Films ca­tas­trophe : la nou­velle vague

« THE WAVE ». Ce long-mé­trage nor­vé­gien, en salles de­main, est le pre­mier grand film ca­tas­trophe eu­ro­péen. Une réus­site qui al­lie sa­voir-faire à l’amé­ri­caine et réa­lisme.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - RE­NAUD BARONIAN

ses ha­bi­tants pour fuir. Cette sé­quence ul­tra-spec­ta­cu­laire consti­tue le clou de « The Wave », pre­mier film ca­tas­trophe de grande en­ver­gure pro­duit en Eu­rope qui réus­sit une prouesse, mal­gré un bud­get ser­ré de 6 M€ : faire aus­si bien, voire mieux, que les grosses pro­duc­tions amé­ri­caines du genre ( lire ci-des­sous), en en re­pre­nant tous les codes, mais de ma­nière à mieux col­ler aux goûts des spec­ta­teurs du vieux conti­nent.

Le film s’ouvre sur le per­son­nage de Kris­tian, scien­ti­fique char­gé de sur­veiller un pan de mon­tagne sus­cep­tible de s’écrou­ler, ce qui pro­vo­que­rait un gi­gan­tesque tsu- na­mi. « The Wave » est ba­sé sur l’ob­ser­va­tion de la réa­li­té, à l’exemple du fjord de Gei­ran­ger, dans l’ouest de la Nor­vège, me­na­cé par ce type de ca­ta­clysme. L’ins­tinc­tif Kris­tian est per­sua­dé que la ca­tas­trophe est im­mi­nente. Mais ses col­lègues, plus op­ti­mistes, re­fusent de faire éva­cuer la ville : lorsque la fa­laise s’écroule, Kris­tian a dix mi­nutes pour sau­ver sa peau et se­cou­rir sa fa­mille blo­quée dans le fjord. Il n’est pas le seul à cou­rir : plu­sieurs per­son­nages vont de­voir lut­ter pour leur sur­vie.

Le pire est tou­jours à ve­nir

Et quand l’im­mense vague en­tame sa pro­gres­sion, le spec­ta­teur est pla­cé dans leur peau : grâce à des ef­fets spé­ciaux bluf­fants et une mise en scène spec­ta­cu­laire, on se tasse dans son fau­teuil, quand on ne se prend pas la tête dans les mains. D’au­tant qu’une fois que la vague a tout em­por­té, Kris­tian va de­voir, comme dans les meilleures pro­duc­tions du genre, ten­ter de ve­nir en aide à des res­ca­pés coin­cés dans des si­tua­tions ex­trêmes : on tremble à chaque mi­nute dans la der­nière de­mi-heure.

Pour au­tant, « The Wave » est bien un film eu­ro­péen, avec son ap­proche spé­ci­fique, plus hu­maine. D’abord parce qu’à l’in­verse des films ca­tas­trophe amé­ri­cains, il se concentre sur une zone li­mi­tée, une toute pe­tite ville, ce qui a pour mé­rite de rendre les per­son­nages plus at­ta­chants.

Sur­tout, il y a le mes­sage réa­liste du film : le pro­logue montre des images d’ar­chives d’un pré­cé­dent tsu­na­mi ayant dé­vas­té un fjord en 1934, avant d’ex­pli­quer que la Nor­vège re­cense 300 flancs de mon­tagne prêts à s’ef­fon­drer d’un jour à l’autre : ain­si aver­tis, ceux qui voient « The Wave » ont par­fois l’im­pres­sion, au-de­là du pur di­ver­tis­se­ment, de re­gar­der un do­cu­men­taire. Sen­sa­tions fortes ga­ran­ties…

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