades à chaque fois très po­li­tiques, pour la plu­part sur fond de guerre froide. Les Jeux de Mel­bourne, en 1956, furent mar­qués par le niet de sept na­tions. L’Egypte, l’Irak et le Li­ban re­fu­sèrent de par­ti­ci­per, pour pro­tes­ter contre l’in­va­sion du pays de Nas­ser, consé­cu­tive à la crise de Suez. De son cô­té, la Chine n’a pas vou­lu se rendre à des Jeux aux­quels le ri­val taï­wa­nais (la Chine na­tio­na­liste) était convié. En­fin, l’Es­pagne, les Pays-Bas et la Suisse ont sno­bé la com­pé­ti­tion à cause de la pré­sence d’une dé­lé­ga­tion so­vié­tique alors que l’URSS ré­pri­mait vio­lem­ment l’in­sur­rec­tion de Bu­da­pest (Hon­grie). Un contexte qui ex­plique le pu­gi­lat au­quel vi­ra la de­mi-fi­nale de wa­ter-po­lo entre la Hon­grie et l’Union so­vié­tique. En 1964 à To­kyo, le CIO dé­cide de ne pas au­to­ri­ser à concou­rir les ath­lètes qui avaient par­ti­ci­pé l’an­née pré­cé­dente aux « Jeux des nou­velles forces émer­gentes » en In­do­né­sie, une com­pé­ti­tion qui se vou­lait une al­ter­na­tive « tiers-mon­diste » aux JO. En ré­ac­tion à cette dé­ci­sion, l’In­do­né­sie, la Chine et la Corée du Nord ne font pas le voyage au Ja­pon. A Mon­tréal, en 1976, la plu­part des dé­lé­ga­tions afri­caines re­fusent de par­ti­ci­per pour s’in­di­gner de la pré­sence de la Nou­vel­leZé­lande. Peu de temps avant, le pays avait au­to­ri­sé une tour­née de ses rug­by­men dans une Afrique du Sud en plein apar­theid. Taï­wan, à qui on re­fuse l’ap­pel­la­tion « Ré­pu­blique de Chine », reste éga­le­ment sur son île. Les boy­cotts suc­ces­sifs des Jeux de Mos­cou en 1980 et de Los An­geles en 1984 sont res­tés les plus cé­lèbres. Le pre­mier fut im­pul­sé par le pré­sident amé­ri­cain Jim­my Carter pour dé­non­cer l’in­va­sion de l’Af­gha­nis­tan par l’URSS en 1979. En tout, 62 pays ne se ren­dirent pas dans la ca­pi­tale russe. En ré­ponse, l’URSS et 14 autres pays du bloc de l’Est re­fu­sèrent de par­ti­ci­per aux Jeux quatre ans plus tard, tout comme l’Iran de Kho­mey­ni et la Li­bye de Kha­da­fi. A l’ins­tar des Olym­piades de Bar­ce­lone, les deux camps or­ga­ni­sèrent à chaque fois des « contre-Jeux » : le Li­ber­ty Bell Classic à Phi­la­del­phie en 1980 et les Jeux de l’Ami­tié à Mos­cou en 1984. A Séoul en 1988, la Corée du Nord re­fuse de se rendre chez son voi­sin du sud. En sou­tien, Cu­ba, l’Éthio­pie ou en­core le Ni­ca­ra­gua, tous com­mu­nistes, dé­cident eux aus­si de boy­cot­ter ces Jeux.

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